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Posté le Dim 13 Sep 2015 - 0:41

maybe you had to leave in order to really miss a place. maybe you had to travel to figure out how beloved your starting point was.

C'est vers midi que Theo arriva enfin à l'aéroport de Washington-Dulles. Il avait passé les trois derniers jours chez un de ses cousins à New-York, pour bien terminer son tour du monde qui avait duré près de quatorze mois. Si l'année qui venait de s'écouler s'était déroulée bien trop vite à ses yeux, maintenant qu'il était de retour, il était pressé d'arriver chez lui et de pouvoir se poser. Il avait visité de nombreuses villes, il s'était beaucoup amusé mais il n'avait pas chômé pour autant. Dans chaque ville où il s'arrêtait, il cherchait une personne à qui proposer ses services en échange d'une chambre, dans le but de dépenser le moins d'argent possible dans des hôtels. Il avait largement de quoi payer l'hôtel, bien sûr, mais il ne comptait pas vider son compte en banque inutilement. De plus, on lui avait dit que c'était comme ça qu'on rencontrait des personnes vraiment intéressantes. Alors il avait suivi ce conseil. Et il avait travaillé dans des fermes, des garages, des restaurants, il avait même aidé à construire des chapelles ou des écoles lors de son passage en Afrique. Tout ça avait été profondément enrichissant mais tout aussi épuisant physiquement. Et il mourrait d'envie de se laisser tomber sur son lit et d'y rester trois jours durant.

Le temps de récupérer ses bagages et de trouver un taxi, il arriva à Dupont Circle aux alentours de quatorze heures. Arrivé devant chez lui, il régla la course et récupéra ses affaires dans le coffre du taxi. Un immense sac à dos sur ses épaules et tirant une lourde valise dans une main, il se hâta péniblement de franchir les quelques mètres qui le séparait de la porte d'entrée. Il attrapa les clefs qu'il avait préparées dans sa poche et ouvrit la porte. Une bonne odeur de biscuits se dégageait de la cuisine. Aucune chance que sa belle-mère soit derrière cela. Il n'était même pas certain qu'elle sache à quoi ressemblait leur cuisine. « Y a quelqu'un? » Pas de réponse. Theo avança jusqu'au salon et déposa son sac et sa valise en plein milieu de la pièce. « Le fils prodigue est rentré! » cria-t-il avant de sourire à sa propre plaisanterie. Il consulta sa montre. Son père était sans aucun doute au boulot à cette heure-là. Quant à sa belle-mère, elle était probablement chez la coiffeuse. Ou la manucure. En fait, il s'en moquait. Tout ce qui l'importait dans l'immédiat, c'était satisfaire son estomac et aller dormir jusqu'au lendemain.
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Posté le Dim 13 Sep 2015 - 1:50
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Assise dans le canapé du salon, Gabriella regarda sa montre, qui affichait alors un peu plus de treize heures. Elle avait déposé le matin même les enfants Bradshaw à l’école et avait ensuite passé sa journée à préparer une activité pour le weekend qui arrivait à grands pas. Une activité qu’elle ferait seule avec les enfants, puisque leurs parents étaient chacun occupés de leur côté, que ce soit par le travail ou par leur apparence. Depuis plus d’un an qu’elle travaillait là, la jeune Anglaise n’avait jamais vu ses employeurs réellement s’investir émotionnellement avec leurs enfants ou participer à des activités avec eux. Bien sûr, ils venaient à toute fête ou compétition scolaire, ne manquaient aucun match et les couvraient de cadeaux, mais au quotidien, Gabriella était leur seul soutien. La plupart du temps, ils étaient de vrais petits monstres. Elle avait d’ailleurs appris qu’elle avait été précédée de toute une enfilade de nannies. Mais elle avait su gérer les enfants Bradshaw et s’ils continuaient de jouer les terribles, elle savait qu’au fond elle avait réussi à gagner leur confiance et leur cœur. Pour être sincère, elle les aimait vraiment beaucoup et ne s’imaginait plus vivre sans eux. Et sans leurs interminables quatre cents coups.

La nanny avait l’énorme penthouse pour elle seule. M. Bradshaw était au travail tandis que son épouse avait un énième rendez-vous chez l’esthéticienne. Le majordome était sorti faire une course, si bien que Gabriella se sentait comme vide. Elle décida alors de faire une surprise aux enfants et de leur cuisiner ses fameux cookies, l’une des seules recettes qu’elle était capable de réaliser. Ce n’était pas faute d’essayer, mais malgré les heures qu’elle avait passées derrière les fourneaux, elle restait une bien piètre cuisinière. Avant de se rendre dans la cuisine, elle monta dans sa chambre d’employée pour prendre son mp3. Rien de tel qu’un peu de musique pour se sentir moins seule. Sur des airs  de saxophone nouvel-orléanais, la belle se lança dans la réalisation des biscuits chocolatés. Pas besoin de recette, tout était dans sa tête, si bien qu’en deux temps trois mouvements, les cookies étaient enfournés. Bientôt, une délicieuse odeur sucrée envahit la cuisine et Gabriella se réjouit de pouvoir en goûter un. Mais en attendant, il était temps de se mettre à la vaisselle et de faire briller le plan de travail. Devant l’évier, la jeune femme nettoyait les bols et autres ustensiles tandis qu’elle chantonnait distraitement.

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Posté le Dim 13 Sep 2015 - 2:17

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Au bout de quelques secondes à attendre dans le salon sans que personne ne se montre, Theo soupira. Il ne s'attendait pas à un accueil chaleureux mais, malgré tout, il ne pouvait s'empêcher d'éprouver une pointe de déception en remarquant qu'il ne s'était pas trompé. Son estomac lui rappela une nouvelle fois qu'il n'avait pas encore mangé de la journée et il se laissa guider par l'odeur délicieuse qui se dégageait de la cuisine. Il ne prit pas la peine d'aller ranger ses affaires dans sa chambre et les laissa trôner au milieu du salon. Il aurait tout le temps nécessaire pour cela plus tard. Certaines choses étaient plus importantes que d'autres et remplir son estomac faisait définitivement partie de la première catégorie. Traversant le salon, les mains dans les poches, il s'arrêta net en arrivant dans la cuisine. Devant l'évier se tenait une jeune femme qu'il n'avait jamais vue. Brune, pas très grande et chantonnant, elle ne ressemblait en rien à la cuisinière et encore moins au majordome. « Bonjour? » Une nouvelle fois, il resta sans réponse. En s'approchant légèrement, il remarqua qu'elle portait des écouteurs, ce qui expliquait sans doute pourquoi elle ne l'avait pas entendu. Un sourire aux lèvres, il franchit la distance qui le séparait encore d'elle. Placé derrière elle, il tira doucement sur un de ses écouteurs. « Bonjour. » Il n'attendit pas qu'elle se retourne pour prendre appui sur le bord de l'évier où elle était entrain de faire la vaisselle, un sourire amusé flottant sur ses lèvres. Il ne put s'empêcher de remarquer qu'elle était vraiment mignonne. « Theo. » La main tendue, il attendit qu'elle la serre. Il ne prit pas la peine de se présenter davantage. Elle avait sans doute entendu parler de lui, au moins une fois. En l'observant, il tenta de lui donner un âge. Elle devait avoir quelques années de moins que lui. « Et toi, tu dois être la nouvelle Claire? » Claire, ou la dernière nanny qu'il avait connue avant de partir pour son tour du monde. Une française qui savait à peine baragouiner quelques mots d'anglais. Elle était arrivée à peine quelques jours avant qu'il ne quitte DC. À l'époque, il ne l'imaginait pas tenir plus de trois semaines. Il avait probablement vu juste. Theo ne la connaissait pas encore mais si la jeune femme était effectivement la nouvelle nanny, il espérait déjà qu'elle reste encore longtemps, rien que pour le plaisir des yeux.


Dernière édition par Theo Bradshaw le Dim 13 Sep 2015 - 12:40, édité 2 fois
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Posté le Dim 13 Sep 2015 - 11:52
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Poussant un soupir satisfait, Gabriella lavait une assiette tout en rêvassant. Si un an auparavant elle ne se serait jamais imaginée nanny, aujourd’hui elle se sentait privilégiée d’avoir un tel train de vie. Certes, ce n’était pas donné à tout le monde de pouvoir canaliser l’énergie de quatre enfants en pleine croissance, mais une fois apprivoisés, ils pouvaient être adorables. Elle devait être la seule nanny qui ait réellement réussi à passer outre leur mauvaise manie de faire des tours. Et la nanny qui avait duré le plus longtemps surtout. Margaret lui avait un jour raconté qu’ils avaient réussi à dégoûter une femme du job en seulement vingt minutes. Ce qui n’avait pas du tout étonné Gabriella. Mais vraiment. Vraiment, elle avait la belle vie. Même si ce n’était pas son penthouse, le logement était superbe et tellement spacieux qu’elle avait l’impression de pouvoir conserver son intimité une fois dans ses quartiers. Ils n’étaient jamais les uns sur les autres.
Alors qu’elle ne s’y attendait pas le moins du monde, quelqu’un tira sur son écouteur, qui retomba sur son épaule. La belle sursauta et étouffa un cri, se pensant toujours seule. Il s’agissait certainement de Neville, le majordome. La main sur le cœur battant, elle tourna la tête, le visage vexé de s’être fait avoir. Sauf que ce n’était pas Neville. C’était un homme qu’elle n’avait jamais vu, qui se trouvait là, accoudé au bord de l’évier de la cuisine de ses employeurs. Un intrus ? Un cambrioleur ? Alors qu’elle s’apprêtait à jouer les Raiponces avec une poêle, l’inconnu tendit sa main en se présentant. Theo. C’était un nom familier. Theo. Certainement pas un inconnu, mais qui ? Theo… Theodore Bradshaw, aîné de la famille, parti faire un voyage autour du monde. Voilà. Elle savait de qui il s’agissait. S’étant calmée de sa surprise plus tôt, elle serra sa main, non sans trop de méfiance. Bien sûr, elle le reconnaissait maintenant, elle se rappelait l’avoir vu sur quelques photos qui traînaient ici et là sur les murs de l’appartement. Avec le temps, elle avait cessé d’y faire attention et avait oublié à quoi ressemblait le demi-frère de ses petits monstres. Lui demandant si elle était la nouvelle Claire, Gabriella comprit qu’il faisait allusion à la nanny qui l’avait précédée. « Oui. Sauf que c’est Gabriella maintenant. » répondit-elle en haussant les épaules. Il devait avoir vu défiler toute une foule de nannies depuis que ses frères et sœurs étaient nés. Savait-il seulement qu’elle était là depuis plus d’un an ? Alors la comparer à cette Claire… Gabriella se redressa et retourna à sa vaisselle, comme pour couper court à la conversation. Mais voyant qu’il ne bougeait pas d’un pouce, elle jeta un coup d’œil dans sa direction. « M. Bradshaw est au travail, mais voulez-vous que je le prévienne de votre retour ? J’ai encore un peu de temps avant que les biscuits ne soient cuits et que les enfants ne rentrent de l’école. » Certainement plus âgé qu’elle, Theo pouvait certainement être considéré comme un de ses employeurs. En quelques sortes. Elle ne voulait pas se mettre à dos le fils de celui qui l’avait engagée. Ça ne pouvait pas jamais être bon.

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Posté le Dim 13 Sep 2015 - 23:21

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Lorsque la brune étouffa un cri de surprise en sursautant, Theo plaqua sa main sur sa bouche pour éviter de rire. Il ne voulait pas se moquer d'elle mais il ne s'attendait pas à une réaction aussi vive et spontanée. Quoique, à bien y réfléchir, il aurait peut-être du tenter une autre approche. Mais c'était tout ce qui lui était venu, sur le moment. Après avoir serré sa main, elle se présenta à son tour. En quelque sorte. « Gabriella. » Il répéta son prénom en insistant sur l'avant dernière syllabe, à la manière des italiens. En réalité, il ne savait absolument pas si elle était ou non italienne. Elle n'en avait pas l'accent mais la dernière Gabriella qu'il avait rencontré l'était, il avait seulement fait une simple supposition par association d'idées. « C'est noté. » La nanny se replongea dans sa vaisselle, ce qui fit sourire Theo davantage encore. Au lieu de la laisser à son travail, il resta planté à côté d'elle, à la regarder faire. Il se demandait si il l'avait agacée, en mentionnant Claire. C'est vrai que c'était loin d'être une référence. Il ne savait pas si elle en avait entendu parler mais il était presque persuadé que cela ne devait pas faire plaisir d'être comparé à ses prédécesseurs, dans quelque domaine que ce soit. Finalement, elle se retourna à nouveau vers lui et lui demanda si elle devait prévenir son père de son retour. Theo émit un rire quelque peu forcé. « M. Bradshaw est toujours au travail. Je crois que j'arriverai à me débrouiller sans lui pendant encore quelques heures. » Ce n'est pas comme si je n'en avais pas l'habitude, se retint-il d'ajouter. Il lui adressa un clin d’œil avant de se diriger vers la corbeille de fruits qui trônait sur le comptoir. Après avoir hésité quelques secondes et avoir grimacé à la vue des bananes, il opta finalement pour une pomme dans laquelle il croqua avec enthousiasme. Les yeux fermés, il savoura un instant cette première bouchée de la journée. Une fois son morceau de pomme avalé, il retourna auprès de Gabriella, croqua une nouvelle fois dans le fruit et le déposa sur le comptoir, près de l'évier. Ouvrant l'armoire où se trouvait les essuies de cuisine, il en attrapa un et entreprit de sécher un bol que la nanny venait de laver. « Alors, comment ça se passe avec les enfants? » Cela ne devait pas être de tout repos. Ses frères et sœurs étaient effectivement plutôt difficiles à vivre au quotidien. Pour cause, ils étaient couverts de cadeaux et n'avaient qu'à demander ce qu'ils voulaient pour l'obtenir. Alors, lorsque quelqu'un leur refusait quelque chose, ça pouvait rapidement tourner à la catastrophe. « Est-ce que Margaret est déjà parvenue à découvrir le moindre de tes secrets? » La cadette des Bradshaw n'avait que neuf ans mais elle était sans doute la plus intelligente des petits monstres. Depuis qu'elle avait fêté ses six ans, Theo lui-même avait du mal à lui cacher certaines choses. Ainsi, si quelque chose le tracassait, elle était la seule à s'en rendre compte et à venir lui demander ce qui n'allait pas. Si bien que, parfois, il en oubliait qu'elle n'était encore qu'une gamine. Mais elle était également trop curieuse, ce qui pouvait la rendre insupportable, elle aussi.
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Posté le Lun 14 Sep 2015 - 0:33
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Le fils Bradshaw répéta son prénom en accentuant l’avant dernière syllabe, comme le faisaient ses grands-parents maternels, italiens. Même s’il l’avait certainement fait inconsciemment, sans aucune intention derrière, cela avait ravivé des souvenirs en Gabriella. Involontairement, cela l’avait également mise un peu plus confiance et elle sentit son corps raidi se relaxer. Ce Theo avait tout l’air d’être un naturel, ces personnes qui savaient s’y prendre avec les autres sans même avoir à y réfléchir. Elle avait hoché la tête lorsque le jeune homme avait repris la parole, mais cette proximité gênait tout de même la belle qui s’était alors réfugiée dans la vaisselle. Elle n’avait pas l’habitude d’être au centre de l’attention comme ça. Généralement, elle fuyait même ce genre de situation. Mais il n’était pas question de fuir devant le fils de son employeur, alors elle tenta de détourner la conversation sur lui. Cela fonctionna à moitié, le faisant rire d’une manière si peu naturelle que Gabriella regretta instantanément d’avoir lancé le sujet Papa Bradshaw. En même temps, elle aurait dû s’en douter. Vu comme il n’était pas présent avec ses derniers enfants, pourquoi l’aurait-il plus été avec le premier ? Theo lui fit un clin d’œil, auquel Gabriella répondit par une semi-grimace. Les choses allaient mal se passer s’il se montrait trop familier avec elle.
Alors qu’il s’était éloigné, Gabriella crut qu’il ne reviendrait pas. Elle l’avait entendu croquer dans quelque chose, puis plus rien. Il était sûrement sorti de la pièce pour  aller ranger ses affaires dans sa chambre. La jeune femme s’apprêtait à remettre son écouteur lorsqu’elle le vit à nouveau s’installer à ses côtés. Nouveau petit coup de frayeur auquel elle ne s’attendait pas, mais cette fois, elle ne laissa rien transparaître. Il attrapa un linge et entreprit de sécher un bol qu’elle venait de déposer à côté d’elle. Hm, serviable. Bien, il avait gagné un point et était passé dans la catégorie « tolérable ». Il la questionna alors sur les enfants  et elle ne put réprimer un sourire. « Eh bien, je crois que si je suis toujours là après un an, c’est que les choses se passent plutôt bien, non ? » répondit-elle, en le regardant, toujours souriante. C’était vrai. Elle avait réussi à dompter les enfants Bradshaw et pouvait se vanter d’être la première à être parvenue à un tel exploit. « J’imagine que vous n’auriez jamais cru pu croire quelqu’un puisse tenir aussi longtemps. » Car c’était en effet inimaginable pour la plupart des gens. M. et Mme Bradshaw lui avaient offert un petit cadeau à la demande des enfants pour fêter les un an de son arrivée. Ils lui avaient alors confié qu’elle était la première nanny à en recevoir un, ce qui en disait long sur son accomplissement. « Ah Margaret la curieuse… Non, puisque je n’ai rien à cacher. » Rien, sauf la disparition de sa sœur. Sauf la jalousie secrète qu’elle avait toujours ressentie envers elle. Sauf le fait qu’elle ne faisait pas confiance aux hommes et ne voulait pas retomber amoureuse. Grâce à ses longues années d’étude du théâtre et les nombreuses pièces qu’elle avait faites au lycée, Gabriella était devenue suffisamment bonne pour cacher ce genre de chose. Et heureusement, car Theo n’avait pas tort : ses secrets n’auraient pas fait long feu.
Gabriella termina rapidement de laver la dernière spatule et ferma le robinet, bien contente d’avoir terminée cette corvée. C’est alors qu’elle sentit la délicieuse odeur sucrée se transformer en une odeur de brûlé. « Oh non. » Elle se retourna et se précipita vers le four, seulement pour constater que ses cookies avaient déjà viré au noir charbon. « Non non non. » répéta-t-elle, sanglotant faussement. Une des seules recettes qu’elle était capable de faire, et elle l’avait ratée. Elle était vraiment une piètre cuisinière. Se tournant vers Theo, son visage prit un air désespéré. « Vous pensez que c’est rattrapable ? » Ce n’était pas possible de faire plus mauvaise première impression.
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Posté le Lun 14 Sep 2015 - 23:17

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Theo continuait d'essuyer les bols et autres ustensiles que Gabriella lavait. Avant son départ, il n'aurait sans doute jamais pris la peine d'aider la nanny du moment à faire la vaisselle. Non pas qu'il n'en aurait pas été capable, mais celles qui avaient précédé la petite brune ne lui avaient jamais vraiment donné envie de leur faciliter la tâche. Il faut dire que son père et sa belle-mère avaient jusque là fait preuve d'un don certain pour engager des filles toutes plus insupportables les unes que les autres. Cependant, en quatorze mois, la vaisselle était devenue une tâche quotidienne à laquelle il s'était habitué. Non pas qu'il s'en réjouissait, mais cela ne le dérangeait pas de mettre la main à la pâte. Lorsqu'il la questionna au sujet des enfants, Gabrielle lui répondit qu'elle était là depuis un an, ce qui surprit un peu Theo. Alors, comme ça, elle était arrivée à peine quelques semaines après son départ. Il ne se souvenait pas qu'une autre nanny ait fait mieux qu'elle. Pour la plupart, ses frères et sœurs les avaient certainement dégoûtées du métier pour toujours. D'autres n'étaient venues que pour les vacances avant de retourner chez elle pour reprendre leurs études. Rares étaient celles qui n'avaient pas claqué la porte des Bradshaw en pleurant. « Un an? C'est un exploit, en effet. Félicitations. » Il se demandait si elle avait eu droit à une soirée spéciale ou à un cadeau pour célébrer ça. Ceci mis à part, il se rendait compte qu'il avait certainement du manquer un paquet de choses pendant son absence. Juliet l'avait tenu informé lors de leurs nombreuses conversations téléphoniques mais ce n'était pas pareil. Lorsque Gabriella qualifia la cadette de ses sœurs de curieuse, Theo sourit. Au moins, Margaret n'avait pas changé. « Tout le monde a quelque chose à cacher. » répondit-il, le regard dans le vague. Personne n'était entièrement honnête avec tout le monde. Certains parce qu'ils avaient honte ou peur de ce qu'on pourrait bien penser, d'autres parce que le mensonge les arrangeait. Mais personne ne pouvait déclarer en toute franchise n'avoir jamais rien caché à qui que ce soit. « Certaines choses sont simplement moins difficiles à porter. » ajouta-t-il ensuite en reposant ses yeux sur la jeune femme. Il sourit brièvement avant de reporter son attention sur le bol qu'il tenait dans ses mains et qu'il rangea dans l'armoire une fois sec. Il s'occupa ensuite de la dernière spatule puis posa l'essuie sur le comptoir. Au moment où Gabriella protesta, une odeur désagréable vint lui chatouiller le nez. Se retournant vivement vers le four, il grimaça à la vue des cookies. « Je pense qu'il n'y a plus rien à faire pour eux. » répondit-il en se mordant la lèvre inférieur pour se retenir de rire. Décidément, elle l'amusait beaucoup, cette Gabriella. Mais lorsqu'il remarqua à quel point elle avait l'air désespéré, tout sourire s'effaça de son visage. Visiblement, elle se mettait trop la pression et ça n'avait rien de drôle. Il comprenait entièrement que quelqu'un puisse tenir à son boulot au point de vouloir s'y donner corps et âme, de mettre toutes les chances de son côté pour briller mais des cookies brûlés ne méritaient certainement pas une telle réaction. S'approchant légèrement d'elle, il pencha la tête et fronça les sourcils. « Hé, il n'y a pas mort d'homme, d'accord?  » Il posait sur elle un regard qui se voulait rassurant. Il s'en voulait un peu de l'avoir distraite et refusait qu'elle se mette dans un état pareil pour de simples biscuits.
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Posté le Mar 15 Sep 2015 - 0:15
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Lorsque Gabriella annonça au jeune homme qu’elle était là depuis une bonne année, il sembla surpris et plutôt impressionné. Elle avait donc vu juste, aucune nanny n’avait jusqu’à présent réellement tenu. Combien d’entre elles avaient abandonné en treize ans ? Elle n’osait même pas penser à un nombre tant il devait être élevé. Avec un peu de chance, elle ne l’augmenterait pas et resterait à leur service pour quelques années encore. Theo la félicita et désigna la chose comme étant un exploit. « Merci. » répondit-elle alors avec un grand sourire. Les parents Bradshaw étaient plutôt avares en compliments, quand bien même ils constataient une différence dans leur comportement de leurs enfants. C’est pour cela que Gabriella appréciait d’entendre le fils aîné faire son éloge. Elle avait l’impression d’avoir un peu de valeur, son travail d’être reconnu. « Peut-être bien. » lâcha-t-elle distraitement en réponse à propos des secrets que chacun garde profondément enfouis au fond de soi. Gabriella ne criait pas sous les toits que sa sœur aînée avait disparue. Elle ne voulait pas qu’on la prenne en pitié. Qu’on se mette à la considérer autrement. Qu’elle devienne « la sœur de la fille qui a disparu » et qu’on mette Gabriella Fawkes aux oubliettes. Elle ne saurait peut-être jamais ce qui s’était passé ce jour-là, mais elle ne laisserait pas cet événement dicter le reste de sa vie, aussi horrible qu’il ait pu être. Elle avait le droit à l’oubli, son deuil avait été fait il y a bien longtemps.
Et aujourd’hui, elle devait faire le deuil de cookies, cramés dans la fleur de l’âge. Eux qui étaient si beaux, sentaient si bons, semblaient si croustillants et moelleux à la fois… Theo parut d’abord amusé par la situation. Gabriella ne pouvait le blâmer. Il ne connaissait pas ses talents de cuisinière maudite. Si Midas transformait n’importe que chose en or, elle pouvait changer n’importe quel aliment en charbon. Elle se mettait peut-être dans un état plus exagéré qu’il n’aurait été de rigueur, mais malgré tout, elle  ne pouvait s’empêcher de déplorer ses biscuits. « Il n’y a pas mort d’homme… » commença-t-elle en s’accroupissant devant la vitre du four, avant de l’éteindre. Theo avait raison, il n’y avait plus rien à faire. Le goûter des enfants venait de s’envoler en poussière. Ou plutôt il ne tarderait pas à le faire. « Mais il aurait fallu appeler les pompiers si je m’étais essayée à une autre recette. N’importe laquelle. » ajouta-t-elle en levant les yeux vers Theo. Et s’il ne la croyait pas, il le constaterait bien assez tôt. Quoiqu’elle ne risquait pas de s’essayer à la cuisine avant un certain temps. Se relevant, elle ouvrit la porte du four, attrapa des gants et sortit la plaque avant de la reposer à l’extérieur. Elle fixait le désastreux résultat, les mains sur les hanches. Comme si elle espérait que, comme par magie, les petits tas noirs redeviendraient tachetés de brun.
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Posté le Mer 16 Sep 2015 - 0:02

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L'odeur de brûlé devait maintenant avoir gagné une bonne partie de l'appartement. En tout cas, une faible fumée noire sortait du four. Un instant, Theo espéra que sa belle-mère n'allait pas rentrer tout de suite et assister à ça, et qu'ils auraient le temps d'aérer avant qu'elle revienne. Il se souvenait de cette fois où il avait brûlé une de ses chemises en laissant le fer à repasser posé trop longtemps. Sa belle-mère s'était plainte pendant une semaine que le canapé du salon empestait le brûlé. Il avait frôlé de peu le scandale. Et il préférait éviter ça à Gabriella. Celle-ci reprit d'ailleurs ses propres mots avant de lui expliquer qu'elle aurait tout aussi bien pu mettre le feu à l'appartement si elle s'était essayée à une autre recette. Theo haussa les sourcils avant de sourire. « Dans ce cas, j'imagine qu'on est plutôt chanceux, non? » Savoir cuisiner ne faisait pas partie des compétences requises pour être engagée comme nanny, du moins chez les Bradshaw. En effet, leur cuisinière était à leur service depuis des années et elle convenait parfaitement à toute la famille. Theo ne pouvait donc pas blâmer Gabriella. Cette dernière sortit les cookies du four et les posa sur le comptoir. Ils avaient vraiment piètre allure mais Theo s'abstint de tout commentaire. En dessous de toute cette couche de cramé, ils avaient pourtant l'air d'être bien partis pour être délicieux. Désormais, c'était une toute autre histoire, cependant. Les mains sur les hanches, Gabriella ne quittait pas les biscuits du regard. Elle semblait toujours aussi désemparée devant le résultat. « Je ne suis pas certain que le résultat s'améliore en leur faisant les gros yeux. » Il esquissa un sourire, espérant qu'elle en fasse de même. Bêtement, il pensa qu'il ne voulait pas qu'elle garde cela comme souvenir de leur première rencontre. Alors, ni une ni deux, il s'empara des biscuits et se dirigea vers la poubelle pour les y jeter. Ça lui fit mal au cœur de se débarrasser ainsi de la nourriture, après ce qu'il avait vu pendant son voyage, mais il n'aurait même pas donné ces cookies à son chien, si il en avait eu un. Encore une fois, il garda cependant ses pensées pour lui-même. Se redressant, il reposa la plaque sur le comptoir et se frotta les mains. « Si on oubliait ça et qu'on préparait autre chose? » Se frottant le menton, il réfléchit à ce qui pourrait faire plaisir à ses frères et sœurs, et qui satisferait son propre estomac. D'un pas décidé, il marcha jusqu'au placard de nourriture et l'ouvrit. Il y avait là tout ce dont ils avaient besoin pour la recette qu'il avait en tête. Rien de bien compliqué mais qui ferait sans doute son effet. « Des gaufres? » demanda-t-il à la brune, un sourire aux lèvres et se préparant déjà à sortir les ingrédients nécessaire à la préparation d'un nouveau goûter.
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Posté le Mer 16 Sep 2015 - 22:00
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Gabriella ne bougeait pas, ses yeux restaient rivés sur la plaque dans le four. Mais il lui faudrait bientôt se reprendre, ne pas montrer qu’elle avait ses faiblesses. Lorsque Theo lui dit qu’ils étaient finalement chanceux qu’elle ne se soit pas essayée à une autre recette, elle tourna la tête, un sourire au coin des lèvres. « Très chanceux. » répondit-elle tout en sortant les cookies. Elle se rappelait avoir une fois des popcorns prendre feu dans un four à micro-onde, lorsqu’elle était en Angleterre. Heureusement que sa mère avait été là et qu’ils avaient un extincteur dans leur immeuble, sinon ils n’auraient pas donné cher de leur appartement. Quand Gabriella  disait qu’elle était une vraie calamité en cuisine, il fallait la croire. Les seules choses qu’elle maîtrisait étaient les pâtes, les brownies au chocolat et les cookies. Enfin, il lui faudrait maintenant rayer ces derniers de sa liste. Elle espérait juste qu’elle serait encore capable de faire de beaux biscuits pour Noël. Ah, et elle pouvait bien sûr faire des plats crus, mais le goût n’y était pas forcément. Dans tous les cas, cette catastrophe culinaire semblait amuser Theo et la belle Anglaise se dit qu’il valait mieux en rire qu’en pleurer, surtout que cela était si prévisible avec elle. Il attrapa les biscuits et le jeta dans la poubelle, ni vu ni connu. Très vite, il lui proposa de se rattraper en cuisinant un autre goûter pour les enfants. Elle regarda sa montre ; ils avaient encore le temps avant qu’elle ne parte les chercher. Heureusement que leur école privée n’était pas loin. Au nom des gauffres, le visage de Gabriella s’illumina. « Des gauffres ce sera ! » Utilisant l’élastique à son poignet, elle attacha ses cheveux en une queue de cheval haute, ses longs cheveux bruns bouclés retombant dans sa nuque. Elle en profita pour remonter ses manches et ouvrir la fenêtre de la cuisine avant de s’approcher de Theo. « Par contre, je n’en ai jamais fait et vu ce que vous venez de voir, il va falloir que vous preniez la tête des opérations. » Elle était désormais debout à côté de lui, attendant ses instructions. Les enfants seraient certainement ravis d’avoir un goûter qui leur changeait un peu de l’ordinaire. La cuisinière n’était pas là tous les jours pour leur quatre-heures et lorsque Gabriella devait s’en occuper, elle sortait généralement un paquet de biscuits tout prêt, sauf les rares fois comme ce jour-là où elle se sentait de cuisiner. Mais ça, elle se doutait que ça ne reviendrait pas de sitôt. Theo avait déjà sorti tous les ingrédients pour préparer les gauffres lorsqu’elle s’approcha du placard pour voir s’il leur restait de la sauce chocolat. Bingo. Sur la pointe des pieds, elle attrapa le tube et le déposa à côté des autres ingrédients. « Je crois qu’on a également de quoi faire une bonne crème chantilly maison dans le frigo. Mais cette fois encore je vous laisserai faire, à chaque fois que j’ai essayé elle n’a jamais pris. » avoua-t-elle les joues légèrement rosies par l’embarras de cette confession.
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Posté le Mer 16 Sep 2015 - 23:43

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Gabriella sembla apprécier l'idée des gaufres, ce qui fit sourire Theo. C'était sans doute une recette basique mais elle lui tenait à cœur pour l'avoir apprise grâce à sa mère avec qui il préparait régulièrement des goûters et desserts en tous genres. La jeune femme lui annonça néanmoins qu'elle n'en avait jamais fait. « Ça marche, à vrai dire, j'ai toujours rêvé d'être un grand chef et un chef a besoin de commis. » déclara-t-il avec un air mi-amusé, mi-sérieux mais absolument pas convaincant. En réalité, cela ne le dérangeait pas de cuisiner mais ce n'était pas ce qu'il préférait faire. Pourtant, parfois, il lui prenait l'envie de se mettre derrière les fourneaux. Il ne se risquait cependant jamais à innover, se contentant de suivre des recettes. Par chance, chaque recette qu'il lisait, comme tout le reste, s'enregistrait automatiquement dans sa mémoire. C'est pour ça qu'il prit l'air assuré de celui qui savait ce qu'il faisait. Il attrapa un bol que Gabriella venait de laver et qui attendait sur le comptoir qu'on le range et le posa en face de lui pendant que la nanny sortait la sauce chocolat et lui proposait de faire une chantilly maison. Il sourit lorsqu'elle lui avoua cependant qu'elle lui laisserait s'y prendre lui-même. Il n'en avait jamais réalisé mais il avait vu sa mère le faire tant de fois qu'il pourrait aisément reproduire ses gestes. Et si l'expérience lui faisait défaut, il avait sans doute quelque chose de plus indispensable à la réussite dont Gabriella semblait manquer cruellement, du moins en matière de cuisine. De la confiance en soi. Theo attrapa un œuf dans la boite qu'il avait sorti du frigo. Mais il stoppa son geste juste avant que l'œuf ne se brise sur le bord du bol. Se tournant vers la brune, il poussa le bol devant elle et lui tendit l'œuf. « Pour commencer, il faut casser quatre œufs. » Elle ne risquait pas grand chose en cassant des yeux. Du moins, elle ne mettrait pas le feu à l'appartement. Et, en même temps, c'était peut-être la chose la moins facile à faire dans la recette, puisqu'il suffisait ensuite de mélanger les ingrédients. D'un geste de tête, il encouragea Gabriella. Puis il se chargea de mettre doucement le beurre à fondre. « Ma mère adorait cuisiner. Quand j'étais enfant, on n'avait pas de cuisinière alors c'est elle qui m'a appris ce que je sais faire. » Theo fronça les sourcils et se mordit la lèvre inférieure en secouant légèrement la tête. C'était sorti tout seul, sans qu'il y pense. Il n'était pas du genre à raconter sa vie à tout bout de champ, pourtant. « Je suis désolé, je ne sais pas pourquoi je raconte ça. » s'excusa-t-il en s'emparant de la farine et du récipient doseur. Tout à coup, il se sentait affreusement gêné. En plus de ne pas déballer sa vie privée à n'importe qui, il évoquait encore plus rarement sa mère, bien qu'il y pensait souvent. « Alors, le gaufrier... » Pour faire diversion, il entreprit d'ouvrir toutes les armoires à la recherche du fameux instrument sans lequel leur pâte à gaufres n'aurait aucune utilité.
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Posté le Ven 18 Sep 2015 - 20:10
maybe you had to leave
in order to really miss a place.
(theo & gabriella)

L’atmosphère avait tourné bon enfant aussi rapidement qu’elle n’était devenue dramatique. Pensant faire le bonheur des petits Bradshaw, les deux adultes s’étaient mis en tête de leur préparer des gaufres. Gabriella ne releva pas le commentaire de Theo à propos des chefs et des commis, sachant pertinemment que même en tant qu’aide cuisinière, elle serait incapable de faire un bon travail. Mais il était temps d’arrêter de s’apitoyer sur elle-même, car ce n’était pas son genre. Et puis elle détestait montrer ses faiblesses à un homme. Ils réussissaient toujours à en tirer parti. Elle esquissa alors un sourire à Theo et attendit ses instructions. Non loin de lui, elle observait son geste tandis qu’il s’apprêtait à casser les œufs dans le grand bol. Il s’arrêta pourtant à la dernière seconde et se tourna vers elle, lui tendant l’œuf qu’il tenait dans sa main. Peu à l’aise, elle prit cependant l’ingrédient qu’il lui donnait et grimaça tandis qu’elle le frappa doucement contre le bord du bol. Aucune fissure. Réitérant son geste un peu plus fort, elle parvint à faire légèrement craqueler la surface de la coquille, mais toujours pas suffisamment pour l’ouvrir. La troisième fois fut la bonne et l’œuf termina sa course au fond du bol. Avec un peu plus d’assurance, Gabriella en fit de même pour les trois restants. Puis elle tourna la tête vers le jeune Bradshaw, occupé à faire fondre le beurre. Elle ne sut pourquoi, mais il se confia en quelques sortes à elle et en parut gêné. « Elle m’avait tout l’air d’être une bonne mère. » répondit-elle, un sourire sincère au coin des lèvres. Ce n’était pas difficile en même temps, vu la belle-mère dont il avait hérité. Cette dernière hurlait au moindre ongle cassé et refusait catégoriquement de s’investir auprès des enfants dès qu’il s’agissait d’une activité un peu plus manuelle. Gabriella était persuadée que si les enfants étaient devenus de pareils petits monstres, c’était parce que leur mère n’avait pas su leur mettre les bonnes limites. Pourris gâtés, ils ne savaient s’occuper que seuls ou entre eux. Voyant que Theo essayait de cacher sa gêne en cherchant le gaufrier tout en ne parvenant pas à le trouver, Gabriella entra en action. Elle s’accroupit devant le placard à droite du four et en sortit l’appareil. Elle ne savait peut-être pas cuisiner, mais elle savait au moins où trouver tous les ustensiles. « Le voici. » Après l’avoir déposé à côté du grand bol, elle s’appuya contre le bord du meuble et attendit de nouvelles instructions. « Que dois-je faire après avoir cassé les œufs ? » Il était alors près de quatorze heures vingt. Elle se demandait s’ils auraient finalement le temps de finir le goûter avant l’heure de partir chercher les petits diables à l’école. Finalement, elle s’attela à faire ce que Theo lui avait expliqué. Sentant que l’ambiance ne s’était pas complètement radoucie, elle se confia à son tour. « J’aurais aimé que ma mère m’apprenne à cuisiner. Mais elle n’a jamais vraiment eu le temps de le faire, mes parents travaillaient tous deux à temps plein. » Elle espérait que le fait d’avoir raconté quelque chose à propos d’elle rendrait les choses plus simples, et qu’une confidence mènerait à un retour à la normale. Autrement dit, à plus aucune confidence.
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Posté le Mer 14 Oct 2015 - 23:12

maybe you had to leave in order to really miss a place. maybe you had to travel to figure out how beloved your starting point was.

Theo était mal à l'aise en raison des révélations qu'il venait de faire au sujet de sa mère. Il n'avait pas voulu l'évoquer, du moins pas intentionnellement. C'était peut-être étrange, après tout, il avait vingt-six ans et c'était un homme désormais, mais le sujet de sa famille restait un sujet sensible, malgré tout. Pourtant, il n'avait pas connu les pires horreurs qu'on pourrait imaginer. Vu de l'extérieur, beaucoup de personnes auraient sans doute dit qu'il avait eu une enfance de rêve. Mais ce n'était pas tout à fait le cas. Au niveau matériel, il avait toujours eu tout ce dont il avait besoin, et bien plus encore. Ce n'était pas de ça dont il avait manqué. « Elle l'était. » se contenta-t-il de répondre à l'observation de Gabriella. C'était la vérité. Si Theo n'avait jamais été vraiment proche de son père, c'était totalement le contraire avec sa mère. Il avait une relation complice que son père n'avait d'ailleurs jamais pu supporter. Il n'était que très rarement à la maison et avait manqué beaucoup d'étapes importantes dans la vie de son fils. Pour s'excuser, il se contentait de lui offrir un nouveau jouet, pensant sans doute que cela suffirait à faire oublier ses trop nombreuses absences. Mais, assez paradoxalement, il vivait très mal le fait que sa femme soit aussi proche de son fils. De leur fils. Alors que Theo tentait de dissimuler sa gêne en cherchant après le gaufrier - en vain -, Gabriella vint à son secours. « Il va me falloir que je me réhabitue à cette cuisine immense... et que j'essaie de me souvenir où sont rangées les choses. » déclara-t-il en se grattant la tête. En réalité, il avait une excellente mémoire. Mais il arrivait qu'il oublie d'y avoir recours... « En attendant, je crois que je n'aurai pas d'autre choix que de faire appel à toi... » Il laissa échapper un petit rire. Cependant, il ne lui parut pas tout à fait franc. Comme si il était encore mal à l'aise. « Tu peux les battre avec le sucre. » répondit-il en désignant les œufs et le sucre qu'il venait de peser, lorsque Gabriella lui demanda ce qu'elle devait faire. Après quoi il se perdit dans la contemplation de son beurre qui fondait doucement sur le feu et garda le silence. Un silence qui fut cependant de courte durée car Gabriella sembla ressentir le besoin de remettre les choses à niveau puisqu'elle évoqua à son tour sa mère. Un partout, balle au centre. Theo lui fut en partie reconnaissant de rendre sa confession moins gênante. « Oh, je vois... Je suppose qu'ils avaient de bonnes raisons. » Il s'interrogeait sur ce qu'elle venait de dire. Elle avait employé le passé; n'avait-elle plus ses parents? Avait-elle des frères et sœurs? Néanmoins, il n'attendait pas d'explication. Mais, après tout, il ne connaissait rien d'elle, de son histoire, de sa famille. Peut-être que ses parents étaient comme son père, peut-être qu'ils faisaient passer leur boulot et leur vie sociale avant leur enfant. Peut-être qu'ils manquaient les anniversaires et les réunions de parents à l'école. Ou peut-être qu'ils étaient de bons parents, qu'ils travaillaient autant pour offrir la meilleure vie possible à leur enfant. Ça, Theo n'en savait rien. Elle l'intriguait et il avait envie d'en savoir plus sur elle mais le sujet de la famille était un sujet délicat pour lui. Un sujet qu'il préférait éviter donc, même si ce n'était pas lui qui était interrogé. Retirant le beurre du feu, il le posa sur le comptoir pour qu'il refroidisse un peu puis il pesa la farine et déposa le récipient tout près de Gabriella. « Tu te débrouilles bien. Avoue que tu t'es moquée de moi avec tes cookies! » déclara-t-il en riant - de façon sincère, cette fois-ci - pour tenter de détendre complètement l'atmosphère.
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maybe you had to leave in order to really miss a place. (gabriella)

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