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Posté le Ven 25 Sep 2015 - 14:55

 Et merde, l'emmerdeuse est là !
Jon & Saoirse
 
Un furtif coup d’oeil à ma montre me fait comprendre que ma libération a bientôt sonné. J’aime mon travail, j’suis irrémédiablement amoureuse de mes études. J’ne rate aucune occasion pour emplir mon petit cerveau d’informations supplémentaires et essentielles à mon apprentissage. J’me présente toujours à l’heure, un petit calepin engouffré dans la poche de ma blouse blanche prête à récolter le savoir de mon supérieur sauf que, comme tous les vendredis, mon engouement habituel s’annihile doucement au fil des minutes qui défilent. Le vendredi est synonyme de délivrance et d’envie de décompresser. Quoi de mieux que de passer ma soirée dans un bar accompagnée de quelques connaissances ? J’veux rire. J’veux m’amuser sans me prendre la tète. Sans penser à la gueule de mort vivant que j’aurai le lendemain. J’rassemble tout ce qui me reste de patience pour garder les yeux bien ouverts, faisant preuve de concentration hyperboliquement comique. J’dois faire preuve d’application alors que, scalpel dans la main, je suis les traces de mon superviseur. Jon. Ce bon vieux Jon et sa mine renfermée. J’ai un peu du mal à croire que cet homme a récemment atteint la trentaine. Il réagit comme un bonhomme grincheux et complètement hautain. J’aime, cependant, sa façon de parler de son travail. Passionné, oui il est extrêmement passionné et dans d’autres circonstances, j’aurai trouvé ce trait de caractère fatalement appréciable.

Blouse accrochée et sourire m’écorchant les lèvres, je finis de boutonner ma chemise avant de glisser mes pieds dans mes talons hauts. Un petit détour devant la glace pour discipliner mes cheveux et je suis enfin prête pour quitter la froidure de la morgue. A cette heure tardive, tout le personnel se trouve quelques parts de la ville. J’vais dans quelques secondes, suivre leur pas. Mon sac à main accroché à mon épaule, je commence à prendre le chemin accoutumé vers la sortie sauf qu’une lumière tamisée attire mon attention alors que je passe à coté de son bureau. Un soupir désabusé quitte ma gorge à l’évidence ô peu inattendue. Il est là. Comme l’homme des cavernes des temps modernes qu'il l'est, Monsieur Fraser se trouve dans son grand sanctuaire. Je pouvais parfaitement continuer ma route et faire comme si je n’ai rien remarqué. Je peux parfaitement taire mon envie de pousser cette porte et aller l’escagasser mais non … Ma main précède ma main en poussant la porte après avoir toquée. A l’aise, j’entre dans le bureau avant de m’appuyer contre le mur qui avoisine le portail de son engourdissement. Les bras soigneusement croisés sur ma poitrine, je l’observe, l’expression lasse et les lèvres pincées. « Vraiment ? » Un haussement de sourcil accentue ma mise en scène qui se veut tragique alors que je délaisse mon appui pour m’approcher de son bureau. En prenant place sur une chaise juste devant lui, je fouille dans mon sac à main et attrape un petit bout de papier où une adresse était notée. Je la laisse glisse doucement vers lui. « Tu sais pas ce que c’est ? » Toujours jouant sur la dramaturgie, j’enfonce une main dans mes cheveux pour les aplatir en arrière tout en reprenant la parole. « C’est un nouveau bar qui ouvre ses portes pour la première fois ce soir … ça te tente ? » Dis-je sur le ton de la confidence tout en posant mes coudes sur le bureau, les utilisant afin d’adosser mon visage sur mes paumes. Je sais. Sa réponse sera sans doute négative mais, j’ai pas encore dit mon dernier mot et Jon sait à quel point ma détermination est sans borne.      




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Dernière édition par Saoirse E. Caldwell le Jeu 15 Oct 2015 - 17:05, édité 1 fois
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Fairfax
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Posté le Ven 25 Sep 2015 - 22:02
l'emmerdeuse de ses nuits
Saoirse & Jon
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Les pieds sur Terre, l'esprit dans les airs, je fixais inlassablement cette lampe ornant mon bureau. Point de chute d'une bien triste journée, j'essayais de faire le vide, chose peu difficile à vrai dire. Un grain de poussière vint se poser sur l'abat-jour. Désappointé, je bondis dessus, m'armant d'un gant plastique pour nettoyer cet invité non-désiré. Mon téléphone vibra, me faisant comprendre qu'il était temps de rentrer et de ne plus s'attarder au travail. Les morts n'attendent plus rien, alors que les vivants, eux, ont encore la vie devant eux. Je savais que, demain matin, j'allais pouvoir les retrouver et qu'ils auraient peut-être de nouvelles choses à me raconter, à m'apprendre, pour apporter un peu plus de justice dans ce bas-monde. S'il y avait bien une chose qui ne me laissait pas de glace, c'était mon travail. Je m'y prenais mieux avec les macchabées qu'avec mon entourage. Cette nouvelle interne ne faisait pas figure d'exception. Je sentais son agacement par moment et aussi, je la plaignais d'être tombée sur un mentor pareil. Intérieurement. Mais je savais très bien que je ne pouvais pas être pire que mon propre supérieur, qui lui, pour le coup, était totalement déluré. J'ôtais ce fichu gant en plastique pour remettre ce qui aurait du être une alliance.

Saoirse m'échappait. Dans tous les sens du terme. C'était un brin de vie, de folie, dans un monde complètement.. Déserté par l'inertie véritable de la vie. Non, elle était elle et ce elle me perturbait autant qu'il m'intéressait. Et ce qui me faisait perdre encore plus le peu d'équilibre mental qui me restait, c'était de me surprendre à penser à elle. Paniqué, je m'empressais à me saisir d'un dossier, lisant les indices, faisant quelques connexions logiques alors. Ce n'est que sa voix qui eut l'effet de me troubler dans mon raisonnement. Appuyée sur le mur, l'air désespéré sur son visage, j'arquais un sourcil en réponse. « Quoi ? » Je l'observe s'approcher de mon bureau. Miracle, elle ne s'était assise sur les dossiers. « Ah je croyais que c'était ton adresse. Bon ce qui est pratique, c'est que je saurais où te trouver si tu rejoues les éléphants roses. » Je baissais alors la tête, tentant à nouveau de me replonger dans le dossier. J'avais besoin d'un verre, mon corps commençait à le réclamer mais quelque chose me retenait. J'avais peur. Le grand Jon Fraser était pétrifié à l'idée de perdre le contrôle le temps d'une simple petite soirée. Saoirse m'impressionnait par sa ténacité dans le travail, c'était une personne brillante, cultivée et intelligente. Pourquoi est-ce que mon cerveau avait besoin de se convaincre de ses qualités comme pour me rappeler qu'elle n'en restait pas moins une femme. Finalement, je relevais la tête, prenant une mine sérieuse. Le regard impassible, je la fixais, elle et ses traits. « Une femme arrivant seule dans un bar a autant de chance d'avoir toutes ses boissons payées par un inconnu que de céder à ses avances, ce qui est un schéma logique entre une femme et un homme en manque d'affection ou de rapports, et parfois il lui arrive même d'être retrouvée sur une scène de crime. C'est un fait. » Je baissais la tête à nouveau, griffonnant quelques notes sur une feuille de papier. Dire ça ou que demain, il allait pleuvoir était du pareil au même. C'était dans ces moments-là que je regrettais d'avoir à assumer des rapports sociaux. J'étais particulièrement mauvais.


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Posté le Ven 25 Sep 2015 - 23:57

 Et merde, l'emmerdeuse est là !
Jon & Saoirse
 
L’expression faussement outrée, je fronce sommairement mon museau ainsi que mes sourcils. L’homme des cavernes semble totalement désintéressé par le petit bout de papier. Il se permet une petite blague qui, avouons-le, reste incroyablement décalée. Bon sang, il trouve toujours un moyen de remémorer cette soirée où j’ai perdu pied en consommant un peu trop d’alcool. A vrai dire, j’ai bu juste trois verres mais ma nature peu tolérante à toute substance drogueuse ne s’est pas montrée clémente et m’a fait zigzaguer entre le corps de Jon et les murs des ruelles. Cependant, malgré la gêne occasionnée à ce souvenir loin d’être glorieux, je ne montre aucun signe de faiblesse ou presque. Affichant même un petit sourire taquin, faisant plisser mes yeux d’une manière mesquine. « Drôle de façon de me demander mon adresse. » Mon sourire s’agrandit un peu plus devenant un brin joueur. La gêne n’est qu’une désagréable ombre ayant survolée mon visage le court d’un instant. Maintenant, mes traits sont habités par mon envie de brimer son esprit et surtout de jouer sur ses mots. « Et je ne vais pas jouer les éléphants roses si tu n’es pas là. Où est le fun de t’embêter sinon ? » Les épaules haussées, mes paroles sonnent comme une évidence à mes oreilles. Habituellement je ne bois pas. Habituellement, je tiens à mes limites et refuse catégoriquement de les dépasser. Mais toutes mes bonnes résolutions s’évaporent lorsqu’il s’agit de lui. C’est comme si je voulais toujours le pousser à bout afin de creuser et apercevoir son vrai visage et non le masque impassible qu’il affiche en permanence. Et même si j’étais dans un état lamentable, je ne regrette pas cette soirée. Jamais.

Mon invitation est rapidement déclinée après des spéculations qui me font cligner les yeux d’une manière désordonnée. Lorsque ses mains reprennent un dossier ignorant royalement le bout de papier, un rire quitte le parage de mes lèvres. Doucement, je me redresse de ma chaise afin de contourner le bureau. Non, je ne vais pas partir. Je viens d’arriver et puis, j’me suis promis de ne pas quitter cet endroit toute seule. Posant mes fesses sur les dizaines de papiers qui ornent son refuge professionnel, je croise les bras et les jambes, le regardant longuement. Silencieusement avant de pousser un long soupir. « Tu sais, tu viens de me donner une nouvelle raison pour t’emmener avec moi. » J’essaie de chercher mes mots, les aligner fictivement avant de les laisser sortir d’entre mes lèvres toujours étirées dans un petit sourire en coin. « N’ayant aucune envie de me retrouver sur une scène de crime et encore moins d’être embêtée par un quelconque lambda, je compte sur ta précieuse présence pour me protéger. Jon le protecteur, ça sonne bien. » Je lève la tète comme bouffée par mes réflexions instantanées suite à ce petit surnom improvisé. Finissant par hausser les épaules, j’utilise ma main droite afin de glisser une nouvelle fois le papier où l’adresse du bar était notée. « Alors Jon le protecteur, veux-tu accepter d’être le garde du corps de ma humble personne ce soir ? » J’avoue, je suis bien installée dans mon petit jeu de la chieuse du service, celle qui abuse un peu trop de l’impassibilité de son patron. Ah oui, il peut parfaitement me jeter comme un sac à merde mais il ne fait rien alors je continue sur ma lancée. Sans gêne, sans l’once d’un doute. « C’est moi qui paie et promis … j’ne vais pas sortir mon costume d’éléphant rose ce soir. » Formant un poing dans l’air, qui se veut un signe déterminé, j’ajoute en me redressant sur mes deux pieds. « Ce n’est qu’un verre, j’ne vais pas te bouffer » Secouant la tète pour témoigner la vivacité de mes mots, je ferme les dossiers qui se trouvent sur son bureau et le regarde interrogatrice. Non, je ne lâche pas prise.                  




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Posté le Sam 26 Sep 2015 - 1:06
l'emmerdeuse de ses nuits
Saoirse & Jon
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Sa répartie, forte d'un esprit enfantin mais d'un vrai sens de la rhétorique, m'amusait. Elle m'arracha un sourire, alors que je réussis enfin à décoller mon nez du dossier. Mes yeux préférèrent les traits de Saoirse, ce qui avait le don de m'exaspérer mais aussi d'adoucir mon regard, parfois trop dur, trop impassible. J'en avais conscience de temps à autres mais ce n'était qu'un mal pour un bien. Ce que je prenais pour un besoin vital de rejeter ce drôle d'énergumène se transforma gracieusement en un jeu, entre nous. Nous ne connaissions pas encore les règles car c'était encore à nous de les établir. L'épisode de l'éléphant rose passé, je compris alors qu'il y avait une grande flexibilité dans nos discussions. Je ne pouvais plus m'empêcher de calculer, sauf avec Saoirse. Je devenais plus spontané, plus déphasé, plus à même de démontrer que quelque chose ne tournait pas tout à fait rond dans mon univers. Bouche légèrement bée, je secouais vigoureusement la tête. « En général, un éléphant ça se suit à la trace, y'a pas besoin d'adresse.. Mais tu me trouveras ici, demain et t'auras tout le loisir de pimenter ma journée. » Pimenter. Elle apportait de la saveur et de la lumière dans une vie qui était devenue trop sombre et même si je refusais de le reconnaître, elle apportait et dégageait ses bien-faits à chaque fois que ses pas effleuraient le sol et qu'un sourire se dessinait sur ses lèvres. Douces et délicates. Je ne la voyais plus comme une simple interne mais comme une personne, une femme et c'était bien à tout son désavantage. Peut-être que tout ceci n'était qu'illusion, que mes yeux ne soient finalement abusés par la réaction chimique qu'elle provoquait dans mon cerveau. Le premier refus avait été prononcé, je venais de le réaffirmer. Une partie souhaitait et s'inquiétait de la savoir seule, sachant pertinemment ce qui pourrait se passer mais d'un autre côté, je ne voulais pas jouer avec le feu, de peur de finir complètement carbonisé.

Son rire caresse mes oreilles, entraînant un deuxième sourire. Ce dernier s'estompa à mesure que Saoirse s'approchait de ce que je considérais comme mon espace vital. J'observais son postérieur se poser sur mes feuilles, mes notes et autres documents. Mon regard perçant fixa l'énergumène. Jon le protecteur.. Je ne pus retenir un rire légèrement moqueur. « Qui te dit que je suis le protecteur et pas le bourreau ? » Finalement, je ne répondis pas à sa question, jusqu'à ce qu'elle ferme le dossier sous mes yeux. Elle proposait de payer, elle, qui était encore étudiante. Elle était prête à tout pour m'amener avec elle et je sentais la pression dans son regard qui ne saurait essuyer un refus ferme et définitif. « Que tu paies pour te retrouver au premier Starbucks à crier des prénoms que personne ne comprend ? Tu seras mieux ici que derrière un comptoir et ça serait gâcher les talents que je te transmets. » Je me levais de ma chaise, enlevant ma blouse pour la poser fièrement sur le porte-manteau du bureau. Je la troquais pour une simple veste en cuir ainsi que ma saccoche. « Je te suis. » J'ouvris alors la porte, manquant de la lui refermer sur son visage de peu. L'habitude prise quant à la solitude me rendait particulièrement détestable, apparemment. J'avais les yeux rivés sur la route, ils n'osaient s'aventurer nulle part ailleurs, si ce n'était mes pieds. La nuit était fraîche et l'alcool était sûrement le meilleur moyen pour se réchauffer. Je sifflais un taxi, marmonnant au chauffeur l'adresse du nouveau bar qui occupait les pensées et les envies de Saoirse. Du moins, je le pensais. Une fois sur place, et malgré les personnes agglutinées devant, l'ambiance avait l'air bonne, convenable plutôt. Je glissais un billet au taxi  alors que mon autre main effleurait la cuisse de la jeune femme. « Gardez la monnaie, bonne soirée. » Sortant en trombe du taxi, manquant de finir à même le sol, je me précipitais sur la portière de l'autre côté du véhicule afin de rattraper ma maladresse précédente. Enfin, l'une de mes maladresses. Je pris une grande inspiration, ce n'était qu'un verre après tout.


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Posté le Sam 26 Sep 2015 - 10:29

 Et merde, l'emmerdeuse est là !
Jon & Saoirse
 

« Je ne suis pas un éléphant comme les autres et … ton invitation n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd. »
C’est plus fort que moi. J’essaie de mesurer mes mots, d’être réfléchie avant d’entrouvrir mes lèvres afin de laisser mes pensées se personnifier. Mais … toute cette situation m’amuse tellement que je deviens de plus en plus aisée en sa compagnie ne pouvant pas m'empêcher de répondre du tac au tac. C’est grisant et très dangereux. Et je suis une fille qui a trouvé son confort dans un monde immaculé de risques. Je me retrouve à actionner une alarme scabreuse sans avoir l’envie de m’arrêter. Son rire qui remplace l’étirement de ses ourlets me réconforte dans l’idée de me retrouver sur la bonne voie ; j’arrive à le détendre. J’arrive à apercevoir autre chose que sa figure fermée, peu encline à la discussion. Le petit son mélodieux de sa gorge fait naitre des petits frissons le long de mon échine et c’est agréable, très agréable au point de le regarder hébétée. Admirative, me perdant un instant dans un silence loin d’être pesant. « Une intuition féminine ? » A dire vrai, je ne le connais pas réellement. Je sais juste qu’il est extrêmement doué dans son domaine professionnel tout en étant un réel misanthrope lorsqu’il s’agit de converser avec ses congénères. Je sais aussi qu’il ne se sépare jamais de son alliance, de quoi le rendre encore plus mystérieux. Et j’aime le mystère. Ca excite mes sens et augmente mon envie de fouiller. A ses mots, je me contente de me frotter l’arrêt de mon nez en murmurant un simple petit « Hum. » mais lorsqu’il se retourne, je mime un « Grincheux » d’une voix inaudible. Attrapant mon sac à main et l’adresse griffonnée dans un bout de papier, je le suis. Dans un premier temps, je me surprends à apprécier sa galanterie néanmoins lorsque la porte avait risqué d’exploser mon nez, mes idées d’appréciation s’évaporent instantanément. Je me frotte le visage non sans rire. Vraiment, un vrai grizzli.

Je le regarde sans aucune discrétion. Les mains engouffrées dans les poches de mon manteau, je m’amuse à le voir éviter soigneusement de croiser mes iris. Il a sûrement envie de se retrouver ailleurs mais pas de bol, mes arguments de petite chétive ont eu raison de son âme d’ange gardien impromptu. Dans le taxi, je me frotte les mains et observe les paysages défilés rapidement. Il a suffit de quelques minutes pour arriver sur place. Je m’apprête à payer mais Jon me devance, frôlant par la même occasion ma cuisse. Une nouvelle vague de frisson prend possession de mon corps et ce n’est pas un bon signe. C’est jamais un bon signe. Renfermant le col de mon manteau, je glisse sur le coté pour descendre n’arrivant pas à retenir un sourire amusé lorsque Jon esquive une chute certaine. Il arrive tant bien que mal à ouvrir la portière et laisser mes pieds dénudés toucher la terre ferme. « Merci. » Une fois mon sac ajusté sur mon épaule, je glisse mon bras vers le sien avec commodité, à dire vrai, je ne lui laisse aucun choix pour se dérober. Marchant bras dessus bras dessous, je m’approche de la porte d‘entrée où germent des petits oiseaux de nuit impatients de faire la fête. De mon coté je fais un signe de main au videur qui, après un grand sourire, nous ouvre l’accès. Je tire Jon à l’intérieur, prenant quelques secondes pour apprécier la chaleur qui émane dès qu’on pose les pieds dans cet antre de divertissement. Le décor est plutôt minimaliste mais ce qui attire réellement mon attention, se trouve au fond de la salle ; un box de Karaoké. Ah oui, je vais vraiment m’amuser ce soir. Je prends toujours les rennes en nous dénichant une table avoisinant un des murs où plusieurs tableaux de différents artistes sont accrochés. Je retire mon manteau afin de le poser sur une chaise vacante et prends place, déposant les mains à plat sur la table. « Voilà ! C’est sympa non ? C’est un peu mieux que le froid de la morgue surtout pour un vendredi soir. » Je hausse les épaules et tourne la tète vers la liste des boissons accrochée par-dessus le bar. Il me faut quelque chose de pas très fort, je n’ai pas envie de concurrencer avec les plus grands soûlards de l’histoire. Lorsqu’un serveur arrive, je le regarde en souriant. « Alors ! Je prends un Quintessence 5 ainsi qu’un hamburger au paprika et plein de ketchup sur les frites s’il vous plait. Merci ! » Je tourne ensuite la tète vers Jon attendant sa commande.  




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Fairfax
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Posté le Sam 26 Sep 2015 - 12:40
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Lorsqu'on m'avait dit que j'allais devoir superviser un étudiant, je pensais sérieusement à une blague. Après tout, je venais d'arriver à Washington et pourtant, il fallait croire que ma réputation à Los Angeles me précédait. J'aimais mon métier, j'y consacrais une telle fougue que mon nom était associé avec rigueur voire même zèle. Mais ce qui était dit aussi, c'était que, même si j'étais assez étrange socialement parlant, je n'en restais pas moins quelqu'un de jovial, d'agréable. Entre temps, je m'étais complètement perdu. Dramatique, je préférais la compagnie des morts parce que je savais que je n'avais rien à craindre d'eux et que je pouvais les aider sans essuyer aucun refus. Les êtres vivants eux, sont tellement plus complexes. Je ne les comprends pas toujours et c'est qui me pousse à rester tard au travail. Je les évite, préférant le confort de ma grotte aux lumières extérieures. Et pourtant, tout ceci était sur le point de changer. Saoirse était un remède à mes maux même si je vivais encore dans le déni. Je ne voulais pas l'admettre, même si son sourire me donnait l'impression que la vie valait toutes les peines. Son sérieux mais surtout son humour étaient loin de me laisser de marbre. Oui, j'ai souris. Un véritable miracle et mon muscle zygomatique me le rappelle dès qu'il le peut. C'est nouveau, ça tire légèrement mais finalement, ce n'est pas si désagréable. Je me délectais de sa compagnie, je ne faisais pas que la tolérer simplement comme je pouvais tolérer mes autres collègues, je commençais à prendre goût à nos discussions et au son de sa voix. Quelque part, c'était affreusement étrange mais d'un autre côté, l'étrange ne m'a jamais vraiment effrayé.

Je sentais son regard sur moi. Les mains posées à plat sur mes cuisses, je fixais la route, tout en vérifiant brièvement que ses yeux ne soient plus sur moi. Echec cuisant, elle ne m'avait pas quitté des yeux. Mes joues virant écarlates, je m'étais empressé à sortir du véhicule, au point de manquer de peu une chute mémorable et impossible à imputer sur le compte de l'alcool. Du moins, pour le moment. J'offris un sourire gêné ainsi qu'un hochement de tête lorsque l'énergumène me remercia. Alors que je pensais être de nouveau maître de mes émotions -inexistantes de préférence, cette dernière attrapa mon bras qui eut pour seul réflexe de se tendre pour mieux se raidir. Surpris par la nouveauté de ce contact, je troquais l'embarras pour de la curiosité et un sentiment de délectation provoqué par la chaleur humaine. Visiblement dans son élément, l'étudiante fit signe au videur qui nous laissa entrer comme s'ils se connaissaient depuis la maternelle. Enfin, comme si. « T'as l'air de bien le connaître.. C'est comme ça avec tous les videurs de la ville ? » La maladresse frappa à nouveau. Alors que je voulais simplement poser une simple question, il y avait toujours ce sous-entendu latent. « Enfin, non.. Quand ils voient une jolie femme, ils la laissent rentrer et.. Je crois que j'ai besoin d'un verre. » Je perdais littéralement mes moyens -le peu que je pouvais avoir à vrai dire, et essayer de rattraper les choses me donnait l'air d'un imbécile. La table qui avait retenu l'attention de Saoirse s'apparentait à une vraie galerie d'arts privée. J'esquissais un léger sourire avant d'enlever ma veste. L'ambiance, vite chaleureuse, me força à quitter mon pull, alors que nous étions tous deux d'accord sur un point : rien ne pouvait être moins chaleureux qu'une morgue. « Ce sont pas vraiment les lieux qui sont chaleureux mais les personnes je pense. Si on les amène dans la morgue, ça pourrait être la même ambiance. » Peu convaincu par mes propres propos, le serveur vient à mon secours. Lorsqu'elle précisa la dose de ketchup sur les frites, un rire m'échappa. C'était une grande enfant et j'enviais sa capacité à être aussi naturelle spontanément. « La même chose, avec une Smithwicks, en pinte s'il vous plait. » L'homme part en dévisageant Saoirse alors que ma mâchoire se serre et que mes sourcils se froncent. Elle réveillait de vieux instincts que je pensais disparus à tout jamais.


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Posté le Sam 26 Sep 2015 - 14:16

 Et merde, l'emmerdeuse est là !
Jon & Saoirse
 
Suis-je aussi impressionnante pour animer son visage dans diverses couleurs principalement rouge écarlate ? La question tourne en boucle dans ma tète sans pour autant arriver à trouver une réponse claire et concise. La seule réponse potable que j’arrive à accepter était liée à sa nature peu sociable lorsqu’il s’agit du sexe opposé. C’est vrai, je ne l’ai jamais entendu parler d’une femme. Les rares moments où il prend part aux discussions étaient surtout pour parler de ses théories d’une quelconque scène de crime. Le monde obscure des homicides n’a aucun secret pour lui mais puis-je dire la même chose concernant la gente féminine ? J’ai des sacrés doutes. Et cette impression se renforce suite à ses mots pleins de sous-entendus auxquels je réponds par un simple petit sourire confus. Son envie de se rattraper ne fait que l’enfoncer dans l’embarras et me donne une nouvelle raison de rire. Sans moquerie, sans taquinerie. Juste l’envie de rire chaleureusement à cette image peu accoutumée qu’il projette à l’heure actuelle ; oui Jon est mal à l’aise en compagnie des êtres humains spécialement les femmes. Peut-être que ça a un rapport avec l’alliance collé constamment à son annulaire ? Ma curiosité se manifeste. Et elle est franchement affligeante me poussant inconsciemment à froncer du nez et me mordre la lèvre inférieure tout en me perdant dans la liste des boissons proposées. Heureusement que Jon arrive à m’extraire de ma torpeur non-désirée. « Possible oui mais je pense qu’inconsciemment la mort apporte un air glacial même pour un grand fêtard. Donc même si la personne est chaleureuse de nature, elle sera tout de même désorientée face à un cadavre, du moins, au début. » La question me plonge dans mes pensées comme cherchant intérieurement à vérifier leur authenticité. Finalement, la présence du serveur m’aide à oublier cette question existentielle et me focaliser sur mon ventre criant famine.


A nouveau seul, mes lèvres s’entêtent à rester closes. Bon sang où est partit mon amour extravagant pour la parole ? Habituellement, je suis extrêmement bavarde, trouvant toujours un moyen de parler de tout et de rien. Là, je me retrouve muette à regarder Jon. Me rendant petit à petit compte d’une évidence que je cherche désespérément à cacher ; il m’intrigue. Beaucoup trop. J’apprécie sa compagnie alors qu’il représente toutes les aversions que je déteste chez un homme. Il est hautain, maladroit, farouche et la liste est longue pour la compter dans sa globalité et pourtant, pourtant tous les chemins me mènent à lui. Comme s’il y avait une force invisible qui me pousse toujours vers l’inévitable. Et ça m’effraie, ça m’effraie tellement. « Je connais le videur d’un autre bar. Ma manie de sortir beaucoup le soir m’a permis de faire plein de connaissances. » C’est futile. Ma façon désespérée à lui montrer que je ne suis pas le genre de fille à voir droite et à gauche est complètement puérile. Mais j’avais besoin de mettre les points sur les i histoire d’éviter les préjugés auxquels je suis plutôt habituée. La musique de fond arrive à couvrir le silence que je n’arrive pas à rompre. Disons plutôt que j’ai dans ma réserve une horde questions mais la peur de passer pour une enquiquineuse professionnelle me paralyse complètement. J’arrive, cependant, à la dépasser, m’approchant légèrement de lui. « A part le travail et les macchabées tu n’as pas d’autres centres d’intérêts ? Moi j’aime la musique ! Je joue du violoncelle depuis toute petite d’ailleurs, j’ai des photos vraiment comiques de moi tenant mon instrument. Il était bien plus grand que moi. » Et je ris. Il n’a pas demandé à connaitre ma vie ô combien trépidante mais je me suis lancée et me connaissant, je ne suis pas prête de m’arrêter. « Et la danse aussi ! J’ai commencé avec la danse classique mais bon … ça remonte. » Soudainement mal à l’aise j’ordonne à mes lèvres de se taire tout en raclant la gorge. C’est qu’il me fait perdre mes moyens, fatalement.      




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Posté le Sam 26 Sep 2015 - 15:24
l'emmerdeuse de ses nuits
Saoirse & Jon
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Les vivants étaient perturbants, les femmes étaient intimidantes mais Saoirse, elle, était un mélange de tout ce qui pouvait peur tant tout semblait plaisant chez elle. Sa conversation était riche, elle deviendra une excellente légiste et pas seulement grâce à moi, mais, surtout, j'avais l'impression de voir une personne chaleureuse et lumineuse. J'avais peur de la gâcher parce que, finalement, j'excellais là-dedans. Je ne voulais pas me tromper et montrer mes faiblesses aux autres, quitte à passer pour un monstre froid, insensible et complètement déphasé. Saoirse perturbait mes plans de protection. J'étais déchiré entre l'idée de pouvoir être spontané et de rester tel que je la laissais me voir. Un rapport assez superficiel en apparence mais, finalement, d'une profondeur telle que mon estomac commençait à être noué. Le problème avec la gente féminine, ce n'était pas vraiment de se trouver en leur compagnie mais plutôt de faire face au flot de questions qu'elles engendraient. Je ne savais pas comment les décortiquer, ne sachant pas par où commencer pour les analyser. Oui, je les analysais, comme tout et sans forcément m'en rendre compte. C'était un réflexe, un geste simple et spontané. Le seul chez moi d'ailleurs. Les lieux étaient chaleureux enfin, réellement chaleureux, lorsqu'ils étaient remplis de personnes vraies et rayonnantes. Malgré la chaleur de Los Angeles, c'est une ville que je trouve désormais froide et mesquine, dangereuse, brisant corps et âmes. Mais Saoirse n'avait pas tort. La mort affectait les gens et quoi de plus normal. Il n'y avait que les sociopathes pour ne rien ressentir, si ce n'était de la joie ou de l'excitation, à son égard. « Je trouve que tu t'es bien accommodée. » Je me raclais la gorge, deuxième compliment dans une même soirée. Et puis, finalement, je fus rattraper par mes démons. « Enfin malgré ton air blafard parfois, t'es aussi livide qu'eux. Le premier jour, j'ai failli te confondre et ça aurait pu être vraiment regrettable de finir sur ma table.. » J'esquissais un léger sourire avant de passer ma main derrière ma nuque. Je faisais des efforts, tentant maladroitement de m'essayer à l'humour.

Le serveur intéressé partit alors que mes yeux restaient rivés sur lui jusqu'à ce qu'il passe dans la cuisine transmettre nos commandes. Un léger silence s'était installé entre nous mais je ne m'en rendis même pas compte. Je dépliais enfin mes mains, tournant la tête vers Saoirse et son amour pour la musique et la danse aussi. Nos boissons arrivèrent alors que je m'apprêtais à ouvrir la bouche. Je n'insinuais rien sur sa vie, ni même sur elle, du moment qu'elle était excellente au travail, je n'avais rien à dire. Légèrement gêné, je jouais avec le dessous de verre. « Et ton amour pour le ketchup sur les frites aussi, non ? » Je pris une longue gorgée de ma pinte, absorbant un tiers de cette dernière. Je ne me rendis pas compte que la mousse venait de se mêler à ma barbe plus que naissante. « J'ai fait de la musique aussi, pas du violoncelle, j'étais trop grand et l'instrument trop petit par contre, du coup j'ai essayé autre choses.. Mais ce qui me manque le plus, ce sont de bonnes vagues. J'étais bon à ça et puis je me suis fait mordre par un requin. » Fier de raconter cette histoire, j'échappais un rire taquin. « Un bébé requin mais un requin quand même. » Et j'en gardais une marque sur le tibia. Finalement, nos burgers daignaient montrer leur bout de Bun. Le serveur se mit à coller Saoirse, la gratifiant de regards lubriques. Néanmoins, il avait oublié son ketchup sur ses frites et j'y avais accordé une importance particulière, sans vraiment savoir pourquoi. Peut-être parce que si elle l'avait précisé, c'était qu'elle y tenait.  Je relevais la tête vers lui, lui lançant un regard aussi noir que possible. « Il manque quelque chose. » Il s'en alla aussitôt alors que je commençais à marmonner quelques paroles dans ma barbe. Il s'agirait de penser à satisfaire ses clientes pendant son service au lieu de penser aux siens après le travail. C'était un homme primitif, incapable de retenir une simple demande. D'un bond, je partis me planter devant lui, lui offrant un sourire glacial. Je pris la bouteille de ketchup sur son plateau, l'empêchant de retourner à notre table et de nous contaminer avec ses instincts primaires. « Voilà, ton voeu est réalisé ! » Je repris place à ses côtés, buvant à nouveau une longue gorgée de ma pinte avant de déguster à pleines dents mon burger, qui était vraiment bon. Pas le meilleur mais quelque chose le rendait spécial.


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Posté le Sam 26 Sep 2015 - 17:08

 Et merde, l'emmerdeuse est là !
Jon & Saoirse
 
C’est facile de gratifier quelqu’un de compliment. C’est agréable d’être récompensé lorsque notre observation fait l’unanimité. Je ne suis pas bien différente des autres ; j’aime quand on me complimente sans pour autant être vaniteuse. Mais le petit éloge de Jon avait un gout bien différent ; ça engendre de la fierté. Si les remarques des gens m’apportent une certaine sérénité et confiance, celles de Jon m’emplissaient d’une envie hyperbolique de vouloir me surpasser. C’était comme si je refusais de le décevoir. Comme si son avis comptait énormément à mes yeux. C’est pour cette raison que mes prunelles s’illuminent à ses paroles et qu’un sourire assez grand se dessine sur mes lèvres malgré son humour fichtrement décalé. Toujours du tac au tac, je lève ma main dans un signe de serment, redressant le buste et prenant un air faussement sérieux, je bombe mes lèvres avant de dire. « Promis je ne raterai plus mes séances de bronzages parce que je suis encore jeune pour me retrouver sur ta table même si, quelques parts, ça représente un honneur pour ma petite personne. » Partant à nouveau dans un rire franchement débile, je ne remarque pas la présence du serveur encore moins ses regards langoureux qui se font indiscrets. Je suis tellement prise dans la contemplation de la mousse rebelle qui embrasse la barbe de mon supérieur pour jouer les observatrices passives. D’ailleurs, incapable de contenir ma main encore longtemps, cette traîtresse se relève afin d’essuyer les traces blanches non sans dessiner un sourire sur mon visage. J’aurai qualifié mon geste de déplacé mais aussi de spontané dans le sens où j’aurai fait la même chose pour une de mes connaissances. Ou presque.

J’essuie ma main dans un petit mouchoir avant de relever les yeux vers Jon. Je ne peux empêcher un air hébété voire totalement confus. Il a retenu ma petite recommandation alors que, précédemment, j’ai rapidement donné ma commande au serveur, m’enfermant dans ma petite bulle familière. Reprenant ma respiration, je hoche la tète positivement sans pouvoir ôter mes prunelles de lui lorsqu’il commence à parler. Et il parle. Il se contente pas de lancer des réponses en micro syllabes non, il parle réellement, me faisant partager son expérience qui, sur le coup, me fontt éclater de rire. « Sérieusement ? Tu es ce qu’on appelle un survivant alors ! Et si tu voyais les vagues à Miami, elles sont parfaites. » Je soupire longuement en plongeant involontairement dans les images du passé. Ma ville a laissé un réel vide dans mon existence même si je ne rate jamais une occasion pour y passer mes vacances. Une autre information retient mon attention, ne m’empêchant pas de revenir là-dessus. « Tu as fait de la musique ? Quel instrument ? » Et c’est vrai. De part son caractère peu flexible, Jon était impressionnant par sa taille. Il arrive à écraser n’importe qui avec sa carrure. Mon petit mètre soixante huit me rendait fatalement insignifiante et profondément ridicule à ses cotés. Mes phalanges au bout soigneusement manucurés, attrapent mon verre pour tremper mes lèvres dans le liquide rosâtre avant de baisser les yeux vers mon assiette où un ingrédient essentiel manque à l’appel. Bombant les lèvres dans une mine désappointée, je remercie quand même le serveur. Je ne suis pas chiante même si je tiens à mon ketchup. J’ai appris à accepter ce qu’on me donne sans essayer de quémander plus alors je me tais. Ce n’est pas le cas de Jon. De nouveau abasourdie, je le vois marmonner dans sa barbe après une remarque sur un ton acerbe lancée au jeune garçon. Je hoche les épaules m’apprêtant à oublier cet épisode mais encore une fois, Jon joue aux imprévisibles. Et il l’était. Complètement. Ma tète suit ses déplacements ainsi que son échange visuel avec le serveur aux regards libidineux. Fidèle à lui-même, ses expressions me glacent le sang cependant, toute trace de confusion disparaît quand la bouteille tant convoitée, entre dans mon champ de vision. Levant mon museau vers lui, je fronce les sourcils. Il a non seulement mémorisé mon amour pour le ketchup sur les frites mais en plus il s’était démené pour m’apporter l’objet de mes désirs momentanés. J’ignore comment interpréter son geste alors, je me contente de lui offrir un sourire sincère. « Tu vois, tu es Jon le protecteur. Je n’avais pas tort. » Avalant un clin d’œil, j’enfonce mes dents dans mon burger sans aucune délicatesse, poussant instantanément un son d’appréciation. J’avale difficilement avant de m’exclamer. « C’est presque aussi bon que mes sushis ! Oh t’aime la nourriture asiatique ? Je suis une vraie mordue du Japon et des mangas. » Spéculant sur sa réaction, je lève un doigt menaçant. « Et je t’interdis de dire que ce sont des trucs pour gamins, c’est faux. » Ma tète se secoue négativement alors que je déguste une frite baignée dans la substance rouge et délicieuse. Il en faut peu pour me faire plaisir, finalement.




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Posté le Sam 26 Sep 2015 - 18:23
l'emmerdeuse de ses nuits
Saoirse & Jon
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Le roi des glaces que pouvait être mon coeur commençait à fondre. Il n'était pas question de réchauffement climatique mais de réchauffement Saoirstique. Ses yeux sur moi me rendaient vivant, je sortais enfin de mon cynisme pour oser parler, confier et rire. Je l'appréciais, peut-être un peu trop. Ou plus que je ne l'imaginais en tout cas et que je voulais bien le reconnaître. En ayant vu ce petit bout de femme dans un milieu aussi sombre, j'ai pensé qu'elle s'était perdue et puis, sa technique, ses aptitudes m'ont convaincu. J'était finalement heureux d'avoir quelqu'un avec qui partager mon métier et mon savoir, quitte à passer pour un énorme monstre. Un misanthrope. Un ours. L'ours de DC. Ce n'est pas le surnom médiatique d'un nouveau tueur en série mais d'un légiste un peu trop froid, un peu trop déphasé. J'étais cet homme ou plutôt cette chose mais Saoirse changeait la donne. Je me surprenais à sourire en pensant à elle et à nos journées et il me semblait important de lui avouer et de reconnaître à haute voix que son travail était bon. Je ne faisais pas beaucoup de compliments mais lorsque cela arrivait, ils étaient vrais et sincères. J'aimais aussi sa théâtralité. Elle se redressa, prêta serment comme si elle allait plaider à la cour et un large sourire béat se dessina sur mes lèvres. « J'espère ne jamais te faire cet honneur et d'ailleurs ça me fait penser.. T'es pas un peu blanche pour venir de Miami ?Je pensais que vous étiez tous bronzés, avec une plastique telle que la moindre aiguille pourrait vous faire dégonfler.. » J'arquais un sourcil légèrement intrigué. J'étais curieux et je n'avais jamais mis les pieds sur la côte Est enfin, à Miami et ses environs. Alors que mon sourire n'avait pas quitté mes lèvres, la main de la jeune étudiante s'approcha dangereusement de ma bouche. Commençant à déglutir, le contact de sa peau chaude et douce sur mes lèvres entraîna un long frisson pénétrant jusqu'à mon échine. J'eus du mal à le contenir, fermant les yeux, débordé par la sensation délectable que cela avait engendré. Mon regard se pose sur Saoirse, mes iris croisent les siens. Confiant, j'ose partager mes histoires que je pensais inintéressantes.

Nos rires se mêlent et je ne décolle plus mon regard du sien. « J'étais gamin et impulsif et j'ai rencontré un bébé requin, c'est sérieux ! J'ai encore la marque sur le tibia, il m'a laissé un souvenir. Tu surfais à Miami ? » Son regard devint plus nostalgique, comme si sa ville lui manquait et c'était une chose que je pouvais comprendre. Elle devait avoir ses amis et sa famille là-bas, les vagues et le soleil aussi. Une vie de rêve en somme. Furtif passage, ses yeux s'illuminèrent à nouveau à l'idée de parler musique. La musique était vie et la vie n'était rien sans musique. Je l'imaginais parfaitement violoncelliste et danseuse. Sa démarche était gracieuse, ses doigts fins et allongés conservaient en leur bout des légers signes de corne. J'hésitais avec le violon ou la guitare mais encore une fois, elle était surprenante. Le violoncelle. « Un peu de tout mais j'ai préféré la basse au reste, avec le piano aussi mais ce qui me défoulait le plus, c'était la batterie. On pourrait presque former un groupe mais je suis un peu rouillé. » Effectivement, je n'avais plus joué depuis l'accident et j'avais peur que mes doigts aient oublié comment jouer, alors la poussière se posa sur les instruments. Mon regard à nouveau dans le sien, le serveur brisa ce moment privilégié et avait manqué à une tâche que je pensais simple. Une fois le graal de tomate en main, je fis face aux sourcils froncés de Saoirse, déglutissant légèrement. Je ne m'étais pas rendu compte que je pouvais faire peur, parfois. Enfin si mais involontairement. « Jon le protecteur ? Jon le porteur de ketchup tu veux dire. » Je finis d'une traite ma bière, demandant à un autre serveur une nouvelle pinte. Dévorant tous deux notre burger, je profitais pleinement des saveurs éphémères, sachant pertinemment que j'allais avoir faim dans trente minutes. « Tu sais cuisiner ? Oh je suis pas trop compliqué, du moment que c'est bon, je mange. » Un ogre assumé. Sa réflexion me fit rire. Alors que je trempais à nouveau mes lèvres dans mon verre, je manquais de m'étouffer. « Après, tu as toujours des mangas pour les adultes.. » Je croquais mon burger, le finissant dans la foulée avant de boire à nouveau. « T'es déjà allée au Japon ? A une époque, ils estimaient que leurs lois étaient trop pures et du coup les étrangers étaient jugés dans leur propre juridiction. Enfin, ils font une bonne cuisine et c'est ce qui compte. » Je m'empares à mon tour de la bouteille de ketchup, déversant son liquide sur mes frites à mon tour. « C'est super bon en fait.. » J'esquissais un sourire sincère, tout en continuant à manger mes frites. Finalement, j'avais bien fait de me battre pour ce ketchup.


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Posté le Dim 27 Sep 2015 - 0:54

 Et merde, l'emmerdeuse est là !
Jon & Saoirse
 
Une crampe envahie ma main. Je suis victime à divers fourmillements au niveau de mon ventre et mes dents s’abattent sans aucune pitié sur l’intérieur de ma joue. Je m’emballe pour un simple touché. Un tout petit contact avec ses lèvres. Petit mais riche en confusion et émotion étrange. L’image de Jon, les yeux fermés et fatalement béat ne quitte plus ma tète au point de ne pas porter une réponse à sa question. J’ai cette sensation sous-marine qui fait bourdonner mes oreilles et emballer mon cœur. Oui, mon organe de vie cogne puissamment contre sa cage d’ossements qui me semble, à ce moment précis, bien trop oppressante. Et mon état s’aggrave au fil de la discussion et surtout au fait de voir Jon sous un autre angle. Ce n’est plus le grizzli barbu et primitif, ce n’est pas l’homme adepte de l’insonorité parolière non, il parle, il me fait partager ses expériences qui me font rire et émerveiller mes yeux. Oui voilà, je suis émerveillée de constater qu’en réalité, cet homme n’est pas différent des autres. Il a son vécu, son caractère mais il sait aussi s’amuser et apprécier les petits plaisirs de la vie. Je l’ai longuement considéré comme un ovni déphasé et perdu, voilà que cette soirée change la donne. Une autre réaction anodine l’associe à un nouvel adjectif ; il est attentionné. Je n’ai jamais imaginé cela possible et pourtant, il a quitté son siège confortable pour m’apporter la bouteille de ketchup. Malgré ma volonté, je n’arrive pas à cacher ma surprise qui se personnifie en froncement de sourcils à l’apparence rude. Ce n’est pas le cas, je suis juste … perdue. Complètement et totalement perdue face à cette métamorphose pour le moins notable. Pour oublier mon désarroi, je plonge une nouvelle fois mes lèvres dans le liquide de mon cocktail, le finissant d’une traite. Je repose le verre sur la table et regarde Jon, un sourire s’accapare de mes traits. « Non je ne surfais pas. Je faisais partie de ces gens qui préféraient s’assoir sur le sable, tenant un livre. Mais j’aurai aimé en faire, je pense juste que je n’ai pas eu le courage pour m’y essayer. » Il n’est pas le seul à s’ouvrir ce soir. Et ça fait du bien.


Engloutissant presque mon burger, mes yeux ne le quittent plus. Parler de musique a toujours eu cet effet mirifique sur moi. Je suis dans mon environnement, ma passion. « Et bah, rien que ça. Je me sens insignifiante avec mon violoncelle. » Je ris tout en commandant un nouveau cocktail. Calmée, j’ajoute. « Tu sais, les  études en musicologie faisaient partie de mes premiers choix mais voilà, je me retrouve finalement dans un autre domaine vraiment différent. Mais j’aime ! Je suis passionnée par ce que je fais. » Je hausse les épaules non sans sourire en reposant mes yeux sur mes frites qui n’attendent plus qu’à être bouffées. Je ne me prive pas, commençant à les avaler l’une après l’autre. « Oui je sais cuisiner mais avec mon emploi de temps actuel, j’ai du mal à visiter ma cuisine. » Affichant une expression attristée, je reprends. « Mais je ne perds pas espoir ! Et toi ? Tu sais concocter des petits plats ? » J’alterne frites et ma boisson alcoolisée, je finirai bien ballonnée ce soir même si je ne suis pas le genre de fille qui crise en gagnant quelques petits grammes. Cependant, sa petite remarque a failli m’étouffer, les yeux grands ouverts. « Je ne … parlais pas de ce genre de manga. » Je retiens un rire même si mon visage se défigure dans une grimace amusée. Il me fait partager son savoir sur le système juridique japonais. Bien évidemment, j’accepte cette information inédite appréciant, par la même occasion, son savoir. « Et bien, on peut dire qu’ils sont un brin trop fiers. Sinon je n’ai jamais visité le Japon, pas encore mais j’y tiens ! » Après tout, ça fait partie des pays que je rêve de visiter et cela depuis mon plus jeune âge. D’une traite je finis mon verre mais un bourdonnement dans mes oreilles, me fait regretter mon geste. Vraiment, mon corps refuse catégoriquement d’ingurgiter l’alcool ou toute autre substance drogueuse. Et il n’a pas le droit de me lâcher ce soir, vraiment pas. « Oh et mon teint blafard je le tiens des origines irlandaises de mon père et suédoises de ma mère. Le soleil boudeur de Washington n’a pas foncé mon teint. » Je finis mon assiette et la repousse maintenant qu’elle est devenue vide. Je passe une main sur mon ventre non sans grimacer, vraiment, j’ai trop mangé. « Hum, je reviens. » Une activité. J’ai besoin d’une petite activité pour bouger mon corps et aider mon estomac à digérer toute la nourriture avalée ce soir. Je quitte ma chaise pour aller commander un autre verre mais surtout faire un petit saut vers un jeune homme avec qui, je partage quelques petits mots. Passant une main dans mon chemisier pour l’ajuster, je reviens sur mes pas. « Quand tu jouais d’un instrument, tu avais un titre far ? Un titre que tu adorais interpréter ? Moi c’est Highway to hell. » Je hoche la tète et ris, extrêmement de bonne humeur.  




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Posté le Dim 27 Sep 2015 - 19:12
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Cette soirée prenait une tournure inédite que jamais je n'aurais pu soupçonner. Je me surprenais à me sentir aussi à l'aise que seul dans mon bureau à la morgue. J'osais m'ouvrir, chose que je ne faisais plus vraiment. J'étais meilleur pour boire et travailler, travailler et boire. Rien d'autre. Je ne touchais plus aucun instrument de musique depuis l'accident comme si tout était parti en fumée. Je ne surfais plus, prétextant être trop loin de bons spots alors que j'étais terrifié à l'idée de perdre l'équilibre et de tomber, littéralement parlant. Être avec Saoirse était similaire. J'appréciais sa compagnie, les vagues se mutaient en son de sa voix mélodieuse, elle engendrait sensation et vie mais aussi frayeur et appréhension. Imprévisible comme la mer, nul ne saurait un jour la dompter. J'entendis un son lourd, presque de mécanique rouillée, s'accélérant timidement. J'avais oublié que le coeur n'était pas qu'un simple organe et que mon cerveau était capable de ressentir à nouveau des choses agréables. Tout n'était qu'une histoire de réaction chimique mais elles demeuraient plus que délectables. Je ne me pensais pas capable de casser quelques briques de mon mur érigé entre les autres et moi. Je repris une longue gorgée de bière, espérant malgré moi renouveler l'expérience. Plus adroit, cette fois l'ale ne laissa aucune marque et la conversation reprit son cours. Saoirse ne surfait pas, j'esquissais un léger sourire. « Peut-être qu'à Miami tu troqueras ton livre pour une planche, c'est juste une question d'audace et d'équilibre. Et peut-être que tu rencontreras un bébé requin, on sait jamais. » Je l'observais en laissant échapper un léger rire. Les assiettes étaient peut-être vides mais je me sentais vivant à nouveau.

« Parce que tu étais de petite taille, enfin petite.. Une enfant quoi. » Je raclais ma gorge avant de la regarder à nouveau. La bière, encore fraîche, me permettait de conservait une couleur plus ou moins normale bien que légèrement écarlate. Sa confession me laissa quelque peu perplexe. C'était comme si elle voulait se persuader qu'elle était à la bonne place à mes côtés, comme si elle était prisonnière d'un bourreau supérieur qui lui avait laissé le choix entre la potence ou la médecine légale. Elle excellait dans ce domaine et si elle y mettait toute cette application, j'étais persuadé qu'elle devait être une très bonne musicienne. Peu convaincu, je me décidais à partager ma vision des choses. Étrange certes mais cela avait le mérite d'exister. « La musique est partout, les partitions racontent des histoires et si le compositeur créé l'histoire, nous, on s'occupe de l'analyse, de remettre les mesures en ordre et qu'elles aient un sens. Après si la musicologie est vraiment ce qui te plait, tu risques de t'ennuyer, non ? » Notre rythme était bien plus intense, c'était un fait et non pas un simple a priori condescendant. Le souci avec notre travail était le temps monstrueux qu'il pouvait prendre. Et Saoirse s'en était aperçue bien assez tôt, reconnaissant déserter sa cuisine. Je ne pouvais que la comprendre. « On passe plus de temps à s'occuper des morts que de nos propres vies et j'avais l'habitude de cuisiner mais je préfère manger en fait. » Sur le ton de la confidence, j'accompagnais le geste à la parole, continuant à dévorer allègrement mes frites. Visiblement pas le seul à aimer manger, j'observais non sans amusement Saoirse apprécier notre moment. J'arquais un sourcil en la voyant finir d'une seule traite son cocktail. « Ca aussi c'est très japonais. » Son teint blafard venait de ses origines irlandaises. Peut-être étions-nous cousins sans le savoir ou une bêtise du genre. L'avantange d'avoir grandi aux Îles Fidji est d'avoir échappé à la malédiction de l'écrevisse ou du rosbeef. Sans avoir le temps de dire quelque chose, la jeune étudiante s'en alla parler à un homme, probablement de son âge et à qui elle aurait probablement plus de choses à dire et inversement. Finissant d'une traite ma pinte, mes yeux se perdent, mon esprit divague. A ma plus grande surprise, Saoirse revint sur ses pas, me posant une question étrange. « Hot.. Hm, under the bridge ou another one bits the dust, là où le bassiste se contente pas de trois notes. Pourquoi ? » Mon air interrogateur la dévisageait alors que je me remettais à penser à Hotel California, une chanson qui évoquait un passé trop trouble. Nerveusement, je mis mes mains sous la table, commençant à tourner mon alliance autour de mon doigt pour finalement l'arracher violemment et la mettre dans la poche de mon jean. Je fis signe au serveur d'approcher. « Un whisky, bien tassé et sans glace, merci. » Son rire raisonne dans ma tête, me rapatriant dans son monde où la bonne humeur était de mise.


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Posté le Lun 28 Sep 2015 - 3:25

 Et merde, l'emmerdeuse est là !
Jon & Saoirse
 
Partager un petit verre avec mon supérieur n’était pas inédit mais découvrir des facettes que je n’ai jamais soupçonné chez lui était franchement extravagant. Cette soirée, malgré l’excellente ambiance qui règne, a un gout surréaliste, rimant avec confidences et légèreté.  Le voir sourire et rire avec spontanéité était un choc, un réel choc. Ma nature passablement asthénique m’avait fait comprendre que cet homme avait perdu une partie de son humanité. Erreur ; c’est inné de faire bouger son muscle zygomatique et visiblement, Jon n’avait pas ruiné cette capacité. C’est avec ahurissement que je me rends compte que finalement, il n’était pas si différend de ‘nous’. Il était un homme très intelligent, extrêmement professionnel mais aussi attentionné, doté d’une bonne oreille attentive et sa maladresse ne faisait qu’accroitre son charme. Il avait tout pour plaire. Cette conclusion frappante fait sonner l’alarme et répète sans cesse le danger qui m’encercle. Un danger résidant dans une carapace que je pensais limitée à un état amorphe et déphasé. Je me trompe. Je me suis lourdement trompée surtout lorsqu’il commence à parler de Miami non sans rire. Rire encore et encore. Et c’était contagieux. « Je préfère pas sinon le bébé requin passera un très mauvais quart d’heure. » Mon expression devient machiavélique alors que je plisse les yeux. « Mais pourquoi pas oui, ça me tente beaucoup. Peut-être qu’il y aura quelqu’un pour m’initier, sait-on jamais. » Cette alarme clignote avec acharnement ; je joue avec le feu en balançant une invitation implicite. Et à ce moment précis, cramer ne me fait pas peur.


Musique. Ma libération. Mon violoncelle. Ma muse.
Son touché m’apaise et me ranime à la fois. Mon Eros aux cordes cendrées, aux sons ensorceleurs. Innombrable sont les fois où son touché m’avait arraché à la terre ferme.  Infiniment, il m’a emmené dans le monde des chimères oublié. Ses tripes mélodieuses, son tumulte saccadé, sa fluidité ravageuse n’étaient autre qu’un baume guérisseur. Mon amant secret, l’unique. Et Jon comprend. Il comprend le Nirvana occasionné par l’harmonie musicale. Il touche une corde sensible et cela me paralyse momentanément. Les yeux subitement baissés, j’arque un sourcil aux images houleuses de cette dispute mémorable. Le jour où mes parents ont dicté mon avenir, le moment où, muette, je me suis laissée faire. « Ai-je donné l’impression de m’ennuyer ? » Mes yeux se lèvent, mon visage se détend alors que, machinalement, j’écarte le voile invisible et nocif de mes souvenirs. Je croise mes bras sur la table, penchant la tète en avant et souris. Sincère. « J’aime ce que je fais. Certes, je n’peux imaginer ma vie sans musique mais la chambre froide m’a envoûté. Et je suis sensible à sa magie. » La médecine hante mon Chronos même si je trouve toujours un petit moment pour traîner mon instrument dans mon salon et ne pas le laisser se faire avaler par la poussière. Jamais je ne laisserai son bois immaculé virer au gris. J’aime pas le gris. Mon verre vide j’en commande un autre faisant abstraction à la remarque de Jon. Ma lucidité m’interdit de rivaliser avec sa capacité de boire autant alors que, diabolique, mon amusement me pousse dans cette voie. Et je suis faible dans ma force. « Les japonais boivent des cocktails ? » Ma tirade me fait rire ou dirai-je plutôt que c’est l’alcool ingurgité qui fait son effet. Et son effet est plutôt palpable sur mon teint qui reprend des couleurs. Je sens mes joues s’enflammer d’une chaleur certes éphémère mais bon sang, très appréciable.

Incapable de rester encore sur place, je décide d’exécuter mon plan de départ ; chanter. Ou disons, casser les oreilles des clients. Mais à ce moment là, toute retenue s’évapore de mon cerveau cartésien. Je veux m’amuser et j’en ai bien le droit. Les goûts de Jon font briller mes yeux d’une nouvelle lueur d’excitation alors que, exceptionnellement souriante, je bondis de ma chaise. « Ok mais … on va éviter de torturer Freddie Mercury dans sa tombe. Viens ! » En réalité, je ne lui laisse pas le choix. Ma main s’accapare de la sienne ayant remarqué l’absence de son alliance. Un sujet que je refuse soigneusement d’aborder. Le traînant sûrement contre sa volonté, je cours presque vers la petite estrade où deux écrans géants sont exposés. Relâchant sa main et ignorant ces foutus frissons enquiquineurs, je tape dans mes mains après avoir communiqué le titre au jeune homme responsable du karaoké. Je regarde Jon, excitée. « On va chanter ! Et tu chante avec moi hein me plante pas. » Je lui tends un micro, gardant le mien dans ma main. Mais me rappelant d'une chose essentielle, je descends rapidement pour aller boire quelque gorgées de ma nouvelle commande avant de revenir à coté de Jon ; une vraie pile électrique. Je me transforme en une petite fille devant son cadeau de Noël n’arrivant pas à tenir sur place alors que les premières notes de Dani California résonnent. 1, 2,3 et ça commence ! « Getting born in the state of Mississippi » Oui, je chante faux.    




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Posté le Mar 29 Sep 2015 - 14:41
l'emmerdeuse de ses nuits
Saoirse & Jon
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Saoirse était intrépide, pleine de vie, n'hésitant pas à oser. J'étais devenu tout l'opposé. Aussi glacial qu'une morgue, aussi frigide et rigide que les macchabées qui habitaient ces lieux. Je m'étais ruiné. Ou plutôt, je n'avais rien fait pour que les ruines redeviennent une. Inerte, spectateur d'une vie qui m'avait échappé, je n'avais rien fait. Je n'avais fait qu'assister, impuissant mais surtout velléitaire. Je n'avais plus envie de rien et mon seul réconfort était mon travail. Une zone de confort que je pensais imperturbable jusqu'à ce qu'une jeune étudiante vienne tout briser avec une aisance déconcertante. Je me surprenais à me demander ce qu'elle pouvait bien penser de la façon dont je pouvais être. Auparavant, ce n'était pas le cas mais ses yeux éveillaient en moi des sentiments tellement enfouis que je les pensais complètement disparus. Peu de personnes étaient au courant de cette histoire de bébé requin. Ce n'était pas une chose qui était propice à aborder après tout et ce n'était pas une chose que je trouvais pertinente en temps normal. Mais ce n'était pas un temps normal, c'était un instant délicieux, bien loin de ma torpeur habituelle. Saoirse possédait cette magie et ce n'était que maintenant que j'en étais persuadé. « Je suis presque sûr que tu pourrais l'assommer avec ta planche sans t'en rendre compte. » J'esquissais un sourire mutin avant d'arquer un sourcil. J'étais sûr qu'elle trouverait quelqu'un pour lui apprendre, il n'y avait aucun doute. « Il doit y avoir plein de professeur de surf, tu auras l'embarras du choix.. Si c'est comme à Los Angeles, ils vont chercher à profiter  de la situation en comblant tes lacunes par des mains baladeuses. C'est pathétique. » Je ne savais pas ce qui m'énervait le plus. Le fait que des gens puissent profiter de l'ignorance des autres ou juste profiter de son ignorance à elle. Étrange.

La beauté de la musique était à la fois sa magie mais aussi sa malédiction. Elle pouvait rendre heureux ou triste, au gré des notes enchaînées, déchaînées. Au fil d'un morceau, il était possible de connaître les sentiments d'une histoire heureuse ou malheureuse et alors qu'aucun mot, aucune parole ne sont placés, les sons font soudainement sens et trouvent écho même dans le plus vide des coeurs. Nous nous comprenions. La musique était salvatrice mais aussi bourreau à partir du moment où elle nous était arrachée. « Non, je l'aurais remarqué sinon mais je pense que si tu veux faire de la musique, tu n'as pas besoin de choisir entre tes études et la musicologie, tu peux en faire entre deux rapports bien détaillés et parfaitement rédigés comme tu l'as si bien appris. » J'échappais un léger rire, autant s'en amuser maintenant. Je n'y étais pour rien là-dedans, c'était son talent. Ses paroles me surprirent. Rare était les personnes reconnaissant la magie que pouvait dégager une morgue. Oui, il y avait des cadavres et que c'était un univers morbide mais tout ceci n'était que de prime à bord. « C'est un univers froid en apparence mais s'il fait si froid, c'est seulement pour ralentir la décomposition des corps. Chaque personne a une histoire et c'est ce que je trouve fascinant, on les aide aussi quelque part et avant que tu arrives ici, je mettais un peu de musique en fond, ça rend le cerveau plus productif. » Chose que j'avais arrêté de faire pour éviter de paraître trop étrange. Son teint reprenait des couleurs et je reconnaissais ce rire et ce regard. L'alcool commençait à faire planer ses sens. Je continuais de boire, sentant peu à peu aussi les effets, bons ou mauvais, de l'alcool. « Nonn enfin si mais ils aiment bien finir tout d'un coup. Ca leur permet d'oublier qu'ils sont trop nombreux sur leur île. » J'arquais un sourcil avant d'échapper un léger rire. Que je profite de ces derniers rires avant la grande humiliation.

Imprévisible. Masochiste aussi. Je serrais la mâchoire à l'idée de devoir me retrouver à chanter. Le whisky arriva finalement et je le bus d'une traite, comme pour me donner un semblant de courage. Sans aucun choix possible, la jeune étudiante s'empare de ma main, m'entraîne sur la scène. Pétrifié devant les clients, Saoirse m'abandonne un court instant pour aller boire de sa boisson avant de revenir à mes côtés. Littéralement rouge sang, je commençais à avoir les mains moites. Et puis, l'alcool commençant à renforcer ses effets et face à la décontraction de la jeune femme face à un tel exercice, j'enchaînais à mon tour., décidant de ne pas l'abandonner. « Papa was a copper and Mama was a hippie, in Alabama she would swing a hammer, price you gotta pay when you break the panorama. » Ce n'était pas si faux, pas si juste. Il fallait du temps avant de se mettre dans ce genre d'ambiance. J'étais plus à l'aise avec une guitare ou une basse, comme si elles me protégeaient du regard soupesant de l'audience. La chanson avançait et je commençais à me désinhiber un peu plus. Je m'amusais, comme un enfant et ma voix se faisait plus confiante, plus juste. Je plaçais mon bras autour des épaules de Saoirse, la serrant contre moi probablement un peu trop fort. Ah, l'alcool.


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Posté le Mer 30 Sep 2015 - 23:30

 Et merde, l'emmerdeuse est là !
Jon & Saoirse
 
Je ne suis pas au bout de mes surprises. Mon propre comportement m’étonne me poussant à me gifler mentalement ; lui proposer indirectement de m’enseigner le surf était l’idée la plus farfelue que je n’ai jamais eue. Fatalement, l’alcool ne me réussit pas. Il me rend ridicule et je refuse de baisser les yeux de gêne le lendemain dès que je me retrouverai face à mon supérieur. Je ramasse tout ce qui me reste de bon sens et remets mes idées en place. Je dois écarter le danger qui flotte sur ma tète et qui se trouve juste à coté de moi à rire. Et bon sang, il rit, ordonnant ainsi à mes propres joues de se creuser en sourires innombrables. « C’est pathétique mais c’est le prototype de l’homme pervers. Ca ne veut pas forcément dire que je vais tomber sur quelqu’un comme ça. » Et puis, si jamais mon coach ne contrôle pas ses mains baladeuses, je ne suis pas certaine de maitriser mes poings non plus. Je ne suis pas violente, loin de là mais je ne supporte pas qu’on me touche sans ma permission. C’est pour cette raison que j’ai une bombe lacrymogène bien enfoncée dans mon sac à main.  

En réalité, les mondes de la musique et la morgue ne sont pas si différent ; ils racontent une histoire. Celle de la musique est caractérisée par des mélodies émotionnelles alors que celle de la morgue est dénudée de notes même si les morts sont bien plus bavards que ce qu’on imagine. Notre dernière enquête en était la preuve. Les mots de Jon me font sombrer mécaniquement dans mes pensées. Je me mords la lèvre inférieure et fronce les sourcils de concentration. « C’n’est pas faux. En réalité j’veux composer. C’est vrai j’aime reprendre des titres que j’adore et les jouer à ma façon mais … j’veux bien aussi composer mes propres mélodies. Faut que j’essaie ça un de ces jours. » Le plus frappant, reste le fait de m’ouvrir de la sorte. A bien y réfléchir, Jon est sûrement la personne qui m’est la plus proche en ce moment. Je ne m’entends pas avec ma sœur, j’ai instauré des limites hyperboliques à mes connaissances mais Jon, Jon sait des choses que je n’ai jamais raconté à quiconque. J’ignore ce que j’suis entrain de faire alors pour mieux digérer la confidence, je mets notre conversation sur le compte de l’alcool. C’est mieux et plus facile à accepter. Je me mets à répéter inlassablement que cet homme, aussi bon qu’il puisse être, ne peut pas être la personne qu’il me faut. C’est un réel paradoxe, une énigme et je ne suis pas certaine de vouloir l’élucider. « Faut faire ça ! Ca me dérange vraiment pas d’écouter de la musique dans la morgue. » Ou peut-être que si, j’ai envie de le comprendre. J’ai envie de résoudre ce mystère qui accepte de m’accompagner jusqu’à l’estrade. J’ai besoin de réfléchir à autre chose. J’ai besoin de ne pas me focaliser sur ce qui vient de se passer ; on s’ouvre l’un à l’autre sans retenue. Sans réflexion, aucune. C’était naturel, comme si on se connaissait depuis tellement longtemps. Les points en communs n’arrêtent plus de fuser et je cherche à les ignorer. A ne pas me confronter à l’évidence qui germe dans ma tète, alors je chante. Je sautille, cachant mon réel état d’âme sous un voile de sourires indéfectibles. Le violoncelle n’a plus aucun secret à me cacher contrairement au chant qui sort de mes capacités. Ce n’est pas le cas de Jon. Ma tète se tourne vers lui dès que ses lèvres poussent les premières notes. Au début, les mélodies sont incertaines avant de caresser mes oreilles d’une justesse accablante. Il chante juste et sa voix est tout bonnement parfaite. J’ai presque honte de torturer les oreilles de l’audience qui d’ailleurs, applaudit et prend part à la chanson. Lorsque le bras de mon supérieur se pose autour de mes épaules, je me crispe instantanément tout en sentant une étrange libération. Etrange mais délicieuse alors je réagis en glissant mon propre bras autour de sa taille et me serre à lui. Je me sens écrasée, tellement petite mais en sécurité. J’ai l’impression qu’aucun mal ne pourra m’arriver donc j’appuie ma tète sur son épaule. J’ai plus envie de bouger. Même lorsque la chanson se termine, je reste comme ça, collée à lui. Les applaudissements me sortent de ma léthargie réconfortante. Je me redresse non sans sourire, regardant ensuite Jon d’une manière prononcée, les sourcils froncés. Je sais pas ce qui vient de se passer mais … j’aime. J’aime ce petit moment de pure improvisation sensationnelle.

Je tends le micro au jeune homme et m’apprête à descendre de l’estrade quand quelque chose attire mon attention. Tout en coinçant quelques mèches derrière mon oreille, je me penche en bas pour attraper une alliance, la faisant tourner entre mes doigts. Elle a du tomber de sa poche à cause de mon empressement de monter chanter. Levant la tète, je regarde Jon avant de la lui tendre. « T’as pas besoin de cacher ton alliance tu sais, il se passe rien entre nous. Elle est où ta femme ? » J’ignore si je viens de casser l’ambiance mais je sens quelque chose se briser en moi. Un espoir burlesque que je ne soupçonnais même pas. Croisant les bras sur ma poitrine, je lève la tète et prends le chemin vers notre table. Une sensation accablante s’empare de mon être et un gout amer s’invite dans ma gorge. Je sens une odeur nauséabonde ; celle de la déception.  




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Posté le Ven 2 Oct 2015 - 16:06
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Que les moments agréables soient éternels. C'était ce que je souhaitais. Cette soirée était agréable et cela faisait longtemps que je n'avais pas passé une aussi bonne soirée. Je ne pensais plus au passé, seulement à nos confidences, nos rires. J'avais l'impression d'avoir trouvé une place où je pouvais être moi-même et c'était à ses côtés. Déroutant. Mon alliance en était devenue brûlante de douleur alors, pour la première fois depuis que je l'avais, j'osais l'enlever. J'avais enlevé cette chaîne autour de mon doigt pour profiter pleinement de cet instant délectable. Et je détestais me sentir comme la citrouille devenue carrosse. Pour l'instant, notre instant perdurait et je ne me rendis pas compte qu'il s'agissait d'une invitation indirecte. Comme à mon habitude, je brillais par ma maladresse. Raclant légèrement la gorge, je tâchais de trouver un moyen de rebondir. Saoirse valait la peine de se creuser un peu plus. « Après si tu es satisfaite de ma pédagogie en médecine légale, tu pourrais essayer celle du surf ? » Formule à la frontière de l'incongru, je finis par masquer cet affront par un léger sourire. Après tout, je la préférais avec un déphasé comme moi qu'avec un pervers inconnu. Il y en avait de différentes sortes, tous plus inquiétants les uns que les autres. La seule chose qu'elle risquait avec moi, c'était de rencontrer éventuellement un bébé requin. C'était le seul risque mais j'ignorais si nous étions tous deux prêts à prendre ce risque. Visiblement pas, car il fallait bien que quelque chose nous retienne.

Pourtant, ce n'était pas ce que nous apprenions l'un de l'autre, d'une façon spontanée, imbécile volupté pourtant si délectable. La jeune étudiante démontre encore une fois ce que nous n'avions pas su voir jusque là : une proximité aussi soudaine qu'effrayante. La musique l'animait, jusqu'au plus profond de ses cellules. Il fallait croire que la musique avait ce terrible secret de savoir comment provoquer certaines mécaniques, rire, sourire, vivre. « Je vois bien ton nouveau morceau, au clair de Morgue ou les quatre saisons de mon mentor. Tu pourrais être la prochaine, hm Lady Sasa ? » Mes références culturelles n'étaient pas vraiment détaillées et c'était aussi à cette occasion qu eje mesurais l'ampleur de l'autre chose qui nous séparait : l'âge. Cinq à six ans d'après mes souvenirs de son dossiers, ce qui était assez conséquent. Je faisais partie des trentenaires et, aux dernières nouvelles, la plupart de mes anciens amis étaient déjà embringués dans une vie routinière, avec femme, enfants, petit chien et la pelouse parfaitement taillée. Ce paysage dégoulinant d'ennui me refroidissait. Derrière cette apparence soi-disant heureuse se cachait souvent bien trop de choses pouvant mener à des événements tragiques. Saoirse vivait ses plus belles années probablement et j'avais peur de les lui gâcher. Cette pensée me crispa légèrement, laissant mon regard troublé par toutes ces questions et ces remises en cause. Finalement, son amour de la musique me ramena à l'instant présent. Elle ne s'opposait pas à écouter de la musique en chambre froide. Remarque, c'était toujours plus agréable que le bruit des os de la cage thoracique lors d'une autopsie. La musique était vraie, elle était sincère et c'était grâce à elle -et à l'alcool aussi, que les gens pouvaient se rapprocher, oubliant certaines barrières inhibitrices. La timidité m'avait envahi mais, avec Saoirse à mes côtés, je m'étais senti à mon aise. Sa voix, que certains peuvent qualifier de faux, sonna étonnement juste à mes oreilles, comme si elle venait de créer sa propre mélodie. Les clients avaient pris part à notre chanson, applaudissant et chantant les différents refrains. Conservant ma main sur l'épaule de Saoirse, je finis par saluer l'audience d'un léger signe de tête, avec un grand sourire satisfait. Finalement, ce fut le tour d'un autre avec ses amis. J'avais soif désormais.

Je laissais Saoirse descendre de la scène, manquant immédiatement le contact de sa main sur mes hanches, de sa tête contre moi. Alors tout sourire, je ne prêtais même plus attention à ce que j'avais dans les poches, jusqu'à ce que ma drogue devienne mon fléau. Elle, qui m'avait fait rire toute la soirée, sourire et parler comme rarement, je me retrouvais face à un réveil des plus brutaux. Elle me tendit l'alliance et, machinalement, je tendais ma main vers la sienne pour saisir ma malédiction. Sa phrase, assassine, me fit baisser les yeux, serrant les poings et la mâchoire, mes muscles se tendaient avant de se crisper. Confus, je fronçais les sourcisl, évitant son regard. Je me raclais la gorge, laissant ce seul bruit perturber le silence qui venait de s'installer entre nous. « Je cache rien. J'ai des dossiers à finir, merci pour la soirée. » Glacial, ailleurs, et machinal, je fonçais vers notre table, prenant mes affaires. Je partis payer nos commandes au bar avant de glisser méthodiquement vers la sortie. Mon sourire s'était alors effacé, mon visage, lui, était à nouveau fermé. Et ce n'était que la partie visible de l'iceberg. J'étais un désastre ambulant, il était temps que Saoirse sache que ce n'était pas qu'en façade.


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Posté le Sam 3 Oct 2015 - 12:49

 Et merde, l'emmerdeuse est là !
Jon & Saoirse
 
Mes yeux brillent et un grand sourire courbe mes lèvres dans une expression parfaitement détendue. Jon a enfin compris mon invitation indirecte et, comme à son habitude, il a cherché une façon propre à lui pour l’accepter. J’aime ses manières qu’au départ, j’les ai qualifié de dépassées. Esotériques aussi. Maintenant j’les perçois sous un autre angle, les trouvant même … Mignonnes ? Oui, sa maladresse, sa subtilité frôlant l’inexistence, son coté déphasé, tout ça le rend unique à mes yeux. Il est irrémédiablement différent de tous les hommes que j’ai connus, de toutes les bêtes alimentées par l’envie de chair que j’ai côtoyé. Il rend cette soirée tout bonnement parfaite. « J’essaierai volontiers oui. » J’sais, ce ne sera pas pour demain mais le fait de me le proposer afin de m’aider à esquiver des sales vautours me fait du bien. Cela me fait entrer dans une étrange sensation de bonheur. Ephémère mais présent. Et ce bonheur devient plus palpable lorsque la musique devient l’essence de notre conversation. En réalité, j’avais peur. J’avais peur de ne pas pouvoir trouver un sujet sur lequel débattre. Jon donne l’impression d’être affreusement inaccessible et le début de notre soirée ô peu glorieux dans le taxi m’avait fait comprendre que ma mission improvisée à le décoincer n’était pas une maigre affaire. Erreur. Il s’est laissé apprivoiser, communiquant avec une facilité déconcertante. On est même arrivé à dénicher des points communs. « J’préfère l’univers d’un artiste qui s’appelle Saltillo. Tient ! J’apporterai un CD demain enfin, si tu apprécie la musique classique combinée avec de l’électro. J’trouve le mélange magique. » Magique comme ce petit moment. Insoucieuse, j’le traine sur l’estrade pour chanter. Insoucieuse, j’enquiquine les oreilles de l’audience avec ma voix calamiteuse. Insoucieuse, j’m’approche de Jon dans un élan de tendresse subite. Un flot qui me frappe en plein fouet et me ramène à la réalité ; j’suis entrain de fondre. Cette idée saugrenue a germé dans mon subconscient avant de devenir claire et précise. J’ne suis pas insensible à son charme et à son être décalé. J’suis entrain de foncer directement dans un mur. Un mur épais, constitué des raisons pour lesquelles cet homme ne pourra pas me convenir. L’importante différence d’âge se trouve au top de la liste en plus, il n’a pas le portrait de l’homme immaculé d’imperfections qui me fera succomber. Pourtant, lorsque mes phalanges frôlent cet anneau, une douleur indescriptible s’anime dans mon organe de vie. Et comme on dit, la meilleure défense c’est l’attaque. J’préfère balbutier des mensonges et jouer à la fille insensible que me bruler les ailes à trop m’aventurer sur un terrain venimeux. Il y a rien entre nous. Cette phrase se répète inlassablement dans ma tète comme si j’voulais y croire. Dur comme fer. La réaction de Jon instaure une foutue boule dans ma gorge. Il s’enferme hâtivement dans sa sphère glaciale et rébarbative. J’me sens exclue et ça fait mal. Les sourcils froncés, mon corps frissonne d’inconfort et d’une sensation désagréable ; j’ai tout foutu en l’air. Il me plante là et ramasse ses affaires pour partir. Mes lèvres s’entrouvrent mais se referment. S’entrouvrent et se referment à plusieurs reprises sans arriver à articuler le moindre bruit. J’murmure son prénom mais oui, il est déjà loin. Soudainement consciente de ma connerie, j’l’appelle une nouvelle fois en augmentant le son de ma voix. J’reprends du poil de la bête après avoir perdu mes moyens le temps de quelques secondes. J’ignore ce qui a déclenché sa froideur, le fait d’interférer dans sa vie ou l’autre partie de ma tirade que j’préfère ne pas m’en rappeler.

J’cours presque vers la table pour ramasser mes affaires tout en jetant des coups d’œil affolés vers la porte. Ma démarche est vive, j’veux le rattraper mais puisque j’n’suis pas immunisée contre les aléas de la vie, mon pied se tord dans un geste agressif, manquant de me faire tomber. J’m’accroche contre la grande porte et essaie de calmer les battements immodérés de mon salopard de cœur. « Jon attends ! Fais chier » J’arrive à apercevoir sa tète blonde. J’remets ma veste en place et fais un pas mais j’manque de m’écrouler par terre. Affolé j’regarde mes talons ; l’un est cassé. Paix à son âme. Mais oui, il ne manque plus que ça. Grognant et pestant contre cette divinité qui se joue de mon sang froid, j’retire ma chaussure handicapée et marche en boitant, fatalement énervé. « Non mais attends ! Outch ! » Bien sûr, comme si je n’me suis pas assez donnée en spectacle, quelque chose écorche mon pied dénudé. Mes collants ne sont pas assez résistants. Conclusion des courses, j’me retrouve une chaussure cassée, des collants déchirés et le pied pété. Mes cheveux sont désordonnés par ma précédente semi-chute, j’arrive essoufflée devant Jon. « Tu vois ce qui m’arrive quand tu t’éloigne. » Malgré mon mauvais karma franchement soudain, j’essaie d’esquisser un petit sourire qui se veut sincère. La culpabilité déforme mon visage. « J’suis désolée, j’n’ai pas dû parler des trucs qui ne me concernent pas. J’suis navrée. » J’hausse les épaules sincère et inéluctablement malheureuse. J’prends une grande inspiration en faisant signe à la chaussure au talon pété que j’tiens entre mes doigts. « Tu ne vas quand même pas me laisser comme ça ? J’fais appel à ta bonté … tu peux me ramener chez moi ? » Ma demande est blablatée sur un ton rapide et plutôt mal à l’aise. Ma fierté vient d’avoir un sacré coup.    




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Posté le Sam 3 Oct 2015 - 16:53
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Alors que ma main retrouvait le bout métallique qui me servait de chaînes, des images s'enchaînèrent pour mieux se déchaîner dans mon cerveau. Il me semblait que cet anneau était plus glacial mais il parut étonnement plus chaleureux. Peut-être parce qu'il avait goûté la main de Saoirse. Aussitôt plombé par cet effet néfaste, je dus fuir, laissant, abandonnant Saoirse à son sort. J'avais besoin d'air et de rien d'autre. Appuyé contre un muret, je tâchais de faire le vide, sur ce qui était, ce qui est et ce qui pourrait être. Le coeur lourd, je retrouvais la sensation de refaire quelque chose de mal, de faire quelque chose qui ne me ressemblait pas. Pas assez fort pour m'acharner, pas assez faible pour abandonner, je ne faisais que survivre. Je m'efforçais à la survie mais je me cantonnais dans une zone de confort. Saoirse, elle, avait tout balayé avec une facilité déconcertante, d'un simple revers de main, d'un sourire chaleureux, d'un regard innocent. Elle remettait tout en cause car je ne me pensais pas prêt à m'attacher à nouveau à quelqu'un. Pas de cette manière. Mes confrères n'avaient aucun problème à s'adonner à ce genre de pratique avec leurs internes, s'amusant même à faire des probabilités sur celle qui résistera le plus longtemps. C'était assez pathétique. J'étais trop rigide, trop professionnel pour me détacher de la déontologie. Et pourtant, j'osais boire des verres en fin de service. Ce soir, je m'étais même ouvert et j'avais osé rire. Pas simplement faire semblant de rire, elle m'avait fait vivre le temps d'une soirée. Et puis, parce que toutes les bonnes choses ont une fin, je finis par laisser mon passé prendre l'ascendant sur tout. Comme si la vie offrait pour punir, punissait pour mieux offrir. J'avais ces marques indélébiles qui avaient extériorisé une douleur morale bien plus profonde. J'étais terrifié par ce que pouvait provoquer Saoirse en moi, mais tout aussi charmé. Elle était jeune, brillante, insouciante et belle, rien ne pouvait l'arrêter. Alors pourquoi l'entraver avec mes histoires passées souvent trop lourdes ? J'avais envie de m'ouvrir, de lui parler de ce qui a pu se passer mais je ne voulais pas prendre ce risque. Je n'étais bon qu'à tout gâcher, à tout abîmer. Si je m'ouvrais, elle allait me voir complètement et ce qu'elle allait voir n'était pas très beau. Pourtant, quelque chose avait changé. Enfin, quelque chose était entrain d'être réparé. Saoirse me réconciliait avec l'envie de vivre, pour me sortir de ma torpeur de vivre. Je voulais me lancer à ses côtés mais il y avait bien trop de ficelles qui empêchaient toute marge de manoeuvre.

Il n'y avait rien entre nous, il y avait tout entre nous. Je l'avais contaminé avec mes paradoxes. Nous étions proches mais pour seules barrières celles que nous placions et détruisions au fur et à mesure de nos conversations. Une fois dehors, mon cerveau se mit à refroidir. Je commençais à y voir un peu plus clair. Les yeux rivés vers le sol, sa voix résonna comme une délivrance. Je poussais alors d'un revers de main les quelques fumeurs qui se situaient entre nous pour l'observer, sans un mot. Mes sourcils se froncèrent lorsque mes iris bleus se posèrent sur ses pieds. Elle avait mal, je lui avais fait mal. Tout ceci était ma faute. Non pas parce que je m'étais éloigné d'elle en sortant du bar, mais parce que je m'étais complètement renfermé. Sentant quelques regards sur nous, je plaçais son bras autour de ma nuque avant de la porter avec une facilité déconcertante tant elle était légère, dans un endroit un peu plus à l'écart. Toujours les sourcils froncés, je cherchais désespérément un banc. Une fois trouvé, je la déposais délicatement, avant de me mettre à genoux devant elle. Je fouillais dans ma besace, toujours silencieux, pour sortir finalement des compresses et du désinfectant. Je finis par déchirer son collant déjà bien abîmé. « Je t'en rachèterai un. Ca risque de piquer un peu. » Aussi délicatement que possible, je plaçais une compresse sous sa blessure, versant quelques gouttes d'antisceptique avant d'imbiber une autre compresse du liquide. Je désinfectais sa plaie aussi délicatement que possible et, pour la première fois, je faisais preuve de tact à son égard. « Je suis désolé. » Je faisais alors un pansement avec attention à son égard avant de m'asseoir à ses côtés. La lumière de la Lune se mêlait aux couleurs de la ville alors que je sortis à nouveau l'objet de la discorde. Je l'observais inlassablement, avant d'oser rompre le silence qui s'était installé entre nous. « Je n'ai jamais été marié. J'attends juste le bon moment pour l'enlever. » Je me rendis compte que je l'avais enlevé pour la première fois avec elle. Parce que je n'avais plus envie de me sentir entravé par mon passé et surtout, pour une personne qui n'en valait plus la peine. « Enfin, pour ne plus jamais la remettre. » Je la replaçais alors dans ma poche à nouveau, tentant et défiant de le destin de rendre cette soirée misérable. Personne ne saurait nous voler cet instant. « Et toi ? » Pris d'un élan d'audace, j'osais lui demander, sans forcément attendre une réponse en retour. Pourtant, mon coeur allait à l'encontre de mon cerveau. Divers noeuds se nouèrent dans mes entrailles. Je me perdais, elle me perdait à ses côtés.


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Posté le Dim 4 Oct 2015 - 15:27

 Et merde, l'emmerdeuse est là !
Jon & Saoirse
 
La soirée qui était à son paroxysme d’alacrité, prend une tournure plus au moins étrange. Pour commencer, mes lèvres ont précédé ma pensée en débitant des curiosités mêlées à des mensonges. Il ne se passe rien entre nous. Nos sourires similaires, nos rires à nous en décrocher la mâchoire, nos petites confidences et nos regards échangés ne veulent rien dire pour moi. Voilà que je sombre dans une contrevérité réconfortante. C’est mieux de nier que d’assumer l’évidence ; il se passe pleins de choses entre nous. J’ai pu voir Jon sous un nouvel aspect qui m’a laissé chancelante de surprises. D’agréables surprises. L’homme renfermé sur lui-même, qui sourit par obligation, frôlant la misanthropie, n’y était plus. Il m’a parlé de petites anecdotes, il a même accepté de m’aider à faire du surf et à assommer un bébé requin si jamais on en rencontre un. J’lui ai parlé de mon envie de faire de la musique, d’en créer, un sujet que j’me suis toujours défendu d’évoquer. Et bon sang il a chanté avec moi ! J’suis certaine que personne ne me croira si j’leur faire part de mon témoignage de ce soir. Moi non plus j’n’y crois pas. Au départ j’voulais juste boire un petit verre avec mon supérieur sans soupçonner, ne serait-ce qu’une seconde, que nos âmes seraient connectées tout au long de nos échanges. Et j’ai foutu la merde avec une maladresse inédite. D’habitude, j’suis réfléchie. D’habitude je tourne sept fois ma langue dans ma bouche avant de parler pour éviter de débiter des conneries. Oui, c’est plus facile de mettre mon erreur sur le compte de l’alcool tout en sachant pertinemment qu’une autre raison se cache derrière ma tirade ; la jalousie. J’avais senti une once de jalousie à la vue de son alliance et c’est franchement déplacé. Il n’a aucun compte à me rendre tout comme il peut parfaitement m’ignorer et rentrer tranquillement chez lui.

Alors, je reste planquée là, chaussure dans une main, les cheveux en pagaille sous le regard intrigué de quelques inconnus. J’attends, sans réellement savoir quoi faire de plus pour me faire pardonner. Mais lorsqu’il se retourne, une étrange sensation de malaise grandit en moi se manifestant dans des battements de cils anxieux. J’me pince les lèvres et retiens ma respiration quand, soudainement, mes pieds quittent la terre ferme et mon corps se projette contre le sien. Machinalement, mes bras entourent sa nuque et j’me raidis. Son visage se trouve à quelques centimètres du mien au point de pouvoir humer son parfum aux arômes alcoolisées. J’me retiens d’appuyer ma tète sur son épaule, me contentant d’observer ses traits ainsi que le froncement de ses sourcils. Il est contrarié et j’en suis la cause. Mes dents s’abattent sur ma lèvre inférieure avant de me retrouver assise sur un banc. Mon corps frissonne sous la rigide froideur du bois mais j’ne dis rien. J’appuie mes mains de part et d’autre de ma frêle carapace et suis avec attention ses mouvements. Il déchire ce qui reste de mes collants me promettant de m’en procurer un nouveau. Pour toute réponse, j’hoche la tète positivement, sombrant davantage dans le mutisme. Ses gestes sont affreusement doux alors qu’il s’applique à désinfecter ma plaie et d’en placer un pansement propre. Tout au long de sa manœuvre, mes yeux s’entêtent à le regarder, la tète inclinée sur le coté. Il est désolé. Ces deux petits mots étirent mes lèvres dans un sourire étonnement réservé. Il n’a pas à l’être, c’est de ma faute et non la sienne. Je secoue la tète et me tourne mollement vers lui lorsqu’il prend place à mes cotés. Mes iris délaissent la contemplation de son visage pour se poser sur cet instrument de malheur qu’il tourne encore et toujours entre ses phalanges. Il rompt le silence en répondant à mes questionnements ultérieurs ; il n’a jamais été marié. Mes sourcils se froncent et pleins de suppositions commencent à envahir ma tète. Il a donc été fiancé, il n’y a pas de doutes mais dans ce cas, que s’est il passé ? J’passe une main dans mes cheveux pour coincer quelques mèches rebelles derrière mon oreille sans manquer une miette de ses mots. Le mystère plane sur sa personne, le rendant encore plus attractif. Mais quand il me retourne la question, mes yeux s’écarquillent et un petit sourire confus se peint sur mes traits crispés. Que dire ? « Non, je n’ai pas d’alliance. » Je secoue mes mains devant lui non sans rire d’amusement malgré la situation sous le signe des confidences. J’me calme instantanément tout en poussant un long soupir. « Je suis célibataire. J’n’ai pas encore rencontré le bon ou du moins, j’le pense. » Projetant mon corps pour écraser la petite distance entre nous, je rajoute. « J’me suis faite une promesse. Si un jour j’aurai une alliance, je ferai en sorte de ne plus jamais l’enlever. » Je lui souris avant de baisser les yeux vers ses mains à présent dénudées de toute trace de chaines. « Mais quand tu dis attendre le bon moment pour la retirer, tu parle juste de celle-ci ou dans l’absolu ? » Sérieusement, ma curiosité trainera ma perte et pour m’enfoncer davantage dans les emmerdes, j’ajoute. « J’ai faim. J’ai des lasagnes à la maison, si tu veux. »      




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Fairfax
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Posté le Dim 4 Oct 2015 - 21:03
l'emmerdeuse de ses nuits
Saoirse & Jon
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Le déni était rassurant tant il pouvait être dangereux. Il avait cet aspect dangereusement réconfortant, séduisant même alors qu'il ne faisait qu'une seule chose, rendre le réveil plus difficile encore et plus douloureux. J'en prenais conscience mais n'en appliquais pas les préceptes. Je refusais d'affronter les problèmes, pensant que les fuir allait permettre une quelconque amélioration. Ce n'était pas faire preuve de maturité et, quelques années auparavant, j'aurais su les affronter sans aucun problème. Mais j'avais changé, les complications n'étaient plus les mêmes d'ailleurs. Tout avait pris une proportion telle que j'avais fui. J'avais une profonde aversion pour l'adversité, la vie était trop courte pour entrer en conflit avec les autres. Alors j'adoptais la politique de l'autruche, encore une expression fausse. Elles ne se mettaient pas la tête dans le sol, elles ne faisaient que se coucher pour mieux se cacher. C'était ce que je voulais faire, mais lorsque j'avais voulu m'y essayer, la seule raison qui provoqua ma chute au sol fut une voiture. Et beaucoup d'alcool. Les détails étaient flous mais il me semblait tenir sur mes jambes. Enfin, je m'égare. Pour la première fois depuis longtemps, je ne me sentais plus comme une personne déphasée et endommagée, je me sentais normal et vivant. C'était l'oeuvre de Saoirse, son entreprise. Mais elle semblait tout aussi étonnée. Nous avions des réciprocités, des points communs et une influence incroyablement positive l'un sur l'autre. Il fallait être sourd, aveugle et muet pour nier notre complicité naissante, et toutes ces autres choses qui étaient à venir. Mais nous nous voulions au pays des imbéciles heureux, qui, pour vivre heureux, vivaient aveugles. Il n'y avait plus qu'à s'en convaincre. Il n'y avait rien et il ne devait rien y avoir. Le monde était ainsi fait mais parfois, certaines choses valaient la peine de se battre. Et, dans une folie renversante, je commençais à penser que Saoirse faisait partie de cette sphère là.

Et parce que, d'une certaine façon, était spéciale pour moi, je me devais d'abandonner, au moins partiellement, les murs que j'avais érigé. J'avais ri, partagé, chanté. Et, maintenant, elle était dans mes bras, les pieds hors de tout risque. Du moins, je le croyais. Après tout, c'était de ma faute si elle s'était blessée. J'avais, comme à mon habitude, pris la fuite au lieu de lui parler. Je regrettais et mes pensées, bien trop occupées, ne se rendirent même pas compte de la nouvelle promiscuité dans laquelle je venais de nous plonger. Je sentais son souffle sur mes joues qui avait l'effet d'une caresse. Je n'avais jamais laissé une femme m'approcher ainsi, aussi bien moralement que physiquement. Je ne partageais pas grand chose. Je ne voulais plus partager grand chose. Mes gestes étaient précis, presque chirurgicaux mais il s'agissait d'une simple déformation professionnelle. J'étais concentré, probablement un peu trop mais au moins, j'avais plus ou moins réparé les conséquences de mes actes. Il y avait de quoi être fier. J'aurais pu la déposer dans le premier taxi libre et la laisser rentrer, au lieu de cela, je cherchais à réparer ce que je pouvais détruire. Et il fallait croire que j'étais meilleur dans une morgue qu'à la sortie d'un bar. Saoirse n'avait pas d'alliance, personne et c'était quelque chose qui m'étonnait. Ses traits étaient ceux qui se rapprochaient le plus de ce que l'oeil humain pouvait qualifier d'esthétique. Enfin belle. Ses propos trahissaient une peur de l'engagement mais un réel engouement pour ce dernier. Le bon, la bonne. Des stéréotypes issus de contes de fées dépassés, ne servant qu'à pervertir l'imagination enfantine. La femme attend l'homme, avec des collants et sur son cheval blanc. Mais cet homme là serait plus à même de s'en aller avec son écuyer qu'avec une princesse désespérée et esseulée. L'homme lui, attend ce qui se rapproche le plus d'une princesse, naïve et pas trop intelligente, obéissante et bonne ménagère. C'était une chose qui me navrait profondément. Il fallait être fou pour espérer finir avec ce genre de personnes. J'avais été fiancé à une femme que je pensais extraordinaire mais, finalement, elle n'était qu'humaine avec beaucoup de faiblesses mais espérant des autres la force de les combler. Je pris une respiration profonde, observant la jeune étudiante. Ses mèches de cheveux à nouveau placées selon ses désirs, je l'écoutais. « T'es idéaliste non ? Quand la bague mérite d'être enlevée, ça ne sert à rien de se faire cette promesse, autant plutôt se promettre de l'enlever quand elle ne vaudra plus la peine d'être portée. » L'alcool aggravait mes propos, me rendant plus fataliste qu'à l'accoutumée. J'esquissais un léger sourire, échappant même un rire. « Celle-ci. Y'a rien d'absolu, tout est unique. » Je commençais à prendre mes aises sur le banc, déployant mes bras. C'est alors que Saoirse, fidèle à elle-même, parla de nourriture. Des lasagnes. Un plat que j'affectionnais particulièrement, enfin comme à peu près tout ce qui avait du goût. « A la maison comme chez toi ? Je vais te raccompagner chez toi, j'ai pas envie que tu te blesses l'autre pied. » Je déglutis, l'alcool masquant ma gêne à l'idée d'être seul avec une femme, sur son terrain. En soi, il s'agissait que de simples lasagnes et c'était le parfait moyen de m'attirer quelque part, j'étais un ventre sur pattes. « Pour les lasagnes, ça dépend. » Je me levais lentement du banc, avant de lui tendre la main pour l'aider. « Elles sont maison ? » Je lui offris un sourire mutin, guettant les alentours et s'il y avait des taxis dans le coin. Vu notre état d'ébriété avancée, il valait mieux rentrer ainsi.

Les quelques coins de pénombre qui nous entouraient masquaient un dernier rebondissement pour notre soirée mémorable. Arborant un large sourire à Saoirse, deux hommes encapuchonnés s'approchèrent de nous, à la démarche assurée. De nature suspicieuse, je tournais la tête vers les deux hommes, qui, finalement, continuèrent leur chemin. Au même moment, dans le chemin opposé, trois hommes commencèrent à s'attarder un peu trop autour de notre banc. « Hé, elle est bonne ta chick » L'autre commença à s'emparer de ma sacoche, encore au sol. Par automatisme, je saisis la main de l'individu. « Lâche-ça si tu veux rester avec elle ce soir. Pas besoin de jouer les héros. » Je fixais l'homme qui tenait mes affaires, offrant un faux sourire pour finalement feindre mon désintérêt à son égard. Finalement, je tirais d'un coup sur l'ance avant de porter un coup de coude à son bras, le forçant à lâcher prise. Son complice fonça sur Saoirse et je m'interposais en lui infligeant un violent coup de tête. L'autre, finalement, prit la fuite. Les fesses sur le sol tous deux, je saisis Saoirse par le poignet, le serrant probablement trop fort jusqu'à un endroit fréquenté et lumineux. Je sifflais un taxi, l’interpellant d'un calme olympien. « Crois moi, je ne les ai pas démarchés pour te prouver une quelconque virilité. Ca n'avait rien d'une danse charnelle. » Les tracas de Washington étaient derrière nous, il était temps de revenir à la quiétude de Fairfax. Les deux mains impeccablement posées sur mes genoux, je fixais la route. L'alcool commençait à faire ses effets indésirables ou alors l'idiot du village avait la tête plus dure que je ne l'avais pensé.


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Posté le Mar 6 Oct 2015 - 16:32

 Et merde, l'emmerdeuse est là !
Jon & Saoirse
 

A cause de ma maladresse, le froid remplace à présent la chaleur réconfortante du bar. Frileuse de nature, je ramène mes mains autour de ma poitrine et frotte mes avants bras manquant de claquer des dents. Cette désagréable chute de température s’estompe lorsque les doigts de Jon se posent doucement sur mon pied écorché. Sa déformation chirurgicale est palpable, faisant partie du tableau irrémédiablement inaccessible qu’il représente. Mais encore une fois, je trouve ce trait loin d’être gênant surtout après avoir creusé dans les entrailles de son caractère. Oui, il est froid, il est rigide par moment, exceptionnellement professionnel et déphasé mais ce soir, j’ai pu voir au-delà des apparences. La spontanéité des circonstances nous a rapprochés sans forcer ou essayer de projeter une image erronée à l’autre. Les discussions ont fusé avec une facilité déconcertante, le cœur ouvert et lourd de sentiments contradictoires. A nous deux, on constitue un splendide paradoxe. Jon et son passé lié à un amour douloureux et ma propre expérience teintée d’idéalisme qu’il ne s’empêche pas de souligner. Il fait preuve de tribulation non dissimulée. Je me mords la lèvre en fronçant les sourcils. Je suis exceptionnellement pensive, analysant ses mots qui s’entêtent à frapper en plein fouet tous mes désirs d’enfant rêvant de son prince charmant. « Tu me trouve idéaliste parce que je m’accroche à mon idée de prince charmant ? » En temps normal, j’aurai été sur la défensive, prête à batailler pour mes réflexions mais je refuse de le faire. Ma vision de l’amour est chimérique pour certains mais elle est tout bonnement réaliste pour ma petite personne. Chacun ses fantasmes, les miens demeurent simples et cristallins. Je lui souris en me retournant davantage, la discussion m’intéresse, fatalement. « Certes tu as sans doute raison mais cela ne s’applique pas à moi dans le sens où je crois dur comme fer que ma perle rare existe quelques parts. Une sorte d’âme sœur fusionnelle et je saurai à ce moment là que ses imperfections représenteront une perfection pour moi. » Je reprends ma respiration avant d’ajouter. « Alors oui, ce ne sera pas une simple alliance, elle sera un engagement infini. Chérir cette âme sœur qui, sans elle, je ne serai plus rien. » Je hausse les épaules non sans esquisser un petit sourire. Un poids imaginaire s’évapore de ma poitrine. C’est la première fois que j’m’ouvre autant. La première fois que je parle de mes rêves de gamine sans avoir cette crainte viscérale d’être jugé. Un énième préjugé accablant. Mais Jon est unique. Il n’est pas un absolu accoutumé, une réalité qui me soulage instantanément.

L’invitation lancée, je le regarde sans m’empêcher de distendre encore et toujours mes lèvres dans un sourire sincère et rayonnant. Sa réflexion me fait rire intérieurement sans que mon visage ne l’exprime. « Mon pied intact te remercie d’avance. » Tendant la main vers lui pour me redresser, je hoche la tète tout en attrapant mon sac à main. « Oui, je les ai faites hier. » Sans lâcher ses phalanges, je persiste à river toute mon attention sur lui sans me rendre compte qu’une nouvelle épreuve était sur le point de chambouler davantage le cours de notre soirée. Lorsqu’un homme approche, mes sourcils se froncent et ma poigne sur mon sac à main se fait plus possessive. Je ne suis pas prête à perdre mes papiers. Le fait de penser à toutes les procédures administratives et terriblement assommantes que je risque d’entreprendre, me donne des maux de tète instantanés. Je n’ai pas eu le temps de me replonger dans mes réflexions qu’un premier coup administré par Jon à l’enquiquineur me fait sursauter. A moitié estropiée, je raye la perspective de courir quand un autre emmerdeur s’approche pour me saisir le bras. On est assaillit par deux racailles et je reste comme ankylosée et incapable de faire sortir ma petite bombe lacrymogène de ma besace. A lui tout seul, Jon arrive à les mettre à terre avant de me saisir le poignet avec force. J’refuse de grimacer ou à jouer les princesses désabusées alors je le suis en appuyant sur mon pied éraflé. Peu importe si les maux resurgissent, je refuse de présenter un poids supplémentaire. Jon a déjà fait les frais à cause de ma petite personne. Enfin dans le taxi, je le regarde longuement. « Je pense que ta démarche était nécessaire et loin d’être déplaisante pour mes petits yeux … approche. » Sans lui laisser le temps de s’éloigner de ma pogne, je saisis sa nuque d’une main, l’autre touche doucement le haut de sa tète. L’inquiétude occasionnée par la  petite bosse qui s’invitera sur son front me fait oublier la proximité hyperbolique que je viens de créer alors que j’observe avec un œil critique les dégâts. « J’ai une poche de glaçon chez moi, ça t’évitera une belle ecchymose demain. » Lâchant son visage et sans pour autant m’éloigner, j’ajoute avec un petit sourire taquin. » « On s’en sort pas mal. N’empêche que tu es plus doué avec tes poings que je le suis avec mes chaussures à talons hauts. » Mon rire m’échappe. Je décide de relativiser la situation qui a pu devenir plus critique.

Arrivés devant ma maisonnette, je descends du taxi en m’accrochant une nouvelle fois au bras de Jon. Je trouve son contact moins dérangeant qu’au début, apportant même une certaine sécurité au plus profond de mon être. J’ouvre la porte et l’invite à entrer avant d’allumer les lumières et de retirer ma chaussure valide et bonne pour les ordures. Mon petit chez moi est décoré d’une manière qu’on peut aisément qualifier de vieillot et minimaliste. J’ai sous ma poigne, tout ce qui est nécessaire, composé principalement de canapé, une table basse, mon ordinateur, une grande bibliothèque qui bouffe la moitié de l'espace et la petite boite magique qu’est la télévision. Marchant sans trop m’appuyer sur mon pied dénudé vers la cuisine ouverte sur le salon, je fais un signe à Jon. « Prends tes aises, je reviens. » Je dépose mes affaires sur le comptoir de la kitchenette et m’avance dans le couloir avoisinant pour me rendre dans ma chambre. La rapidité trône sur mes gestes alors que je remplace ma robe sobre par un t-shirt bien trop grand pour ma carapace et m’immisce ensuite vers la salle de bain pour laver mes pieds. Les gardant nus, je fais un petit détour dans la cuisine et prends finalement place sur le canapé. Armée de la poche de glaçons, je la dépose doucement sur la tète de Jon non sans grimacer. « Ca va ? Pas trop mal ? » Une expression profondément désolée se peint sur mon visage. Les effets de l’alcool sont étonnement réduit à néant. « Merci pour ce que tu as fait même si ça t’a valut un hématome … Je me ferai pardonner avec des lasagnes, ça te va ? » Je sais, je dois me lever pour aller réchauffer le plat mais mes pieds refusent d'exécuter mon ordre. Je reste là, à le regarder, la tète inclinée sur le coté et sacrément silencieuse.        




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Posté le Ven 9 Oct 2015 - 15:35
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Cet idéalisme était enviable, tout comme sa foi en l'amour et en l'être qui saurait raviver des passions étrangères tant elles étaient perdues. Mon regard, malgré lui, devint plus admiratif, trahissant mes mots qui se voulaient distants, détachés. Mais il n'en était rien. Saoirse soulevait, avec ses mots simples, toute la rancoeur et le dégoût que j'avais pu développer auprès des relations amoureuses depuis l'incident. Son coeur était pur et sain, elle n'était que lumière finalement et je n'étais qu'un déchet. Je comprenais ses préjugés sur moi à présent, nous étions bien trop différents pour évoluer dans un même cercle. Trop différents mais trop similaires à la fois. Cette pensée m'arracha un frisson. L'alcool prolongeait le court de mes pensées, au lieu de les inhiber, de faire silence dans le bordel que pouvait être mon cerveau. Elle était perturbante, troublante même. C'était la flemme qu'un enfant rêvait de toucher. Brûlante mais interdite. Elle n'était pas idéaliste seulement à la force de son idée chevaleresque de ce que pouvait être sa conception de l'amour, mais de façon générale. Ses iris démontraient son envie de croire en ce monde et ses mains, elles, s'employaient à trouver des vérités égarées pour rétablir le court de la justice. Je la pensais idéaliste parce qu'elle me laissait entrevoir d'elle. « Le prince charmant n'y est pas pour grand chose là-dedans, c'est juste une observation. T'es quelqu'un de bien. » J'esquissais un léger sourire avant de lui donner un léger coup d'épaule. L'alcool ralentissait mes paroles, tout comme il ralentissait mon cerveau et mes mouvements. Je ressentais à peine le froid, ne remarquant que trop tard que la jeune étudiante était frigorifiée. Son coeur, lui, semblait être complètement ouvert. J'écoutais attentivement ses propos, légèrement bouche-bée à la fin de son éloquente prise de position. Je n'étais pas choqué ou outré, non, mais stupéfait dans un sens que je n'aurais jamais pu soupçonner : positif. Elle semblait convaincue et je ne savais pas comment elle faisait. Peut-être l'ardeur de la jeunesse, probablement sa bonté naturelle. Je secouais la tête, tâchant de retrouver un peu de cohérence. « J'espère que tu le trouveras et qu'il mettra autant d'ardeur que toi, que ça sera pas un paumé, bon qu'à profiter, à blesser et à tromper. Je viendrais m'occuper de lui si un jour ton coeur atterrit sur ma table. » Je ne voulais pas qu'elle subisse ce que j'avais pu vivre quelques années auparavant. J'avais tout donné, trop donné, pour n'avoir que du mépris, de la solitude et enfin de l'abandon en retour. J'avais une part de responsabilité, je ne le niais pas mais la balance penchait plus en sa faveur.

Ce sourire tendre peint sur son visage, je continue de le regarder inlassablement. Ses doigts, bien trop rafraîchis, se mêlent à mes phalanges presque brûlantes. « Tu m'as convaincu, je peux pas résister. » Par un heureux hasard, ou malheureux, nos doigts se rejoignirent pour mieux être séparés par des individus peu fréquentables et aux desseins sombres, malhonnêtes. Mes muscles avaient retrouvé leur vigueur, malgré l'alcool. Mes réflexes, vifs, n'avaient pas laissé le temps aux individus de blesser quiconque. Je me sentais comme un véritable Shrek des temps modernes, perdu dans Washington et bien trop loin de mon marais. Légèrement sonné mais encore sous le coup de l'adrénaline, je pris le poignet de Saoirse, la précipitant vers les lumières de la ville, ne faisant plus acte de l'état du pied de cette dernière. Une fois que je nous sentis hors de portée, je repris conscience des choses. Mes yeux se posèrent sur son pied. J'échappais finalement un léger rire, croisant à nouveau son regard. Le contact de ses doigts sur ma peau provoquèrent des frissons en chaîne le long de mon échine. Je ne résiste pas. Étonnement, je m'approche légèrement, la laissant faire. Je sens son souffle sur mes lèvres, mes yeux fixent sa bouche l'espace de quelques secondes, jusqu'à ce que sa main effleure le haut de mon front. Je retrouve ses yeux et ne semble plus être gêné par notre soudaine proximité. Je ne ressentais pas le besoin de m'éloigner, je commençais à ressentir l'inverse. Sa réflexion mêla nos rires respectifs. L'ambiance, qui aurait pu être étrange et tendue, finalement, se décomplexa un peu plus et nous fîmes comme si de rien n'était. « T'es douée avec tes mains aussi, peut-être que je serais aussi mauvais que toi avec des talons. » Je continuais à rire, ne voyant pas le temps défiler. Finalement, le taxi arriva à destination, je glissais un billet au chauffeur avant de descendre pour lui ouvrir la portière, luttant contre les vapeurs de l'alcool et le coup de tête infligé plus tôt.

Saoirse s'accrocha à mon bras, alors que j'observais sa maisonnette. Je repliais légèrement mon biceps, l'invitant à s'appuyer un peu plus si elle en ressentait le besoin. Les lumières firent et elles révélèrent un intérieur que je trouvais chaleureux, représentatif de Saoirse. J'arque un sourcil, intrigué avant d'avancer vers l'imposante mais majestueuse bibliothèque. Conquis, j'en oublie même les conseils de mon hôte, gardant ma veste encore. J'observais le titre des livres et m'amusais à surprendre ses livres de première année de médecine. Alors que j'entendis des pas revenir vers le salon, je me précipitais sur le canapé, enlevant à la hâte ma veste et mon pull. Comme un enfant ayant failli se faire surprendre dans une entreprise douteuse, je lui offris un sourire un peu trop angélique. Saoirse se pose à mes côtés, fièrement armée de sa poche de glace alors que j'incline la tête vers elle. « Tu devrais voir l'autre gars.. » Un rire m'échappa, alors que je ne pus retenir une grimace, de douleur. Je fermais les yeux délicatement, alors que la jeune étudiante commença à se confondre en excuse. « Pour des lasagnes maison, j'aurais pu avoir deux hématomes au minimum. » Je finis par reprendre, plus sérieusement. « Me remercie pas, c'est pas grand chose. » Sentant la glace commencer à me brûler la peau, je m'écartais légèrement, prenant les jambes de Saoirse sur mes genoux pour mieux observer son pied. Ce dernier, nu, laissait voir une plaie peu profonde mais qui semblait bien douloureuse. Je lui souris, avant de me lever lentement du canapé et d'aller vers sa cuisine, pour éviter tous vertiges. « Tes lasagnes sont au frigo ? » Je commençais à m'exécuter et à réchauffer le fameux plat. Une fois fait, je retrouvai Saoirse et sa poche de glace. Me rendant compte que j'avais probablement pris trop mes aises, je me grattais la tempe. « Désolé.. J'ai cru qu'avec ton pied, tu aurais préféré te reposer. » J'avais perdu toute nuance, à mesure qu'un nouveau sentiment se fit remarquer, la gêne et le stress. Je venais enfin de me rendre compte que j'étais seul avec une femme. Mais ce n'était pas n'importe quelle femme, ce n'était plus n'importe quelle femme. Mes yeux commençaient à la regarder d'une façon inédite, avec une carapace amoindrie, un mur avec failles. Mon regard n'était plus fier, ni distant ou froid. Comme un enchantement. Saoirse m'avait envoûté et, sans doute aucun que c'était une chose qui nous échappait tous deux.


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Posté le Ven 9 Oct 2015 - 21:43

 Et merde, l'emmerdeuse est là !
Jon & Saoirse
 

Je suis frivole. Une maniaque du travail et de l’organisation. Une fille à l’humour décalé et peu compréhensible. Bavarde et incroyablement curieuse au point de frôler l’indiscrétion. Je suis un marécage de défauts mais Jon pense que je suis quelqu’un de bien. Sa petite consécration fait écarquiller mes yeux d’une lueur au début abasourdie avant de devenir attendrie. J’ne suis pas une victime de la vie cependant, j’peux aisément affirmer avoir été bousculée à plusieurs reprises. En commençant par les êtres les plus proches de moi qu’on peut nommer famille passant par une meilleure amie qui m’a planté un majestueux couteau dans le dos et finalement quelques collègues internes qui ne cessent de lancer des blagues douteuses à mon sujet. Mon parcours de fervente protectrice des droits de la femme ne m‘a pas aidé dans ma requête de ‘banalité’ non plus, ayant reçu divers sobriquets peu valorisants. Je les ai toujours ignorés. Oui, j’ai toujours levé la tète après chaque altercation préférant me focaliser sur mon travail et mes idéologies. Et même si mon indifférence n’était qu’un cocon protecteur qui me sécurisait d’une chute libre et dépressive, les simples mots de Jon arrivaient à me toucher au plus profond de mon être. Mon corps est légèrement secoué par son petit coup d’épaule qui ne fait qu’accentuer cette sensation de quiétude mélangée à un rire franc et sincère. J’me retrouve soudainement muette et profondément touchée qu’il puisse me considérer comme quelqu’un de bien. A sa petite tirade, j’réponds du tac au tac, fatalement déterminée. « Oui, je le trouverai. » J’fais partie de ses figures en extinction qui pense que non seulement l’amour existe mais qu’une personne nous ait destinée. Peu importe les relations qu’on accumule, peu importe le rythme de notre vie, on finit toujours par la retrouver. Et j’y crois, infailliblement.

Le contact des doigts brulants de Jon me réveille de ma torpeur passagère. Un réel choc électrique me fait tordre l’estomac et me choque par la même occasion. J’ne comprends pas la signification de cette réaction corporelle et spontanée. Elle ne doit pas surgir lorsqu’il s’agit de Jon et pourtant … ma peau ne fait qu’accumuler les hérissements l’un après l’autre après chaque petit effleurement. Cela me rend subitement pensive et passablement inconsciente de ce qui nous attend. En effet, il a suffit d’un petit moment de doute pour qu’un malfrat pose ses sales pattes sur mon bras. Heureusement que Jon réagit rapidement alors que mes réflexes de survie semblent avoir désertés ma carapace. J’me mets tout de même à courir en suivant ses pas avant de m’engouffrer dans un taxi. Tout s’était passé rapidement pour que j’arrive à comprendre la gravité de la situation. Mine de rien, Jon vient de nous sauver d’un vol certain en récoltant un bel hématome sur la tète. J’n’ai jamais tapé dans le visage de quelqu’un pour mesurer les maux mais à voir la petite bosse qui commence à pointer le bout de son nez, j’imagine que souffrance y est. Tellement concentrée à analyser le prix du grabuge, j’ne note pas son regard sur mes lèvres mais j’arrive à soutenir son regard non sans rire de notre mésaventure. « C’est une image que j’ne veux pas réellement concevoir » Ma poitrine remue alors que je me tords sur la banquette arrière. Maintenant que les emmerdes sont terminées, j’considère la situation d’un angle plus amusant. J’refuse de terminer notre soirée sur une note dramatique.

Enfin sur un terrain familier et chaleureux, j’me débarrasse de ma robe un brin trop serrée la remplaçant par un long t-shirt qui m’arrive jusqu’aux cuisses. Mon pied me lance dès que j’essaie de m’appuyer dessus mais pour l’instant, cela constitue le dernier de mes soucis. L’expression un peu trop innocente que Jon affiche me laisse suspicieuse alors que j’prends place à ses cotés sur le canapé en posant la poche de glaçons sur sa tète endolorie. « L’autre gars ? Il le mérite. » Ma bonté a ses limites et n’est pas synonyme de naïveté. Il nous a attaqué alors oui, il mérite l’hématome certain qu’il aura de son coté. Sans lâcher la poche, j’glisse un oreiller sous sa tète histoire de ne pas avoir des crampes indésirables au niveau de son cou. Même si Jon me demande de ne pas le remercier, j’me sens redevable. Quelqu’un d’autre m’aurait laissé tomber pour sauver ses fesses. Jon s’est défendu et n’a pas lâché ma main. Non, il ne m’a pas lâché une seule seconde. L’épisode acrimonieux du bar est bien derrière nous. Rien ne compte à mes yeux que son geste héroïque face à ces deux petits voleurs. « Si. C’est quelque chose pour moi. » Et puis j’m’attendais à tout sauf à voir mes jambes se poser sur ses genoux. J’ai un mouvement de recul instinctif avant de me détendre et de regarder Jon comme attendant la sentence. J’pense que je ne pourrai pas porter de chaussures à talons hauts pour un petit moment. J’vais me contenter de mules. J’hausse les épaules à mes propres interrogations tout en suivant Jon du regard. Il prend le chemin de la kitchenette. « Euh oui, deuxième rangée. » J’plie une jambe et laisse l’autre choir sur le canapé alors que je me penche en avant pour attraper la télécommande et allumer la télévision. J’ai acquiert depuis mon enfance, cette sale manie de manger devant la télé. J’n’ai jamais supporté le silence à table. L’odeur des lasagnes font tordre mon ventre qui gazouille péniblement. C’est avec grand plaisir que j’débarrasse la table basse de tous les livres et documents afin de laisser de la place. Sauf que l’observation de Jon me laisse légèrement pantoise et interrogative. Comprenant enfin sa crainte, j’me mets à rire profondément attendrie de son attention. Il voulait que je me repose et ne pas m’appuyer davantage sur mon pied meurtri. Oui, cet homme est incroyablement prévoyant. « Tu sais quoi ? On va se faire une promesse, plus d’excuses d’accord ? » J’lève mon auriculaire dans l’air non sans continuer d’étirer mes lèvres. « Ca marche ? » Toujours aussi amusée, je me pousse pour lui laisser de la place à mes cotés alors que j’attrape une fourchette et commence déjà à manger. Je tâte le terrain. « Ah ça va ! Elles ne sont pas périmées. » J’ne suis plus que sourire et humeur joyeuses, oubliant que cet homme est mon supérieur et qu’on pourrait raconter des conneries sur nous. Etonnement, mon indifférence opère une nouvelle fois car je refuse d’établir à nouveau ce mur invisible qu’il y avait entre nous au tout début. Ce mur est à présent fissuré, ne tenant que légèrement. Après avoir laissé un silence plané écorché par quelques croisements de fourchettes, j’me racle la gorge ; il faut le dire. « Tu sais, je crois qu’il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises personnes, vous n’étiez juste pas compatibles. J’suis certaine que ta deuxième partie se trouve quelques parts. Peut-être à Fairfax qui sait. » J’le regarde intensément. Oui, j’viens d’interférer dans sa vie en donnant mon point de vue. « Et je te retourne le compliment Jon, tu es quelqu’un d’extra et tu mérite tout ce qui est le mieux sur cette planète. » Mon sourire se fait étonnement plus réservé, presque timide mais profondément sincère. Comme pour écraser cette atmosphère étrange que j’viens d’occasionner, j’romps le contact visuel pour poser mes yeux sur ma bibliothèque. « J’y stock tous mes bouquins là-dedans, il y a même mes livres de coloriages pour enfant » Cela me fait rire. Franchement à l’aise.                              




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Fairfax
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Posté le Sam 10 Oct 2015 - 0:04
l'emmerdeuse de ses nuits
Saoirse & Jon
I'm such a mystery as anyone can see there isn't anybody else exactly quite like me and when it's party time, like 1999, I'll party by myself because I'm such a special guy ▬ WEEZER, TROUBLEMAKER



Les défauts nous rendent humains. Je ne prétendais pas connaître Saoirse de façon particulière mais c'était un fait incontestable. Personne n'était parfait et les personnes qui se targuaient de l'être étaient probablement les pires. Elles surjouaient, se forçaient et, finalement, se perdaient. Je ne me pensais pas parfait, je me savais compétent dans mon travail et c'était un autre fait établi aussi. J'accumulais les vieilles blessures, certaines plus visibles que d'autres, devenant de plus en plus déphasé avec mon entourage. Je n'étais pas introverti, ni même associable, juste.. Ailleurs. J'accordais de l'importance à certains détails que certains pourraient considérer comme étant sans importance. Pourtant, je les trouvais vitaux et c'était ce qui me rendait bizarre. Aucun de nous deux n'avait été enchanté à l'idée d'être avec l'autre. Je n'avais jamais été mentor, je ne savais pas vraiment en quoi cela consistait et, en retour, Saoirse ignorait ce qui composait le caractère de son mentor. Mes collègues étaient fiers, se lançaient certains paris pour plaire, se vantant allègrement de leurs conquêtes et se moquant des derniers. Ils ne se moquaient pas de moi, du moins, pas devant moi. J'avais eu vent de leurs propos. Un homme sans vie, sans humour, s'entendant plus avec les morts qu'avec les vivants. Et ma réputation avait grossi, faisant écho jusqu'à Los Angeles, où certains de mes anciens partenaires ne comprenaient pas mon changement d'attitude. A force d'incompréhension, la distance s'était creusée. Ainsi était faite la vie, et j'étais heureux d'avoir rencontré Saoirse et que, finalement, ça ne soit pas qu'un simple rapport professionnel barbant. Mais encore une fois, c'était un terrain inconnu et particulièrement glissant. Les ragots iront bon train lundi, c'était évident.

J'espérais sincèrement que la jeune étudiante trouve sa perle rare, celui qui saurait la rendre unique et l'aimer pour ce qu'elle est et pas ce qu'il voudrait qu'elle soit. Ce n'était pas le nombre qui comptait mais l'intensité des relations et j'espérais aussi qu'elle ne connaisse pas cette situation de traîtrise dont je peinais à me relever. Mais si je n'avais pas été ainsi, peut-être que jamais je n'aurais eu l'occasion de passer une aussi bonne soirée. Nous étions tous deux persuadés pour elle, ce qui me réconfortait de voir quelqu'un y croire avec autant de ferveur. Je ne me rendais pas encore tout à fait compte de l'impact que j'avais pu infliger au malfrat. Et de ce que j'allais hériter demain. Les effets de l'alcool anesthésiaient la douleur, ne ressentant alors que de légers picotements. Et ce n'était qu'une fois à l'intérieur du taxi que j'avais enfin lâché le poignet de Saoirse. Elle mettait en exergue mon envie naturelle de protéger les autres. Tout se développait à son approche, à son contact et dans ses regards. Je m'étais perdu à observer ses traits fins, pour, finalement, fixer ses lèvres, probablement un peu trop longtemps mais, heureusement, elle n'avait rien remarqué. « Ah ben à la morgue, ça risque de mettre de l'ambiance ! » Et nos rires résonnèrent dans le taxi lorsque je parlais d'éventuels talons hauts à mes pieds. Improbables plutôt. Elle finit par se tordre sur la banquette, alors que je replis mes bras sur mon torse, me tenant les côtes à force de rire.

Une fois Saoirse de retour, ce n'est que lorsque je m'empare de ses jambes pour les mettre sur mes genoux que je me rends compte qu'elle s'est changée. Probablement plus à son aise, elle n'avait cependant pas perdu de sa superbe. Je n'étais pas habitué à ce que quelqu'un fasse attention à mes blessures. Enfin, il y avait bien les médecins que j'avais pu consulter mais c'était leur obligation professionnelle. Alors que j'avais essayé de faire un trait d'humour, Saoirse révéla un autre trait de sa personnalité. Idéaliste, gentille mais avec une limite claire, faire du mal était proscrit. Peut-être qu'elle me voyait comme un bourreau, parce que, finalement, ce soir j'avais fait du mal. C'était de ma faute si elle s'était fait mal au pied et j'avais frappé deux hommes un peu plus tôt dans la soirée. Nos visages, toujours incroyablement proches, entraînèrent une certaine accélération de mon rythme cardiaque. A nouveau, mon regard se posa sur ses lèvres mais bien plus brièvement. « Et puis il a personne pour lui mettre de la glace lui. Merci beaucoup d'ailleurs.. » Cela signifiait quelque chose pour elle, alors que c'était tout à fait normal de mon point de vue. Je l'appréciais, je tenais à elle et je ne me serais jamais pardonné si quelque chose était arrivée. J'étais son mentor après tout, j'ignorais si cela faisait partie de mes attributions mais je décidais de l'intégrer de fait. Le bruit de la télévision habita la pièce alors que je me confondais en excuse pour avoir pris de telles aises. Saoirse finit par en rire, me rassurant par la même occasion. Je m'approchais du canapé, tendant à mon tour mon auriculaire pour saisir le sien. La promesse faite, un large sourire se dessina sur mes lèvres, légèrement niais. « Ca marche. T'aurais pu être diplomate avec tes idées de compromis. » J’échappais un léger rire avant de faire face aux fameuses lasagnes faites maison de Saoirse. Une fois le met dans ma bouche, je ne pus retenir un râle de satisfaction. Si je m’écoutais, je pourrais manger au moins deux plats de lasagnes tant elles étaient savoureuses. J’engloutis toute ma part avant de manquer de m’étouffer avec sa remarque. Je finis par avaler complètement avant de commencer à lui répondre, avant de me mettre à rougir comme un gamin à son compliment. « C’est petit Fairfax, ça facilite les choses comme ça et même pour toi. Avec ta symétrie parfaite, tu dois déjà avec des prétendants de tout l’État. » J’échappais un léger rire gêné, avant de reposer mon assiette sur la table basse et de me mettre plus à mon aise sur le canapé. « Je suis pas vraiment quelqu’un de bien, je suis juste quelqu’un, je fais mon boulot et.. voilà. Après, le meilleur qui aurait pu m’arriver, c’était de passer une excellente soirée et c’est ce qui s’est passé grâce à toi. » Je m’amusais à effleurer ma bosse naissante. Sentant son regard sur moi, je tournais la tête vers elle, plongeant mon regard dans le sien, m’attardant que trop devant la beauté et la profondeur de ses yeux. Son regard brise notre connexion pour préférer la bibliothèque. Un large sourire mutin se dessina sur mes lèvres. « Ah j’avais pas vu les coloriages mais j’ai vu tes livres de première année de médecine. Ca te rappelle des souvenirs, c’est ça ? » Je ne me moquais pas, j’étais simplement curieux d’en apprendre plus sur elle. Je ne voulais plus me cantonner à la simple lecture de son dossier, mais à la vraie personne que Saoirse était. Fascinante.


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Posté le Sam 10 Oct 2015 - 15:33

 Et merde, l'emmerdeuse est là !
Jon & Saoirse
 
Ma soirée était programmée à l’avance et avait un cheminement plutôt clair et précis dans ma tète. Elle était composée d’un petit verre en solitaire et un retour dans ma maison dépourvu de tout rebondissement. En passant dans le couloir où se trouve le bureau de Jon, je n’avais aucunement prévu de sortir avec lui. De passer la soirée en sa compagne à sourire et à rire mais surtout à nous ouvrir l’un à l’autre. L’homme froid et détaché de l’être humain n’y était plus. Il m’a fait entrevoir un homme chaleureux avec une répartie monstrueuse et une éloquence agréable à mes tympans. Malgré l’écorchure au niveau de mon pied et l’épisode orageux qui a valut une bosse naissante sur le front de mon mentor une crise de rire dans le taxi nous a frappé en plein fouet. Le chauffeur a dû ne rien comprendre à notre humeur passablement amusante malgré les représailles de notre maladresse mutuelle. Car oui, je n’aurai jamais dû murmurer ces mots en lui rendant son alliance. Il n’y a rien entre nous. Une illusion à laquelle je m’accroche pour ne pas me leurrer. Ne pas me bruler les ailes avec des histoires imaginaires d’une jeune femme appréciant un peu trop son supérieur. Maintenant que j’y pense, sa réaction avait été franchement étrange. Il aurait dû acquiescer et  me donner raison. Il aurait dû reprendre son du et continuer à nous amuser comme deux êtres en quête d’échappatoire mais non. Jon avait été froid avant de quitter le bar sans un regard en arrière. Cela veut forcément dire quelque chose. La question de savoir la vraie raison de sa contrariété ne cesse de tourner dans ma tète, me faisant fermer les yeux sur son regard prononcé sur mes lèvres. Cela ne peut pas arriver. Qu’on sympathise est une chose. Qu’on s’ouvre à l’un à l’autre tout en engendrant un début d‘idylle en est une autre. Nous sommes tellement différents pour nous aventurer sur un terrain aussi glissant.

Je balaye mes pensées d’un clignement de cils et me concentre à ne pas appuyer trop fort sur son front ulcéré. Je refuse intérieurement de le blesser davantage voulant être une source de gaieté et de bienséance pour lui. Oui, c’est étrange mais je voudrais que ses lèvres s’étirent dans un sourire attendri lorsque mon image s’immiscera dans sa tète. C’est purement égoïste mais humain. Etrangement, je voudrais être importante pour lui alors que, contre ma volonté, il l’est devenu pour moi. « Peut-être que si. Peut-être qu’il a une compagne pour lui mettre du glaçon sur la tète. » Je secoue la tète à son remerciement. Je suis incroyablement heureuse d’être ici, avec lui. Certes, j’aurai aimé évité nos blessures mais cela me permet d’être proche de lui. D’avoir mes jambes sur ses genoux et de ressentir à nouveau cette magnifique proximité porteuse de frissons alléchants et inexplicables. Pour mon bien être, Jon décide de prendre les choses en main et prend ses aises à réchauffer les lasagnes. Son stress dû à sa prise de position me fait sourire davantage alors que je nous fais la promesse de ne plus nous excuser. Lorsque son doigt s’accroche au mien, une nouvelle vague de secousses invisibles m’assassine le dos que je tente d’ignorer pour commencer à manger. Le hamburger ne m’a pas rassasié finalement. Malgré la faim et les lasagnes délicieuses, mes lèvres refusent de rester closes pour longtemps. Je romps le silence en évoquant un sujet que j’imagine sensible pour nous. Parler et mettre à nu mes idéologies m’était inédit, préférant et de loin, rester superficiel pour ne pas effrayer mes connaissances. Avec Jon, je pouvais m’ouvrir sans avoir cette peur viscérale d’être jugée. « Tu trouve que j’ai une symétrie parfaite ? » Sa gêne est palpable alors que mon amusement est à son comble. Il ne cesse de me complimenter, lui, l’homme qu’on cesse de critiquer en appelant Grizzly des temps modernes. Je secoue la tète sentant une petite once de fierté d’être considérée comme telle. « Tu me gâte trop. Regarde bien, j’suis pleine de défauts que ce soit physiques ou moraux. Et puis, j’ai l’impression que les hommes d’aujourd’hui cherchent à nourrir leur appétit charnel avant tout le reste. » Sa fatalité opère une nouvelle fois poussant ma langue à claquer dans son palais, témoignant toute ma contrariété. « Tu es tellement dur avec toi-même. Tu ne fais pas qu’un bon travail, tu as aussi sauvé une pauvre fille des griffes de quelques voleurs et tu as aussi abrégé la souffrance de l’audience avec ton chant parfait. Tu ne peux pas me contredire. » Mon regard déterminé lui fait comprendre que mon avis ne changera malgré toutes les tirades qu’il pourra débiter. Mon regard se fait moins sérieux et plus profond. Je le dévisage presque, appréciant chaque trait de sa physionomie qu’on peut aisément qualifier de parfaite.

Cette connexion visuelle m’effraie par l’accélération qu’elle occasionne dans mon organe de vie. Je préfère alors parler d’autre chose, de ma bibliothèque. Le sourire de Jon me rassure certes mais ne fait pas pour autant, calmer mon rythme cardiaque. « Oui de beaux souvenirs. J’aime la peinture et le dessin mais je ne suis pas aussi douée finalement. Je me suis contentée de gribouillages avant de m’intéresser à la musique. Les mélodies me correspondaient mieux. » Je hausse les épaules et remonte mes pieds sur le canapé, les fourrant sous mes fesses. Je place un coude sur la tète de mon emplacement confortable, appuyant ma joue contre la paume de ma main sans cesser de regarder les livres minutieusement rangés. « Comment tu as su pour mes livres de première année de médecine ? » Je tourne la tète vers lui non sans rire. « Je ne vois pas l’intérêt de les jeter. C’est un crime de jeter des livres. » Mes yeux restent scotchés sur son visage. Je remarque pour la première fois les fossettes qui apparaissent dès que ses lèvres s’étirent. Ou encore l’étroitesse de sa mâchoire aux muscles saillants. Il n’y a aucun doute, Jon est un bel homme de l’extérieur comme de l’intérieur et il ne semble même pas le savoir. « Tu veux passer la nuit ici ? » Me rendant compte de ma connerie, j’essaie de me rattraper. « Enfin il se fait tard, tu es blessé et sûrement fatigué. Mon canapé est plutôt confortable aussi. » Ma gêne est tangible me faisant baisser les yeux un instant.          




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