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Fairfax
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Posté le Jeu 22 Oct 2015 - 19:54
Les revenantsScott & Adriana
19H15. J’étais encore devant mon miroir à choisir quelle couleur de rouge à lèvres appliquer. De futiles détails qui me rendaient pourtant joyeuses car ils allaient m’extirper de mon quotidien ma foi bien terne depuis que j’avais posé les pieds à Fairfax. Ce soir, j’étais invitée par d’anciens élèves de ma promotion de Berkeley qui avaient décidé de se retrouver autour de verres, petits fours et je ne sais quoi encore dans une galerie d’art qu’étrennait l’un d’eux aujourd’hui. Il avait réussi à percer et souhaitait célébrer ce fastueux moment en notre compagnie. J’avais d’abord été perplexe à l’idée de me rendre à cette petite sauterie mais je n’avais rien de prévu et en plus, cela me permettrait peut-être de tisser des liens dans le coin. Je m’ennuyais parfois fermement chez moi et cela ne pouvait plus durer. Ainsi, on m’avait dit qu’il fallait être habillée mais que nous n’allions pas non plus aux soixante-ans d’une duchesse quelconque c’est pourquoi j’avais opté pour une simple robe noire à bretelles et une veste en jean dessus. Je n’ai jamais été une mania de la mode et si cela vous semble dépareillé et bien peu importe, j’ai rien d’une Cristina Cordula, je suis juste une Adriana qui soigne les bobos des mignons dauphins à croquer. Je jetai un dernier regard dans ma glace avant d’enfiler une paire de chaussures à talons avec laquelle je marchais plus ou moins bien et je filai dans ma voiture vers le point de rendez-vous.

20h. Je me garai à peine tandis que la circulation se densifiait. Heureusement pour moi, je trouvai facilement une place et laissai ma petite voiture rouge sur le bas côté en vérifiant bien plusieurs fois l’avoir fermée. Je m’aventurai ainsi vers le point de rendez-vous et j’entrai non sans une certaine pointe d’angoisse mêlée à de l’excitation. J’apercevais déjà quelques têtes connues et d’autres que j’aurais préféré ne pas croiser. A vrai dire, beaucoup me faisaient défaut. Je cochais mon nom sur la liste des invités pour signifier que j’étais arrivée et entrai dans la cage aux lions. Me dirigeant vers le bar dans un premier temps, je me servis simplement un verre de jus d’orange, geste un peu déplacé vu l’alcool régnant à foison mais je ne souhaitais pour l’instant guère rouler sous la table parmi ces convives. Ainsi, alors que j’observai un tableau aux accents graphiques et coloré, une voix fluette et connue prononça mon prénom : « Adriana !! Cela fait des lustres que je ne t’ai pas vu. Viens que je te présente mon époux. » Et blablabla. Elle se nommait Céleste Harper, une jeune fille d’une famille assez aisée qui ne cherchait qu’à mettre le grappin sur le meilleur parti de notre université. Une fille rasoir qui n’avait jamais compté parmi mes fréquentations mais que j’avais eu le malheur de défendre lorsque son ancien petit ami de l’époque l’avait envoyé paître. Elle m’avait alors prise d’affection. Pourtant, moi je ne l’aimais pas forcément mais, comme toujours, je fis mon plus beau sourire. Elle me présenta donc son époux, un mania de l’informatique qui a réussi dans la vie et me parla de leur maison sur la côte ouest. Bref, des mondanités dont je me serais bien passée. J’étais pressée d’en finir. Quelle idée m’avait donc prise de venir par ici ? Je levai les yeux au ciel et, reculant d’un pas afin de laisser passer des anciens de Berkeley puis admiratifs du tableau que de la nouvelle poitrine dont se vantait ma compère, je bousculai quelqu’un qui se trouvait non loin de moi. Je m’excusai à demi-mots presque dans un murmure sans forcément me retourner car, morte de honte, je songeais déjà à me faire gronder par cet individu qui, si je le connaissais se moquerait de moi probablement et s’il m’était inconnu me prendrait probablement en grippe alors je fis mine d’être absorbée dans notre conversation sans toutefois y trouver grand intérêt…



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Washington
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Posté le Jeu 22 Oct 2015 - 21:16


19h50. Scott était parqué dans une petite ruelle de l’Atlas District, à quelques encablures à peine de la galerie d’art où on lui avait donné rendez-vous. Assis derrière le volant de sa Mustang, il se pencha vers le siège passager et ouvrit la boîte à gant. Il en sortit en premier un carton d’invitation classieux, puis un tube orangé au bouchon blanc typique des pharmacies. Il déposa le carton d’invitation sur ses genoux tout en y jetant un œil dédaigneux, pris une grand inspiration, puis enfila deux cachetons d’anxiolytiques, comme si cela lui servirai d’armure pour affronter tous ces gens.
Le jour d’avant il avait reçu un email d’un ancien pote d’université. Lui qui n’avait répondu à aucun des multiples appels et messages qu’il avait reçu depuis qu’il s’était évaporé dans la nature comme un voleur, regrettait maintenant d’avoir accepté l’invitation. En effet, un de ses anciens amis d’université ouvrait une galerie d’art et voulais organiser une réunion de promotion à D.C. en compagnie de tous ses anciens camarades. Même si l’idée emballait peu Scott, plutôt mal à l’aise dans ce genre d’événements, il avait pris la résolution de faire de son mieux pour se sortir du cercle néfaste dans lequel il s’était entrainé. Pour cela, rien de mieux que de refaire amis-amis avec les gens du passé, d’autant plus que ce pouvait être une bonne opportunité de nouer des liens à Washington où il ne connaissait presque personne.
19h55. Une fois devant l’entrée de  la galerie, Scott ajusta les boutons de son veston puis passa ses mains dans ses cheveux pour s’ajuster une dernière fois. L’art et lui faisaient deux, mais de par sa profession il avait l’habitude d’assister à ce genre de cérémonies petits fours, courbettes, sourires faux-cul et compagnie. Même s’il n’était guère de cette constitution, il maîtrisait parfaitement l’art des sourires et de la bienséance qui étaient de mise. Il s’approcha alors du registre, raya son nom de la liste pour indiquer sa présence, puis s’avança dans la salle principale. Au passage d’un garçon il attrapa une coupe de champagne, qu’il descendit de moitié sans attendre. Alors que son regard passait en revue les différentes œuvres d’art exposées, une femme aux allures de pinup s’approcha de lui en posant sa main sur son bras. « Scott Sanders ! Je n’en reviens pas. JA-MAIS je n’aurai pensé te voir ici ce soir. Emma, Emma Jones. Tu me remets ? » Demanda-t-elle en ponctuant sa question d’un rire bruyant digne d’une diva. Il se souvenait bien de cette Emma. D’ailleurs il se serait bien passé de croiser cette pintade ce soir, mais vraisemblablement cette soirée allait être à la hauteur de l’agonie qu’il s’était imaginé avant d’y arriver. « Ah..Ah...Ah. Emma, mais oui, bien sûr que je me souviens de toi. Comment aurais-je pu t’oublier. Toujours aussi ravissante d’ailleurs. » dit-il en lui assignant un sourire forcé. La belle, bien que surfaite, brune entretint alors un monologue interminable sur sa vie, son œuvre, sa détresse, son argent dont elle tenait absolument à informer Scott. Toujours feignant son intérêt pour le récit de son interlocutrice, Scott acquiesçait par-ci par-là d’un signe de tête. A deux reprises il profita qu’un garçon s’approchait d’eux pour se recharger en petites bulles. Cette soirée allait être longue… 20h05. Alors qu’il venait enfin de se libérer du calvaire de cette personne, Scott arpentait les différentes allées de la galerie pour contempler les tableaux et autres sculptures exposées. Il s’était arrêté devant une large peinture d’inspiration huichol un peu isolée du reste qui, contrairement aux autres, lui inspirait un peu de tranquillité et de confort. Figé depuis plusieurs minutes face à cette toile, il sorti tout à coup de sa petite bulle de quiétude lorsqu’il fut bousculé par une jeune femme. Malgré l’inconfort du moment, il s’excusa par réflexe « Oh pardon » sans prêter trop d’attention à cette personne. Alors qu’il soutenait son coude pour qu’elle ne vacille pas, son regard croisa le sien et tout à coup tout autour d’eux se figea. « A… Adriana ? » Lâcha-t-il du bout des lèvres. Il n’en revenait pas. Son cœur s’était arrêté de battre l’espace d’un instant. Avait-il trop poussé la consommation de cachetons, ou était-ce bien l’ange de son passé qui était revenu là, devant lui, à cet instant ?
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Fairfax
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Posté le Jeu 22 Oct 2015 - 22:36
Les revenantsScott & Adriana
Suave parfum que celui qui envahit mon air, délicieux frisson qui parcourut mon échine…je ressentais à nouveau ce mélange exquis de bienêtre et béatitude. Qu’était-ce donc ? Les vapeurs qui se dégageaient de ce malheureux que je venais par inadvertance de bousculer ou bien des saveurs outrageusement dissimulées dans mon verre ? Les deux cas ne pouvaient être validés tandis que mes prunelles s’emparaient de ses orbes sans pouvoir les lâcher. Il était là, face à moi et mon sang ne fit qu’un tour. Happée par la réalité, je recouvrai mes esprits et dégageai mon bras de son étreinte. Médusée, je ne pouvais lâcher son regard tandis qu’il me faisait face. Ce mufle se tenait là, devant moi. Cet homme que j’avais étreint et chéri et qui m’avait exclu de sa vie comme l’on se débarrasse d’un objet usager. Comme je lui en avais voulu. D’ordinaire calme et point ambitieuse, je découvris ma fougue dissimulée à cet instant précis. Ma main me démangeait depuis déjà quelques secondes tandis que, sans souffler mot, je donnais une gifle à ce malotru, mes doigts cependant réceptifs au contact de nos deux chairs. Je pris quelques secondes avant de retirer ma main comme si ma gifle au final aurait voulu s’apparenter à une caresse. Néanmoins, il n’en était rien. Je l’incendiais du regard et toussotai, assez gênée au final.

« Oui Scott, c’est bien moi. A moins que tu aies aussi oublié à quoi je ressemble ? » J’étais perdue, tiraillée entre mes sentiments et le passé. Ce passé si douloureux auquel j’avais mis un temps fou à dépasser. Ca ne pouvait être vrai. Il ne pouvait réapparaître ainsi comme un cheveu sur la soupe sans crier gare. Toutes mes défenses étaient rompues et je ne savais sur quel pied danser. « Que fais-tu ici ? » Question de courtoisie, question totalement inadéquate, il était également convié à la cérémonie. J’avais conscience d’avoir provoqué une petite esclandre mais qu’à cela ne tienne, je me retirai, je ne pouvais souffrir davantage sa présence en ce lieu, ni dans aucun autre. Je levai les yeux au ciel, balayant le lustre somptueux qui trônait au plafond avant de le détailler. Il semblait aller bien, déjà un bon point. Point de traces de blessures, de maladie ou de fatigue….peut-être ? Mais….Je ne devais guère m’intéresser à son matricule, il était l’auteur d’une partie de mon cœur qui s’était brisé à jamais. Je lui en voulais et je pense que cela devait se sentir. J’ai du mal à garder mes émotions et celles-ci devaient déjà courir le long de mes veines tapant contre mes tempes. Les boucles que j’avais faites à mes cheveux pour l’occasion devaient probablement se raidir de sueur. Je devais partir, je n’étais pas à ma place et je ne voulais pas bafouiller mais rester fière face à Scott.

« Tu as l’air d’aller bien depuis ce temps. Ta femme doit prendre soin de toi. » Oui j’étais persuadée qu’il y avait quelqu’un de beaucoup plus ouvert et beaucoup moins difficile que moins à comprendre qui l’avait éloigné et finalement, il n’avait su comment me l’annoncer et avait coupé les ponts. Ce n’était pas sa faute mes défauts devaient l’exaspérer. Ca c’était la version dramatique que j’avais donné à notre rupture peu conventionnelle. L’autre version était qu’il avait perdu tout son argent aux courses de chevaux et qu’il n’osait affronter mon regard mi compatissant mi colérique et il avait préféré fuir. En fait, je n’ai jamais su le pourquoi du comment. Je tournai les talons en murmurant simplement : « pardon, je n’ai pas pu me retenir » et je filai m’asseoir à l’autre bout de la salle, feignant un intérêt soudain pour un homme à qui j’adressai à peine la parole à l’université. Il avait réussi raisonnablement de ce que j’entendais et même si ses paroles m’importaient peu, je n’osais regarder dans la direction de vous savez qui. Je juchai ce bellâtre qui ne s’était que peu arrangé et sa bande de copains. Moi aussi je pouvais partir avec un autre si je voulais mais….nous n’étions même plus ensemble !


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Washington
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Posté le Jeu 22 Oct 2015 - 23:23

Il n’en croyait pas ses yeux. Elle était là devant lui, aussi belle que dans ses souvenirs et ce malgré l’animosité de la situation. Quatre mille kilomètres de distance n’avaient pas suffi à les séparer bien longtemps. Était-ce le destin qui était plus fort qu’eux et réussissait à les réunir coûte que coûte ? Il n’eut pas le temps de s’attarder sur la question que son ex-compagne lui assenait déjà une gifle mémorable laissant sur sa joue la marque de ses doigts fins. Il porta sa main à sa mâchoire douloureuse, comme pour se masser, tout en relevant son regard vers Adriana. Oui, il l’avait bien mérité. En dépit des regards qui étaient tous rivés vers eux, il ne voyait plus qu’elle au milieu de tous.  « Que fais-tu ici ? » lui demanda-t-elle sans pouvoir contenir sa fureur. « Tu as l’air d’aller bien depuis ce temps. Ta femme doit prendre soin de toi. » poursuivit-elle tandis qu’il restait immobile planté face à elle. Il ne savait que lui dire, que lui expliquer. Y avait-il vraiment une bonne excuse pour se comporter tel qu’il avait fait ? Tout était de sa faute après tout, et il se savait. « Je… Je… » dit-il sans trouver le moyen de s’exprimer. A peine avait-il ouvert la bouche qu’elle s’en était allée auprès d’un de ces gars qui n’avaient aucun intérêt. Resté planté là pendant quelques secondes il se risqua à la rejoindre et à lui dire « Je suis désolé pour tout. S’il-te-plaît, viens avec moi, je veux t’expliquer… » dit-il d'un ton coupable en lui indiquant du bras un endroit plus isolé à l’extérieur de la galerie. Il se sentait minable, mais il ne voulait pas la faire souffrir deux fois. Il lui devait des explications, et même si rien n’excuserai son départ, il voulait au moins lui dire tout ce qu’elle ignorait. Tandis qu'il attendait son verdict, son coeur battait la chamade, comme s'il allait sortir pour hurler à n'importe quel moment.
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Fairfax
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Posté le Ven 23 Oct 2015 - 10:11
 
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J’en voulais énormément à cet être que j’avais tant chéri. Il m’avait abandonné et aucunes de ses excuses ne suffirait à panser mes blessures. J’ai été trahie alors que j’avais trouvé à ses côtés un lieu de vie ce que je pensais désormais nommer « mon foyer » mes espoirs s’étaient effondrés en même temps que notre couple. Pourtant, j’avais envisagé un avenir des plus longs et même parfois, je priai secrètement pour que mon cœur cesse de battre avant le sien afin que je n’ai pas le loisir de le découvrir inerte, sans souffle. Cette époque est révolue. Nous ne sommes plus le « Scotiana » mais bel et bien Scott d’un côté et Adriana de l’autre. Ainsi, je minaudai encore avec ce peu raffiné gentleman sans passion et sans envie. J’allais même lorsque Scott s’approcha et me demanda de le suivre à ne pas écouter ce dernier et à glisser ma carte de visite entre les mains de l’autre individu. Culottée moi ? J’avais toujours été plus ou moins discrète et, même si mes relations antérieures se soldaient toutes par des échecs j’avais retenu certains « trucs » pour appâter le poisson comme on dit. Hélas, le poisson qui m’intéressait encore une fois ce soir-là n’était pas le bon.

Je levais les yeux vers un Scott que je sentais tendu et mon envie de savoir l’emporta sur ma colère, bien qu’elle ne disparut pas totalement. Je me laissai convaincre par sa mine désabusée. J’avais, quelque part, envie d’être avec lui rien que pour partager ne serait-ce que cela. Il n’y aurait plus rien, cela était clair dans mon esprit. Je m’étais jurée de ne jamais retomber amoureuse et surtout, de ne jamais plus accorder ma confiance ainsi pour être éclipsée de la vie de quelqu’un en un regard. Je ne vaux peut-être pas de l’or mais j’estime qu’on ne traite pas un être humain comme inférieur mais comme son égal. De ce fait, j’avais banni Scott de ma vie même si les sentiments que j’éprouvais à l’époque n’ont pas pu disparaître d’un bloc puisque je l’aimais encore lorsqu’il m’a lâchement abandonnée. Qu’en est-il aujourd’hui ? Je ne saurais mettre de mots sur cette douleur qui m’habite à cette simple vue mais aussi à ce courant électrique qui anime tous mes faits et gestes en sa présence. Récupérant ma veste et lissant nerveusement ma chevelure en jetant un dernier sourire forcé à mon admirateur, je me levai et pris la direction annoncée par celui qui fut mon amant autrefois.

Je ne lui adressai point la parole dans un premier temps, ramenant les paumes de mes mains jointes afin de les réchauffer. Je ravalai ma salive afin que les larmes ne viennent à monter. Trop d’émotions m’étreignaient à la fois et cela ne faisait pas un subtil cocktail. Enfin, je laissai courir les mots au bout de mes lèvres dans une vague spectrale blanche formée par le froid au dehors : « Tu es désolé certes. Mais tu t’es mis une fois à ma place ? Ce que j’ai pu ressentir, ce que ton abandon a pu causer dans ma vie ? Tu étais tout Scott pour moi, je voyais en toi cette petite étincelle que je n’avais pas ressenti. Et, pour une fois, je n’étais pas celle qui voit faire les autres et qui n’a pas les mêmes choses, je possédais cette chose. » Je me tus poignardant ce dernier de mes yeux acérés et humides. « Tu…ne sais pas ce que j’ai pu ressentir. Le mal que tu m’as fait. » Je parlai mais sans forcément dire des choses intelligentes. Pourtant, j’avais besoin qu’il sache car j’avais l’impression que pour lui, cela avait été simple de me laisser et que ses sentiments, au final, étaient factices. J’observai la rue où deux chauffeurs se querellaient une place avant d’ajouter : « De toute façon, cela est révolu. Si tu veux m’expliquer, fais-le, si ça peut soulager ta conscience. Tout va bien pour moi aujourd’hui, je suis heureuse…et j’ai enfin la famille qui me manquait. » Cela était totalement faux mais je voulais qu’il est mal, peut-être était-il lui aussi épanoui dans son couple avec des enfants je ne savais point mais ce fut la seule parade que je trouvais afin d’essayer de le déstabiliser. Pourtant, mon comportement mentait puisque le bellâtre mettait tous mes sens en alerte, capable de provoquer une collision imminente.


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Washington
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Posté le Ven 23 Oct 2015 - 15:48

Enfin décidée à écouter ce qu’il avait à lui dire, elle le précéda pour se rendre à l’extérieur tandis qu’il se contenta de la suivre silencieux et sans prêter attention aux curieux de la salle qui les guettaient. Une fois dehors le froid le saisi. La nuit était tombée sans prévenir et l’air s’était rapidement rafraîchi. Ils se plantèrent à quelques mètres de l’entrée, acculés près du porche de la galerie. Il se tenait face à elle, maintenant une distance assez proche révélatrice de leur ancienne intimité.  Tandis qu’elle se réchauffait les mains ses vieux réflexes d’amant protecteur ressurgirent sans prévenir et l’appelaient inconsciemment à prendre le pas sur sa contenance pour l’étreindre dans ses bras et mettre ses mains dans les siennes pour les frictionner. A cette distance l’effluve de son parfum caressait subtilement le visage de Scott et le replongeait un instant dans cette chevelure d’or qu’il avait chéri et adoré. Bien sûr rien ne tout cela passerait. Il le savait, tout cela appartenaient désormais au passé.
S’apprêtant à lui dévoiler enfin les raisons de son départ et de son absence, elle le coupa net dans son élan en déballant en premier ses ressentiments. Le mal et la rancune de son ancienne amante était poignant. Alors qu’elle commençait à peine à lui dire tout le tort qu’il lui avait causé, il sentait déjà les émotions monter en lui et le gagner. Il se contenait et encaissait tant bien que mal la salve de reproches qu’elle lui adressait. Se sentant infiniment coupable et désolé pour tout ce qu’il lui avait causait, il essayait toutefois d’écouter ce qu’elle avait à lui dire pour lui permettre au moins de lui laisser vider son sac. Il était arrivé jusque-là à se contenir bien que touché au plus profond de son cœur par ses mots. Mais rien ne l’avait prévenu ni préparé à l’uppercut qu’elle venait de lui envoyer. Une famille ? Son monde semblait à cet instant encore plus bas que l’enfer dans lequel il se trouvait déjà. Pourtant habitué à ne rien révéler de ses émotions, rien ne put empêcher ces larmes de couler à cet instant-là. Il ne saurait trop dire si c’était dû au mauvais cocktail d’anxiolytiques et de coupes de champagne, ou si c’était le trop plein d’émotions qu’il vivait depuis plusieurs mois qui faisaient déborder le vase, ou peut-être même les deux, mais sa carapace avait cédé. Elle l’avait atteint non pas au cœur mais au plus profond de son âme. Ses jambes vacillaient, ne supportant presque plus son poids, alors qu’il était plié en deux saisit par la douleur de ses entrailles. Portant sa main à ses yeux il inspira profondément pour essayer de contenir ses larmes. Il se tourna un instant ne pouvant pas la regarder en face, et inspira profondément pour se ressaisir.  Il ne voulait pas lui infliger ce spectacle, en plus de tout le mal qu’il lui avait déjà causé. « Tu as… une famille ? » lui dit-il finalement du bout des lèvres, comme si ces paroles lui arrachaient le peu de foi en la vie qu’il avait encore. Il n’en revenait pas. Elle avait trouvé quelqu’un et fondé une famille en si peu de temps. Finalement cela avait peut-être été une bonne chose qu’il l’ait laissée poursuivre un autre chemin. Il était pourtant confus. Tout s’emballait dans sa tête et il se sentait perdre pieds. Si elle avait effectivement une famille, pourquoi avait-elle alors donné son numéro quelques minutes auparavant à ce type ? Tout n’était pas clair mais l’état second de Scott ne lui permettait pas de mettre toutes les pièces ensemble. Ses émotions avaient pris le pas sur sa raison mais pourtant il se laissa aller à la questionner « P… Pourquoi as-tu donné ton numéro à ce gars si tu as quelqu’un ? ». A ce moment-là tout un tas de questions parcoururent cet esprit. « Que fais-tu ici, à Washington ? » se risqua-t-il à lui demander, conscient qu’elle ne lui devait aucune explication. Pourtant il voulait qu’elle lui raconte tout, tout de sa vie sans lui, ce qu’elle était devenue, ce qu’il avait lâchement abandonné.
Il était temps pour lui de lui dire la vérité. Sans plus se défiler il commença alors sa confession. « Écoutes…. Je sais que rien ne pourra pardonner la façon dont je suis parti. Mon père est mort. J’ai découvert que pendant toutes ces années il buvait. J’étais le plus heureux du monde avec toi, mais le voir dépérir au fil des mois comme ça, ça m’a détruit. Je passais mes journées au restaurant et le soir j’allais le voir à l’hôpital. Quand je rentrais tu étais déjà partie au travail. Je n’ai jamais réussi à te dire ce qu'il se passait. Toi et moi on se voyait à peine alors… on n’échangeait plus rien. Tu étais tellement contente à l’idée de commencer ce nouveau boulot que je ne voulais pas entraver ton rêve. Et moi j’ai préféré passer tout mon temps auprès de mon père. Je voulais être près de lui pour ces derniers moments, jusqu’à la fin. Lorsqu’il est parti j’ai… j’ai perdu les pédales. J’ai craqué. Je n’ai pas réussi à te demander de l’aide et je ne voulais pas que tu me vois comme ça, pas que tu subisses ça. J’ai préféré partir, loin, pour échapper de tous ces maux. Je sais que j’aurais dû te le dire, mais je me suis dit que comme ça tu m’en voudrais et tu ne chercherais pas à me suivre. Je ne voulais pas que ma chute provoque la tienne. Tu étais bien trop bien pour que je te fasse ça. Je sais que je t’ai causé du mal, et crois moi je m’en veux tous les jours. Mais de deux maux j’ai préféré te faire subir le moindre…». Il ne s’attendait pas à ce qu’elle le comprenne, bien sûr, mais au moins il lui avait dit la vérité. Ses yeux humides et brillants étaient posés dans les siens. Il se sentait vide, vide de tout.
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Posté le Ven 23 Oct 2015 - 21:54
 
Les revenantsScott & Adriana
J’avais été mauvaise sur ce coup là mes paroles dépassant ma propre pensée. Je n’avais point voulu le mettre dans un pareil état. Ainsi, l’âme en peine et honteuse de mes bêtises, je lui offris mon bras pour se redresser correctement et l’écoutai ensuite discourir. Dans un premier temps bien trop peinée par sa vision suffocante je ne pus souffler mot et répondre à ces questions. Pourquoi cela le taraudait-il tant ? Nous étions désormais comme de vieux compères de faculté qui avaient, l’espace d’un instant, partagé plus qu’une amitié mais s’étaient laissés prendre à un jeu se soldant par un échec. Pourtant j’y avais cru dur comme fer à l’époque. Je me plaçai face à lui et gardai ma main contre son bras comme pour le retenir il me semblait si vulnérable. L’état dans lequel il s’était mis suite à mes propos me laissait sans voix. Avais je un tel impact sur cet homme ? Je n’étais guère une méchante fille et je souhaitais aussitôt rattraper ma maladresse pour qu’il ne me prenne point pour ce que je ne suis pas. Je désirai juste soulager ma douleur et je compris à l’entente du monologue qui suivit que je n’étais pas la seule pour qui cela avait été rude. Une simple parole transperca ma gorge’ rauque et austère : « j’aurais toujours été là pour toi et…même si je me suis mal comportée ce soir, tu aurais pu m’appeler je t’aurais toujours consolé et tu le sais. » Oui je ne tourne que très peu le dos et mes rares amis savent que je suis fidèle.

J’avais digéré les informations qu’il avait distillées d’un bloc sans mot dire. Je n’osais capter son regard que je sentais vacillant alors, je tirai sur son bras pour que nous nous asseyions sur les marches qui bordaient l’entrée de la galerie. Elles étaient austères et froides comme ce temps qui nous avait séparé. Comme auparavant j’étais la pour le protéger bec et ongles et malheureusement ou heureusement les vieilles habitudes ont la vie dure du coup, je fouillai dans le dédale qu’est mon sac à main à la recherche d’un paquet de mouchoirs. Je lui en rendis un qu’il n’avait pas intérêt de refuser et m’en emparai d’un autre pour soulager mes yeux baignés de larmes. Le voir dans cet état m’était insupportable et le voir chanceler m’avait et extrêmement inquiétée. Je lachai cependant sa manche pour plisser ma robe et reprendre mon souffle avant de rajouter à voix plutôt basse : « Je comprends mais nous étions liés j’avais confiance en toi. J’ai perdu cette confiance déjà que mes relations étaient chaotiques avant de te connaître j’ai vraiment eu le cœur brisé…et je ne suis pas sûre que cela soit réparable. » Je le gratifia d’un sourire afin de réchauffer son âme meurtrie et continuai : « de toute façon je suis un trop naïve aussi je crois d’avoir imaginé aller plus vite que la musique. Tu es quelqu’un de bien Scott et tu mérites d’être heureux et si nous deux ça a du se stopper c’est qu’il y a quelque part dans l’histoire du destin une clause qui stipule que ça n’était pas fait pour fonctionner. » Je pris cependant sa main entre la mienne pour faire une chose qui me déchirait le cœur : « je suis désolée pour ton père je sais combien il comptait pour toi j’aurais aimé pouvoir faire plus…. » mais je ne pouvais pas car je n’étais pas là . M’avait-il écarté volontairement ? J’en suis désormais persuadée.

Je lachai sa main et je décidai d’en finir avec son mal-être. Je montrai ma main vierge de toute promesse de mariage. « c’est idiot mais je pensais que tu travaillais plus pour m’offrirune bague celles qui m’ont toujours fait rêver. J’étais loin d’imaginer les difficiles moments que tu traversais. Mais non je suis instable impossible à caser bonne pour la casse je pense La même qu’avant notre rencontre en pire je pense ! ». Je laissai échapper un soupir de regret si les choses avaient été différentes mais avec des si on referait le monde. « Alors Monsieur Sandres les affaires vont bien sinon ? Vous êtes un homme comblé sentimentalement et dans le travail ? » Je ris de mes propres paroles mais cela me faisait mal. Il avait ce que j’avais convoité tant de temps à ses côtés peut être avec une autre. « Et ne t’inquiètes pas pour l’autre andouille à l’intérieur il a le numéro d’un de mes patients soit son immatriculation . »


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Posté le Ven 23 Oct 2015 - 22:50

Sa réaction avait était tout sauf ce qu’il avait imaginé. Même s’il n’avait jamais eu aucun doute là-dessus, Adriana venait de démonter à nouveau qu’elle était la personne au cœur le plus pur et bon qu’il n’avait jamais connu. Malgré tout ce qu’il lui avait fait souffrir, elle était là, près de lui à l’appuyer. Sur un point au moins il ne s’était jamais trompé : il n’était pas à la hauteur de cette fille, et peut-être qu’en effet la laisser loin de lui lui aurait permis de trouver quelqu’un qui la valait. « Tu ne t’es pas mal comportée ce soir, tu n’as rien à te reprocher. Tout est de ma faute et j’en suis profondément désolé.» lui répondit-il alors qu’elle s’excusait de sa gifle. N’importe qui dans sa situation aurait réagi de la même manière, voire plus violemment. Scott la suivit sur les marches des escaliers et s’assit près d’elle. Elle lui offrit un mouchoir, comble de la situation, démontrant encore qu’elle avait le cœur sur la main. Il l’accepta, encore en émoi, et essuya les dernières larmes qui coulaient le long de ses joues.  « Merci » dit-il tout en inspirant.
Elle décida alors de se confier à son tour. Son cœur brisé, ses illusions désenchantées. Il se détestait depuis toujours d’avoir causé ca à la seule personne qui n’avait jamais compté pour lui, mais était certain d’avoir fait le bon choix de ne pas lui avoir fait subir le Scott rongé par ses démons.  Malgré tout cela Adriana trouvait encore la force de lui adresser un sourire. Bien que la situation ne s’y prête pas à priori, cela ralluma une petite étincelle de bonheur dans les yeux de Scott. Qu’elle était belle. Elle l’avait toujours été, mais le temps l’avait encore plus sublimée. Son sourire était parfait. Doux, joliment dessiné, chaque fois qu’elle souriait c’était comme si un rayon de soleil venait se poser sur son cœur.  Elle lui confessa alors qu’elle avait secrètement rêvé qu’il lui demande sa main. Jamais il n’avait pensé que cela la tracassait. D’ailleurs il avait toujours clamé haut et fort que le mariage et lui ça faisait deux ; non pas par peur d’engagement mais par différences de convictions. Si elle lui avait dit il était certain qu’il se serait mis à genoux pour elle, il lui aurait concédé tous ses souhaits et chérie pour le pire et pour le meilleur. Scott n’avais jamais eu peur des responsabilités, dès sa jeunesse il avait été habitué à tout assumer. Seul à la maison alors qu’il était encore à l’école primaire il faisait le ménage, préparait le repas, faisait ses devoirs comme un grand tandis que son père « travaillait dur » au restaurant. Cette discipline était restée marquée dans ses veines depuis et toujours il était là lorsque quelqu’un avait besoin de lui… Toujours sauf pour la seule personne qu’il n’avait jamais vraiment aimée.
Adriana le ramena à la réalité en lui demandant si les affaires allaient bon train, si sa vie amoureuse était comblée. Il avait tellement honte de sa situation qu’il hésita deux secondes à lui dire la vérité, mais il se résout à lui dire finalement. Pas question de lui cacher quoi que ce soit à nouveau. « Tu sais j’ai fermé mes trois restaurants et je suis venu m’installer ici pour repartir à zéro. Pour l’instant je ne fais trop rien, je cherche un travail, une raison de me lever le matin. Et non, je ne partage ma vie avec personne. Pas depuis que je t’ai quitté. » dit-il simplement. « Et toi ? ».  
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Fairfax
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Posté le Sam 24 Oct 2015 - 20:36
 
Les revenantsScott & Adriana
Sois forte et ne faiblis jamais face à l’ennemi…cela me semblait difficile à présent. Une envie folle de l’étreindre me prit lorsqu’il m’avoua à coups de mots puissants ses déboires. Je serrai mon poing, assez fort, afin de ne point céder à cette tentation qui m’envahissait peu à peu. Nous nous protégions mutuellement et, même s’il était toujours l’homme de la situation, je savais être présente à ses côtés lorsqu’il le fallait. Même s’il m’avait abandonnée, je ne pouvais repousser toutes ces fois où il avait su être là. Jamais personne d’autre ne s’était montré aussi présent à mes côtés ni même mes parents qui, dans leur grande générosité, pensaient parfois trop à paraître de bons parents sans être attentifs à mes besoins primaires, celui d’avoir un chez moi avec des personnes qui m’entourent. Je ne leur en veux point puisqu’ils ont répondu au moindre de mes désirs mais c’est Scott qui a comblé le plus fondamental à mon sens, me sentir chez moi, dans mon propre foyer. Ce n’était pas tant l’endroit qui comptait mais bel et bien sa présence. Je perdis mon regard au fond de celui trop cristallin de mon interlocuteur, rappelée à un passé douloureux que je m’étais forcée de laisser partir, évanoui parmi les vestiges de mon chagrin.

Soufflant à nouveau sur mes mains comme pour éloigner le froid qui se faisait piquant mais en même temps revigorant, je décidai de rester sur mes réserves car, après tout, j’étais un tel débris après notre séparation que jamais, ô grand jamais je ne souhaitais redevenir cette Adriana-là. Au contraire, je m’étais battue pour devenir plus forte et j’allais mettre ces atouts en avant…si possible. J’écoutai donc, non sans une pointe d’angoisse, ses réponses à mes questions mais me promis de me faire le moins cérémonieuse qu’il soit. « Washington est une chouette ville, pleine d’opportunités. J’espère que tes projets vont repartir mais je ne me fais pas de souci pour toi, tout te réussit toujours. » Oui, il avait réussi et j’étais certaine que ce n’était qu’une mauvaise passe, il saurait s’entourer des bonnes personnes et rebondir, comme toujours. J’avais réussi, à moitié à vivre sans sa présence même si il n’y avait pas un jour sans qu’une de mes pensées lui soit dédiée donc il réussirait aussi. On apprend à vivre avec les épreuves après tout, ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort n’est-ce pas ? Ce proverbe m’a toujours paru un peu prétentieux m’enfin…Il en vint cependant à moi. Que dire ? Ma vie était plus monotone voire platonique qu’un roman d’amour pour ado pré pubères. Pourtant, il fallait répondre. « Je vis à Fairfax, j’avais besoin de calme, j’étouffai en ville. » Surtout après que tu m’aies laissé, les rumeurs ont vite balayé mon quotidien, on parlait mal de toi et de moi et je ne pouvais supporter ni l’un ni l’autre, ainsi, j’ai trouvé ma rédemption dans la sobriété de cette petite bourgade si l’on peut dire cela comme ça. « Je travaille en partenariat avec un centre de recherche océanographique à Washington. J’ai trouvé un travail et voilà, je me suis installée il y a peu. Je vis seule, peut-être un chien pour me tenir compagnie dans le futur mais vu que j’ai déjà du mal à m’occuper de moi, imagine que j’oublie ses repas….je n’aurai personne pour m’y faire penser. » Je lui adressai un large sourire, empreint de sincérité et de mélancolie. Il était celui qui repassait derrière moi lorsque j’oubliai quelque chose de vital. Je n’avais aujourd’hui plus ce soutien. D’ailleurs, j’ajoutai : « Tu sais Scott ça a été très difficile de t’oublier et je pense que je n’arriverai jamais à faire le deuil de notre relation mais…. » comment dire ce genre de choses ? Etait-ce trop égoïste de vouloir me préserver ? J’en doutais fortement mais quelque part, cela me déchirait mais je ne souhaitais plus être naïve, il fallait penser à moi. « …je veux vraiment aller de l’avant et avancer, je pense y être à moitié arrivée. Mais là, te voir…c’est dur et génial en même temps. Tu me manques tout le temps et je ne parle pas ainsi parce que j’appréciai notre confort, non c’est ton attitude, tes attentions qui me manquent. Pourtant, je me suis jurée que tu appartenais à mon passé et qu’on ne m’y reprendrait plus. Je pense que ce soir c’était juste parfait de se retrouver, de reparler mais qu’aujourd’hui, il faut voir le futur tel qu’il est. » Je parlais presque plus pour moi car comment refouler mes anciens sentiments ? Je n’ai jamais décidé d’y mettre un terme, on me l’a imposé et je fais rarement ce que l’on me dit. Du coup, je rajoutai pour que ce soit plus clair : « ça a été très dur de vivre sans toi, je pensais vraiment que tu étais le bon. Je ne t’en veux plus, tu avais tes raisons. Tout ce que je souhaite c’est que tu t’en sortes et que tout s’arrange et que tu sois épanouie dans ta vie. Je ne veux pas te ramener au passé sans cesse alors je crois que le mieux c’est qu’après ce soir, on fasse chacun notre chemin de notre côté. Je ne veux pas m’accrocher plus à toi, tu as choisi de vivre sans moi et je dois l’accepter. Et….tu mérites une belle vie Scott avec des enfants qui te rendent la pareille et une femme qui sera voir à travers tes problèmes, ce que je n’ai pas su faire. » Oulaaa j’étais partie loin, peut-être trop, de quoi lui faire peur mais je souhaitais me préserver et en même temps, cela ne ressemblait-il pas à un appel de détresse ?


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Posté le Sam 24 Oct 2015 - 21:36


Elle soufflait encore sur ses mains pour les réchauffer. Comme la première fois il retenait son envie folle de la prendre dans ses bras pour la réchauffer et de l’étreindre à l’infini. Mais cette fois encore il se retint par respect. Ce serait égoïste de vouloir se blottir contre elle comme si de rien n’était après tout ce qu’il lui avait fait. Alors, pour assouvir sa peine et ses regrets il se contenta de la contempler, comme au premier jour, comme un ange de beauté. Assis côte à côte sur les marches gelées, il sentait l’aura d’Adriana lui chatoyer le cœur, comme si son âme le caressait. Elle paraissait peu enclin à développer personnelle jusque-là. Elle venait de lui annoncer qu’elle vivait désormais à Fairfax, ce qui l’étonna puisque sa propriétaire habitait là-bas. Vraisemblablement elle avait trouvé un bon travail et s’était installée dans cet endroit calme, comme pour se reconstruire. Même si à ce moment-là elle semblait vouloir se montrer forte, il ne la connaissait que trop bien pour savoir qu’intérieurement il devait l’avoir détruite. Mais il était content pour elle. Content qu’au moins cette malheureuse expérience lui ai permis d’être plus forte. Elle méritait tous les bonheurs du monde, et parfois affronter son passé et ses anciens démons d’une manière dure et directe était la meilleure des façons pour avancer.
« C’est fou ça, ma propriétaire habite Fairfax » dit-il en souriant. La situation était cocasse et il en profita pour lui adresser ce premier sourire franc qui détendait un peu la pression de cette conversation. « Je suis content que tu ais trouvé un travail qui te plaise. Et je suis convaincu que tu trouveras la personne qu’il te faut un jour. Tu es la personne la plus agréable, brillante et belle que je connaisse. Un jour tu trouveras une personne à ta mesure » lui dit-il sincèrement. Même si cela lui brisait le cœur de l’imaginer avec quelqu’un d’autre il espérait plus que tout qu’elle réussisse et trouve quelqu’un qui la mérite et la remplisse de bonheur : un homme d’exception, un prince qui saurait la porter comme sa princesse.
Puis alors elle s’adressa à lui pour ce qui semblait être la dernière fois. Le ton chargé d’émotions elle lui avoua, à demi-mots, qu’elle ne souhaitait plus jamais le revoir, qu’il était temps de se dire au revoir et de tracer chacun son chemin. Comme une épine qu’elle lui aurait plantée doucement dans le cœur, cette nouvelle le percuta comme le KO final de la soirée. La gifle et l’uppercut aux entrailles assénées quelques minutes seulement auparavant n’avaient rien été face à cette révélation. Comment pouvait-il la perdre à nouveau alors qu’il venait à peine de la retrouver, elle, Adriana, cette femme en tout point parfaite qu’il avait tant aimé ? Mais à nouveau il se tut, accusant le coup en silence, conscient que cette décision n’était que la conséquence des erreurs qu’il avait commise et que cela était amplement mérité. Que pouvait-il lui répondre à ça ? Il ne pouvait qu’approuver et respecter son choix, même si au fond de lui il ne souhaitait qu’une chose lui crier que non, jamais il ne voudrait la perdre à nouveau, et que s’il le fallait-il la suivrait au bout du monde, qu’il la rendrait la femme la plus heureuse, qu’il se vouerait corps et âme à son seul et unique bonheur, qu’il ne l’abandonnerait plus, jamais. « Je… Je comprends » lui répondit-il dans un soupir tête baissée. Il essayait tant bien que mal de masquer à nouveau ses émotions et de respecter son choix. Il n’y avait rien à dire après tout, elle avait le droit à cela. « Je ne souhaite qu’une chose : ton bonheur. Et si cela signifie que ce soit la dernière fois que je te vois, alors je le respecterai. Mais sache Adriana, que toute ma vie je serai là pour toi si jamais tu avais besoin de quoi que ce soit. Tu es la meilleure personne que je n’ai jamais connue, et même si on ne se revoit plus, tu seras à jamais la propriétaire des pulsations de mon cœur. » Il la fixait à ce moment-là dans le plus profond du bleu de ses yeux et redoutait ce moment où il devrait lui dire adieu. Il venait à peine de la retrouver qu’il devrait s’en séparer pour toujours. Après son père il perdrait finalement la seule autre personne qui n’avait jamais compté pour lui. Adieu… il s’apprêtait à prononcer ses mots une nouvelle fois, comme il l’avait fait avec son père. Sa vie n’était tout compte fait qu’une série inéluctable d’au revoir et de chagrin. Il avait causé la mort de sa mère à sa naissance, son père était mort de chagrin et d’alcool à cause de la mort de sa mère, donc de lui, et maintenant son seul, son unique véritable amour s’apprêtait à disparaître de sa vie aussi. Il lui paraissait désormais clair que sa vie n’avait été qu’une succession de malheurs, que lui-même avait causé depuis son premier souffle. Son existence n’avait que pour seul but de rendre les gens tristes, tel un démon qui chassait tous les bonheurs de sa vie. Lui qui pensait avoir touché le fond du gouffre, découvrait à cet instant qu’il s’apprêtait seulement maintenant à ouvrir les portes de l’enfer. Il se releva alors des marches, puis se dressa face à elle. Cette dernière étreinte serait son crucifix.
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Posté le Sam 24 Oct 2015 - 22:19
 
Les revenantsScott & Adriana
Que de compliments…cela aurait pu être risible si la situation avait été autre. Hélas, j’étais désormais son inférieure lui qui se tenait debout face à moi. Je me sentais si proche et pourtant si loin de lui. Avais-je le droit d’exiger qu’il se tienne à distance ? Cela me satisferait-il au fond ? Je préférai peut-être encore le côtoyer malgré son futur bonheur naissant avec une autre que de ne point le voir du tout. Alors, je ravalai ma fierté et ne soufflai mot mais je me levai sur mes deux jambes pour être son égale. Je replaçai mes cheveux derrière ma nuque car ils balayaient désormais mon visage et je préférai dégager mes yeux afin de mieux l’observer. Je hochai la tête nonchalamment en le sermonnant presque du regard. « Tu es une personne à ma hauteur. Nous avons juste changé de destination à un moment, nos chemins ont pris deux directions différentes. » S’ensuivirent des mots qui me touchèrent plus qu’ils ne devraient. Cela laissait-il espérer quelque chose de plus ? Je chassai cette idée de mon esprit. Pourtant, je n’étais guère douée pour les choses de l’amour mais il y a une chose qui ne ment jamais, les émotions. J’avais besoin de ce contact, précaire, fragile mais si proche pour me donner du courage sinon j’allais m’effondrer. Je levai ma main dans le vide stoppant ma course un instant, figée entre deux réalités. La première, celle où mon cœur n’éprouvait que rancœur et où je souhaitais qu’il tombe du haut de ces marches futiles pour le mal qu’il m’avait causé et la seconde, bien plus douce et amère car cela signifiait s’ouvrir à nouveau où, éclairés par les phares qui battaient à tout rompre en quête d’une place pour un conducteur aguerri, nous nous faisions face et où j’étais sur le point de transgresser l’une des limites que je m’étais fixée.

L’oxygène semblait se raréfier, l’air se tarir tandis que je faisais un pas en direction de Scott, emprisonnant sa main dans la mienne. Je ne pouvais m’autoriser plus mais cela représentait déjà beaucoup. Je capturai ses yeux tissant un lien invisible qui le rattachait au présent pour ne pas qu’il faiblisse ni moi. Nous étions des adultes et nous ne pouvions plus nous comporter comme de frivoles adolescents n’est-ce pas ? Avais-je le droit d’envoyer balader toute convenance ? J’y songeais mais je me l’interdisais. Certains auraient sauté sur l’occasion mais j’étais trop bête parfois. Après, j’avais surpris quelques regards en coin de quelques midinettes qui cherchaient à rencontrer celui de Scott. Je n’étais guère jalouse car il se trouvait en ma compagnie mais il n’était plus mien même si ses mots soutenaient le contraire, je ne pouvais prétendre qu’il envoie paitre d’autres dulcinées. Je fis encore un demi pas et me retrouvais à cinquante centimètres de ce dernier pour chuchoter des mots que lui seul pourrait capter en penchant quelque peu ma tête à proximité de son oreille, quelques mèches blondes semant la zizanie dans sa nuque. De frêles frissons s’emparèrent de mon corps mais j’outrepassai ces prompts ennemis pour me concentrer sur ma tâche, sans faillir. « Tu n’es pas dépendant de moi Scott, tu es ton propre maître. Je ne suis pas sûre que nous puissions être amis, je ne crois pas en cette amitié après de tels sentiments, tu ne crois pas ? C’est pour nous épargner que je propose cela. Sache que tu me manques chaque jour depuis ce fameux jour. » Je laissai reposer ma tête vainement sur son épaule. Impuissante, je restais là à m’enivrer de son odeur si caractéristique, aux accents suaves et épicés. Je gardai ma tête enfouie contre son épaule et ma voix semblait venir d’entre plusieurs épaisseurs : « J’ai besoin de quelque chose là. Emmène-moi ailleurs, je veux que nous soyons tous les deux pour…. » et là, les petits curieux penseront que je souhaiterai une étreinte plus que passionné où la dextérité de Scott dans ce domaine n’étais plus à prouver mais mes jambes flageolantes me tenaient déjà péniblement debout alors n’imaginez guère un instant que je puisse être bonne à me trémousser autrement que dans mes rêves. Je ris silencieusement de mes pensées peu chastes et je continuai : « parler. Je veux que tu me parles, c’est tout. » C’était vague, peut-être aurais-je dû dire que je ne voulais pas rester seule ? Que je n’étais pas capable de rentrer chez moi dans cet état émotionnel ?


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Posté le Sam 24 Oct 2015 - 23:01


Elle se releva a son tour pour lui faire face et, après un moment comme d'hésitation; mis sa main dans la sienne. Ce simple contact, pourtant chaste, suffit a raviver en lui toutes les saveurs de son corps passées. Leurs regards étaient en communion; brillants d'intensité et témoins d'un silence qui en disait long. Ce moment paraissait gelé dans le temps, comme si leurs deux âmes avaient renoué avec l'infini; pourtant ce n'étaient que quelques secondes qui s'étaient écoulées. Sans pouvoir réfléchir davantage a la situation dans laquelle ils se trouvaient; Adriana posait déjà ses lèvres près de son oreille; susurrant des mots qui lui parcouraient tout le corps jusqu’à redresser les poils le long de son échine. Il sentit ses cheveux danser sur sa nuque et ferma les yeux automatiquement comme pour se projeter dans un rêve, celui ou elle lui déposerait un baiser dans le creux de la nuque comme elle le faisait quand ils étaient amant; son talon d'Achille; pour lequel il aurait bien voulu en être la victime chaque fois qu'elle l'aurait souhaité. Elle lui affirma alors qu'elle faisait ça pour eux; déposant au même moment sa tête sur son épaule. Il serait fort pour elle ce soir la; pour tous les deux. Sans se soucier des conséquences il osa cette fois porter ses bras autour d'elle et la serrer contre lui tandis qu'elle lui demandait un moment juste a eux. Juste pour parler selon ses mots.Il la serrait encore contre lui tendrement, posant sa tète contre la sienne, s'enivrant de son parfum  et de la douceur de ses cheveux fins. "Viens" lui dit-il alors enfin. Il lui releva alors le menton du bout des doigts; puis; après lui avoir passé sa veste autour de ses épaules il l’entraîna, blottie contre lui; vers sa Mustang garée non loin de la. Il lui ouvrit la portière; s'installa derrière le volant, démarra la voiture en lui lançant un regard comme pour lui dire que tout irait bien et s'engagea sur la chaussée; qui marquait symboliquement un tournant dans leur destinée...
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