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Posté le Mar 15 Sep 2015 - 20:45
some things in our lives are inevitable
Je pédalais sans m'arrêter, fonçant tête baissée sur la route, inconscient du danger et des automobilistes. Je pleurais. Les larmes coulaient le long de mes joues et je ne prenais même pas la peine de les essuyer. Je ne pouvais que rouler, m'épuisant un peu plus à tous les mètres que je parcourais. Mais que pouvais-je faire d'autres après cet évènement ? Où pouvais-je aller ? Comment devais-je réagir ? Mon père, républicain et catholique, venait de découvrir mon homosexualité. Visite surprise à mon appartement et il avait trouvé une photo de Tate et moi dans une position compromettante. Il m'avait engueulé, m'insultant de tous les noms. Son fils ne pouvait être gay. Son fils ne pouvait être un marginal et vivre dans le péché. Je m'étais emporté. Il m'avait frappé. Une fois. Puis deux. Puis trois. J'avais accusé les premiers jusqu'à ce que je tombe finalement à terre sous la force de son dernier poing. J'avais saigné. Du nez, des lèvres. Je saignais toujours. Et j'avais fuis le plus loin possible.

Je fuyais chez Tate, sur Georgetown. Encore heureux qu'il ne vivait pas loin. J'arrivais en bas de chez lui, abandonnant sur le trottoir mon vélo sans même m'y intéresser et je courrais vers son immeuble dont la porte était ouverte. Je grimpais trois par trois les marches et me retrouvais devant son entrée à frapper comme un fou, à la limite de la décompensation. Je frappais, encore et encore. Toujours plus fort. Toujours plus rapidement. L'animateur radio n'était pas chez lui mais je continuais de frapper. Je ne pouvais m'arrêter comme si ma vie en tenait. Je répétais mon geste, pleurant comme jamais, saignant toujours. Les mains tremblantes, je cherchais mon portable. Tout d'abord dans mes poches de pantalon puis dans ma veste. Rien. Je l'avais oublié et, cédant à la colère impulsive qui m'animait, je frappais violemment du pied dans la porte. « Putain ! » Je me laissais glisser contre son entrée, soupirant et pleurant. Je prenais mon visage entre mes mains, fixais le mur d'en face et repensais à cette dernière heure. Je me secouais la tête, désireux de retirer ces images de ma tête. Et ayant comme un éclair de génie, j'attrapais feuille et stylo de mon sac en bandoulière pour laisser un mot au jeune Cunningham. Retrouves-moi au Oak Hill Cemetery. J'ai besoin de toi, de te voir. Link.

Photographiant le paysage sans conviction, j'étais assis sur un banc, plus solitaire que jamais. Les larmes ne coulaient plus mais mes yeux étaient rouges. Les traits de mon visage devaient être tirés, tristes. Mon amant n'aurait pas besoin d'explication pour comprendre mon état. Je l'attendais, patientant sans dire un mot et sans téléphone. Je soupirais et regardais mes clichés. Ils étaient sûrement aussi macabres et tristes que moi. L'environnement n'était pas non plus le plus joyeux. Quelle idée m'était encore passer par la tête ? Alors que je m'apprêtais à prendre d'autres photos afin de remplir ce manque d'amour et de réconfort, je l'aperçus à quelques mètres de mon emplacement. Je pleurais à nouveau et courrais dans sa direction pour me jeter dans ses bras. Je m'accrochais à lui comme s'il était mon dernier espoir d'être heureux. Je me collais à son corps pour me rassurer et humais son odeur pou me réconforter. « Tate... » Murmurais-je entre deux sanglots. Je n'avais pas encore de mots. Sa seule présence me faisait déjà tant de bien que je resterai dans cette position pour les minutes à venir. Il était tout ce dont j'avais besoin pour le moment.
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Posté le Mar 15 Sep 2015 - 21:35
Tate ne découvrit le mot laissé par Link que deux heures après en revenant du travail. La clope coincée entre ses lèvres, clés dans sa main droite, il était prêt à ouvrir la porte lorsqu'il vit le mot scotché à sa porte. Il fronça des sourcils, reconnaissant l'écriture de son amant. Il déchiffra les mots et jura, comprenant le message implicite derrière son "besoin de te voir". Il se retourna sans hésiter, dévalant l'escalier pour rejoindre sa voiture. Il conduisit sans même s'attacher, trop inquiet pour Lincoln. Il avait essayé de l'appeler avant de réaliser que si ce dernier lui avait laissé un message sur sa porte c'est qu'il devait avoir un problème avec son téléphone. Il se gara sans grâce sur le parking quasiment vide du cimetière et entra dans le lieu qui lui donnait toujours la chair de poule. Lorsqu'il reconnu sa silhouette il accéléra le pas. Son coeur battait la chamade et il n'avait qu'une envie, le serrer tout contre lui, sentir son odeur si particulière qu'il aimait tant. Link prit cependant les devant car lorsqu'il le repéra, il se leva et couru pour le rejoindre, se jetant dans ses bras. Tate n'hésita pas une seconde et le serra tout contre lui, une main sur sa nuque, l'autre qui entourait ses hanches. Il n'avait pas encore vu son visage, les blessures que son père lui avait infligé. A son prénom il le serra un peu plus contre lui, comme s'il voulait l'absorber dans son être pour encore mieux le protéger. "Chhh tout va bien, je suis là Link, je suis là." murmura t'il dans son oreille avant de déposer un baiser dans son cou. Ils restèrent ainsi plusieurs minutes, enlacés dans le cimetière. Ce devait être bizarre à voir pour un oeil extérieur, mais l'animateur radio s'en fichait royalement. Il massait tendrement sa nuque et s'humecta les lèvres avant de reprendre la parole. "Montre moi." demanda t'il doucement pour ne pas brisquer son amant. Il se recula un peu et prit son visage entre ses mains, observant ses traits si parfaits. Ils l'étaient toujours mais la courbure de ses lèvres était cassée et il y avait du sang séché dessus. Il remonta son regard le long de son nez, portant la marque d'un coup de poing. Tate lutta contre la colère qu'il sentait monter en lui. Link avait besoin qu'il garde la tête froide et qu'il s'occupe de lui. Il ferma les yeux et prit une inspiration pour se calmer, sans cesser de caresser les joues du jeune homme. "Je vais m'occuper de toi okay ? On va rentrer chez moi et je vais nettoyer et soigner tout ça. Et s'il le faut on ira à l'hôpital okay ?" Il hésita à parler de police, il ignorait ce que Link voudrait faire concernant son père. Même si le jeune homme ne lui avait pas expliqué ce qu'il s'était passé, Tate avait peu de doute sur ce qu'il s'était passé quelques heures auparavant.
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